S.H.S.D.S.

Références des images

Conférence S.H.S.D.S. octobre 2017. Fabienne Texier : La Faïence de Parthenay.
Conférence S.H.S.D.S. octobre 2017. Fabienne Texier : La Faïence de Parthenay.
Conférence S.H.S.D.S. novembre 2017. Guy Brangier : Les Haineaux qui ont fait ENO au XXe siècle à Niort. De la cuisine au radiateur à gaz (et à la plancha)
Conférence S.H.S.D.S. novembre 2017. Guy Brangier : Les Haineaux qui ont fait ENO au XXe siècle à Niort. De la cuisine au radiateur à gaz (et à la plancha)
Conférence S.H.S.D.S. avril 2017 Claudine Allag : Niort, les abandons d’enfants de la Révolution à la Restauration. Ruban découvert dans les Archives des registres des enfants abandonnés : Ce ruban servira à me faire reconnaitre par mon père et ma mère. Bonne nourrisse ne le perdez pas je vous en auroit mille obligtions.
Conférence S.H.S.D.S. avril 2017 Claudine Allag : Niort, les abandons d’enfants de la Révolution à la Restauration. Ruban découvert dans les Archives des registres des enfants abandonnés : Ce ruban servira à me faire reconnaitre par mon père et ma mère. Bonne nourrisse ne le perdez pas je vous en auroit mille obligtions. (Cliché Claudine Allag et Laurent Forestier)
Les graffitis du donjon de Niort (XIIème, XVIIIème, XIXème siècle). (cliché Laurent Forestier)

Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres
la promotion de l'histoire et du patrimoine

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Les conférences de l'année 2018

Elles ont lieu le troisième mercredi de chaque mois de l'année scolaire à 17 ou 18 heures à la maison des association, au 12 rue Joseph Cugnot à Niort. Elles sont gratuites et ouvertes à tous.


Daniel Courant
Le Buste de Thomas-Hyppolite Main (1797-1860).

Petit-fils de Thomas-Jean Main, le rénovateur de la chamoiserie et de la ganterie niortaises, Thomas-Hippolyte Main, polytechnicien, vit de ses rentes le plus souvent à Paris et augmente sa fortune estimée à plus de 4 millions de francs à sa mort en 1860. Il publie en 1812 un petit ouvrage, L'échographie universelle qui ne rencontre aucun succès. Il se marie tardivement avec une Niortaise, Marie Euprasie Félicité Jousseaume, veuve de Jean-François Delaroy. Le couple reste sans descendance. Dans son testament il réserve 15% de son immense fortune à des œuvres d'intérêt collectif au bénéfice de la ville de Niort; il demande qu'une partie de ces fonds soit consacrée à la construction de deux ponts sur les deux bras de la Sèvre niortaise, dans l'axe de la rue de l'Espingole, destinés à faciliter les communications entre le centre ville et le quartier du port et à permettre le développement d'un nouveau quartier.

La pose de la première pierre de l'ouvrage le 18 août 1867 donne lieu à une grande cérémonie. Deux bustes en plâtre du donateur sont réalisés par Guetrot en 1867 et 1868 mais c'est Poisson qui sculpte le buste en bronze qui est installé sur le pont ouvert à la circulation en 1871.

Ce buste est déboulonné et fondu par les Allemands en 1942 et son socle reste inemployé. Sur l'insistance du conseil de quartier une réplique est réalisée en pierre calcaire à partir d'un plâtre conservé au musée Bernard d'Agesci. Aujourd'hui installé dans les locaux de l'hôtel de ville, son transfert et celui de son socle vers Port Boinot sont prévus lorsque les travaux d'aménagement seront achevés.


A 17 heures : Assemblée Générale, élections
A 18 heures : Présentation des services de l'Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Atiquités et Objets d'Art.

Rapport d'activité par le président: Les communications de l'année 2017 ont été faites de même que les deux sorties pérégrines. Le mémoire consacré à la saga des Chaigneau a été publié en fin d'année. Deux membres du bureau ont agi au sein du conseil de quartier du centre ville au sujet du buste de Thomas-Hippolyte Main et du classement d'une cave voûtée médiévale. Est aussi envisagée la réalisation d'une galerie de bustes de personnalités niortaises. Le rapport est adopté à l'unanimité. Rapport financier présenté par le trésorier présentant un bilan en équilibre adopté à l'unanimité. Élections du conseil d'administration: Les membres sortants sont réélus et deux candidats sont élus. Le président donne lecture d'une lettre de madame Viart présentant sa démission du conseil d'administration pour raisons personnelles. Questions diverses: En projet pour 2019, une manifestation consacrée à l'abbaye des Châteliers. a sortie pérégrine prévue le 16 juin est reportée à une date ultérieure.

Présentation de l'activité des Archives départementales par madame Aude Seillan, directrice. Après avoir rappelé les quatre missions de ses services (collecte, classement, conservation et communication des documents), madame la directrice fait le bilan des activités de l'année 2017 :

  • Collecte des archives publiques non communicables dans l'immédiat, d'archives notariales de quatre études, d'un fonds Richard jusqu'ici déposé aux archives de la Vienne, de diverses archives privées.
  • Classement de la série Q, de fonds d'architectes deux-sévriens et poursuite de l'enrichissement du fonds iconographique.
  • Conservation: numérisation de la série 3 Q et du cadastre rénové des communes du Bressuirais et registre d'écrou de la maison d'arrêt de Thouars.
  • Valorisation: exposition sur l'aviation en Deux-Sèvres qui circule actuellement dans le département.

Sont prévus en 2018 : une exposition consacrée à l'enseignement, la continuation des ateliers (généalogie, paléographie, conservation et restauration des documents) et l'achat d'un scanner pour continuer les numérisations. Elle répond ensuite aux diverses questions posées par l'assistance.


Michel Montoux
Les proscrits de 1852 en Deux-Sèvres.

Le coup d'état du 2 décembre 1851 suscite quelques oppositions que le nouveau pouvoir cherche à étouffer en procédant à des proscriptions.

Dans les Deux-Sèvres, la politique de l'Assemblée législative majoritairement conservatrice a déjà cherché à frapper les milieux républicains avancés qui n'offrent qu'une faible résistance au coup de force, que ce soit à Niort où se produisent les principaux incidents ou dans les principales localités. La répression n'en est pas moins sévère : 94 opposants, classés en cinq catégories en fonction du danger qu'ils peuvent présenter sont arrêtés et jugés par une commission mixte qui siège du 9 février au 18 mars 1852 : 85 sont condamnés dont 2 à la déportation à Cayenne et 13 en Algérie et 22 à l'expulsion hors de France, un léger adoucissement aux sanctions étant prononcé par un délégué du gouvernement. Pour un tiers les condamnés sont des ouvriers ou artisans et pour un quart des membres des professions libérales. La majorité sont des citadins (35 de Niort et Saint-Florent, 24 des autres villes) ; dans les petites localités on n'en compte qu'un ou deux sauf à Mauzé sur le Mignon où il y en a 11 dont Claude Durand. Quelques accusés comme Guay réussissent à échapper aux recherches ; certains condamnés sollicitent un adoucissement de leur peine ou obtiennent une grâce présidentielle qui devient générale en 1859.


Annie Dhainaut-Mintz
Niort sous l'occupation allemande 1939-1945. Témoignages d'une petite-fille de déportés juifs à Auschwitz.

Madame Dhinaut-Mintz évoque d'abord l'origine polonaise de ses grands-parents maternels : son grand-père, fuyant l'antisémitisme et la conscription, arrive à Paris en 1919 suivi l'année suivante de celle qui deviendra son épouse. Une fille, Sarah, naît de leur union en 1924. Le couple crée une chapellerie foraine qu'il déplace sur la côte en été ; c'est ainsi qu'en 1934, aux Sables d'Olonne il fait la connaissance de Deux-Sévriens, ce qui l'incite à venir s'installer à Niort en 1937. L'année suivante, Sarah et sa mère se rendent en Pologne pour renouer avec les membres de la famille restés là-bas.

L'occupation allemande s'accompagne d'une politique antisémite de plus en plus dure, la famille se fait enregistrer et se voit spoliée de ses biens le 18 mai 1941, ce qui oblige le mari à travailler dans une fabrique sans contact avec le public. Le 18 juillet 1842, il est arrêté, envoyé au camp de transit d'Angers avant de faire partie du convoi n°8 à destination d'Auschwitz. On ne saura rien de plus.

Son épouse informée par celui qui épousera plus tard sa fille, Jehan, qu'une rafle se prépare le 9 octobre de la même année, se laisse arrêter : elle est d'abord envoyée à Poitiers puis enfermée à Drancy avant d'être expédiée à Auschwitz par le convoi n°42. Sarah qui devient Denise et sa cousine Simone échappent aux recherches ; désormais Simone sera hébergée chez un couple de Granzay, les Roy, qui deviendront Justes parmi les Justes. Dénoncée, elle est arrêtée le 2 février 1944 par les gendarmes mais l'intervention de Jehan qui prétend qu'elle a la diphtérie lui permet d'être mise en quarantaine au pavillon Pasteur dont elle sortira après la libération de Niort en août 1944. Quant à Sarah-Denise qui ne s'est jamais fait enregistrer comme juive, elle est tantôt à Granzay et tantôt dans la région parisienne et n'est pas inquiétée.

Madame Dhinaut-Mintz termine son intervention en évoquant les réseaux de la Résistance dans les Deux-Sèvres auxquels son futur père qui travaille aux Ponts et Chaussées appartient puis répond aux questions de l'auditoire.

Source : La Nouvelle République, 2 juin 2017.

Annie Dhainaut-Mintz, ici entre sa sœur Martine, à Magné, et le cadet des quatre enfants, Jean-Yves.

A travers sa “ petite histoire ” en forme de biographie familiale niortaise, Annie Dhainaut-Mintz retrace la grande Histoire, entre Shoah et Résistance.

On porte en soi l'héritage de l'histoire familiale et les secrets enfouis dans le silence. C'est à la fois conscient et inconscient. Quand ce poids historique trimbale en lui tout le XXème siècle, des migrations juives d'Europe de l'Est aux horreurs de la Shoah en passant par la Résistance, le tout passé sous le silence de l'oubli de la génération venue pour laver les larmes et le sang, il peut se produire un déclic. Ce déclic, Annie Dhainaut-Mintz, née en 1948 à Niort, l'a eu le 4 janvier 2005. Elle a mis cinq ans à écrire « De Sarah à Denise », à sortir un récit des affres de l'oubli. Sous la forme d'une biographie familiale auto-éditée, son travail de mémoire est devenu un remarquable témoignage historique.

" Si nous ne le faisons pas d'autres parleront plus fort. "

Ce jour du 4 janvier 2005, elle sort « hébétée » – écrit-elle dans sa préface – de la commission d'indemnisation des victimes des législations antisémites sous Vichy. La fameuse mission Mattéoli née pour tenter de réparer la spoliation, dix ans après la reconnaissance officielle de Jacques Chirac, lors de la commémoration de la « Rafle du Vel d'Hiv ». Annie est de cette génération appelée à rompre le silence de la pudeur, de la honte, de la peur. « Quel acte dérisoire face à tant de vies brisées »,souffle-t-elle. C'est alors qu'elle se lance dans la rédaction de la biographie familiale qui paraît ces jours-ci et qu'elle présentera à Niort le 3 décembre.

Ici est conté notamment à travers le destin de ses grands-parents maternels Benjamin Mintz et Ewa Dluga, émigrés ashkénazes de Pologne installés à Paris, puis à Niort, et de son père Jean, résistant, la grande histoire du XXème siècle, de Varsovie à Niort occupée, de Vichy à Auschwitz. « Je voulais témoigner. Si nous ne le faisons pas, d'autres parleront plus fort que nous. Hitler était un tribun. Je l'ai aussi fait pour lutter contre toute forme de racisme », confie Annie Dhainaut-Mintz. Incroyablement riche d'une iconographie issue des archives familiales, le récit est clair. L'intelligence est d'avoir mis en perspective les événements familiaux avec les faits historiques. Il détricote le destin de cette famille, entre l'horreur de l'étoile jaune, les rafles, les trains de la mort aux wagons plombés et la vie en héritage qui se poursuit malgré le chaos, puis l'amour qui renaît de ses cendres. On y croise aussi Sarah, la maman d'Annie, de ses sœurs (Sylvie à Tours, Martine à Magné) et de son frère Jean-Yves, voisin de Vendée ; le destin d'André et Louise Séguéla, rue de Bessac à Niort. On pense à Zweigh ou Cyrulnik, cités en références, là où Annie Dhainaut-Mintz rend aussi hommage aux travaux des historiens locaux que sont Jean-Marie Pouplain et Dominique Tantin.

" J'étais submergée par l'émotion "

« Je ne l'ai pas écrit tout de suite, j'étais submergée par l'émotion. Je me suis fixé un but : cela prendra quelques années, mais j'arriverai au bout. Je ne suis pas historienne, mais j'aime l'histoire, cela m'a semblé une évidence de le bâtir ainsi, même si j'étais freinée par l'émotion », confie l'auteure, Niortaise jusqu'à 16 ans, puis Parisienne à 21 ans après être passée par l'école hôtelière.

Epouse d'un professeur de médecine, Annie Dhainaut-Mintz, trois enfants, huit petit-enfants, après vingt années dans la prestation de service pour l'organisation de congrès scientifiques et médicaux, est engagée aussi auprès d'une association œcuménique d'entraide pour les femmes réfugiées à Vincennes. Evidemment que son histoire résonne très fortement avec l'actualité des migrants. Comme des millions de Français, elle est issue de l'immigration. Voilà pourquoi son livre est d'intérêt public. Il faut le lire très attentivement et le diffuser absolument dans les écoles.


Philippe Ridouard
Les Nosereau, une famille en or.

La famille Nosereau est originaire d'Orches, une localité de la Vienne. En 1657, François Nosereau s'installe à Poitiers pour y être marchand chandelier. A sa mort en 1660, il laisse deux fils, dont l'un aura deux fils : Philippe qui sera prêtre et François qui deviendra notaire royal à Saint-Maixent et épousera successivement Madeleine Agier qui mourra jeune en 1713 et Catherine Arnauldet qui décèdera en 1764 après avoir donné le jour à 13 enfants dont deux seulement auront une descendance notamment Joseph Marie Jean qui convole avec Gabrielle Meslejeu. Ces unions permettent à la fortune des Nosereau de s'accroître. Désormais, à chaque génération, les Nosereau auront des enfants dont un seul aura une descendance ce qui entraînera une concentration de la fortune.

François Marie (1755-1830), médecin à Loudun après des études en Avignon et Montpellier épouse Elisabeth Fonderly Montswick le 28 août 1787, connaît la prison pendant la Révolution parce qu'après avoir adhéré aux idées nouvelles il est devenu contre-révolutionnaire. Libéré provisoirement après Thermidor pour soigner les soldats, il n'est rayé de la liste des émigrés qu'en 1798 alors qu'il n'a jamais quitté la France. Du mariage de François Marie naissent deux filles qui meurent très jeunes et trois fils :

Gabriel (1789-1864), polytechnicien, directeur des constructions navales qui développe la marine sous la Restauration et député de la Vienne de 1834 à 1848, célibataire.

Hercule (1800-1877), militaire qui quitte l'armée en 1826 et se fixe à Saint-Maixent où il épouse une demoiselle De Villiers qui décède à l'âge de 25 ans puis Eléonore Elina Frère dont il a une fille unique Elodie. longtemps maire de Saint-Maixent, il se consacre à l'embellissement de sa ville et fait édifier la chapelle Nosereau en 1870-1872 sous laquelle 25 corps seront regroupés.

Nestor (1804-1878), capitaine de la garde nationale en 1832, maire de Loudun de 1837 à 1870 et conseiller général de 1871 à 1874 ; fervent bonapartiste, il fait construire l'hôtel de ville et, célibataire, mène une existence fastueuse.

Elodie(1831-1914), la fille d'Hercule qui épouse Le Charpentier, docteur en droit et conseiller général des Deux-Sèvres, recueille tous les biens de ses deux oncles et dispose d'une fortune évaluée à 2 millions de francs-or en 1914 transmise à sa fille Gabrielle qui aura six enfants.


Visite pérégrine
Le château de Terre-Neuve et la Renaissance à Fontenay-le-Comte.

Philippe Michel-Courty
Marcel Chauvenet (1906-1988) et l'art de la médaille.

Philippe-Michel Courty a déjà évoqué Marcel Chauvenet lors d’une conférence donnée à la Société en 2016, en particulier son travail dans le domaine de la sculpture ; il consacre cette nouvelle communication à l’art de la médaille qui a marqué l’œuvre de l’artiste dans la période de l’après-guerre.

Après un rappel des éléments biographiques de ce Deux-sévrien d’adoption, aux attaches thouarsaises, ses débuts à Paris, les commandes monumentales réalisées un peu partout en France et ses fonctions de professeur à l’ENSBA en 1962-1980, notre conférencier en vient à son choix pour le travail de la médaille dans l’après-guerre.

Pour mieux apprécier le travail de Marcel Chauvenet il apporte des précisions quant à l’histoire de cette pratique de la médaille à partir de la Renaissance. La médaille a une vocation commémorative avant tout à ne pas confondre avec la numismatique qui se réfère à la monnaie par définition liée à une valeur d’échange. Il prolonge son propos par un exposé sur les techniques employées successivement dans l’atelier de l’artiste puis à la Monnaie de Paris.

Il présente ensuite l’œuvre de Marcel Chauvenet en soulignant divers styles suivant les sources d’inspiration qui lui permettent de distinguer certaines catégories de portraits, choix de la représentation stricte en buste ou plus évanescente en masque, scènes picturales ou symboliques (blasons par exemple). On remarque chez Marcel Chauvenet des jeux subtils de complémentarités entre les effigies sur l’avers et les illustrations sur le revers ainsi que des références iconographiques très variées ; aux sources chrétiennes s’ajoutent des sources plus sociales ou historiques voire des préoccupations autobiographiques. Outre les médailles consacrées à des personnalités l’artiste en a réalisé pour des institutions ou des collectivités (la ville de Thouars par exemple).

En conclusion Philippe-Michel Courty apporte des informations bibliographiques sur l’art de la médaille et échanges avec le public sur les œuvres de Marcel Chauvenet encore visibles aujourd’hui.


Luc Laporte
20 ans de fouilles du tumulus de Péré.

Luc Laporte directeur de Recherche (CNRS UMR de l’université Rennes I) avait accueilli une visite de notre société sur le site des fouilles de Péré en juin 2017. Il est venu nous exposer son travail de recherche qui s’est étalé sur plus de 20 années. Cela a débuté avec deux éminents archéologues Roger Jousseaume (CNRS) et Chris Scarre (Université de Cambridge) spécialistes comme lui du mégalithisme dans l’ouest européen à l’époque néolithique.

Ces fouilles se sont révélées très riches du fait de l’importance du monument qui a permis de déterminer une construction successive d’éléments de sépulture datant de 4000 ans avant notre ère. Pendant cette période de fouilles les modes d’investigation ont évolué, les questionnements aussi. Le tumulus de Péré a ainsi été replacé dans ce vaste mouvement de construction de ce type de monument dans tout l’ouest de l’Europe à l’époque des premiers agriculteurs et éleveurs.

Dans un premier temps Luc Laporte a décrit les fouilles elles-mêmes avec les enseignements qu’il a pu en retirer au fil des années, rectifiant parfois certaines conclusions d’origine grâce au progrès des méthodes scientifiques utilisées. Ainsi il a exposé que ces nécropoles qui se réalisées sur une période de plusieurs générations témoignaient d’un savoir-faire très élaboré dont on pouvait penser qu’il correspondait à un projet architectural déterminé.

Dans un second temps il a développé les éléments dont les spécialistes, à ce stade des recherches, étaient assez convaincus, sur les populations néolithiques, leurs modes de vie, leurs déplacements et certaines conjectures que l’on pouvait avoir sur leur représentation de la mort à travers ces pratiques sépulcrales.

Enfin il a conclu sa conférence en précisant que le chantier atteint bientôt son terme, entre 80 et 95 % du travail a été fait. Il reste à concevoir, pour l’avenir, une valorisation du site pour le public mais cela concerne avant tout les acteurs publics, collectivités et institutions locales.

Auteur : La Nouvelle République 30 août 2017

Luc Laporte, directeur de recherche au CNRS à fait visiter hier le site du tumulus de Péré à plusieurs amateurs d'archéologie.
Le site archéologique du tumulus de Péré situé sur la commune de Prissé-la-Charrière mesure plus de 110 mètres de long et 30 mètre de large. Il est l'un des plus grands d'Europe. Photo NR, Eric Pollet.
Le tumulus de Péré, un site datant de 6.000 ans

Chaque été, une équipe d’archéologues effectue des fouilles sur le monument mégalithique de Prissé-la-Charrière, l’un des plus grands d’Europe.

Le site archéologique du tumulus de Péré impressionne dès qu'on le découvre. Il mesure plus de 110 mètres de longueur pour 30 mètres de largeur. Il est l'un des plus grands sites historique en pierre sèche au monde.

" Au départ, ce n'était qu'une butte recouverte par la forêt "

Situé sur la commune de Prissé-la-Charrière, ce site unique est caché dans les bois du domaine de Péré, à seulement quelques mètres de la route. Étant sur un domaine privé, le site n'est pas accessible au public. Luc Laporte, directeur de recherche au CNRS à Rennes, qui fouille le tumulus depuis plus de vingt ans, organisait hier une visite guidée pour quelques amateurs d'archéologie néolithique.

Ce monument mégalithique est une ancienne nécropole édifiée par les premiers agriculteurs, il y a plus de 6.000 ans.

« C'étaient des techniques de construction complexes comme nous n'en voyons plus actuellement. Les pierres sèches étaient superposées entre elles afin de faire des dômes qui montent jusqu'à cinq mètres de haut. Malgré l'apparence rudimentaire, c'était un chantier parfaitement coordonné, avec un commanditaire, des ingénieurs, des maçons. »

Luc Laporte

C'est en 1995 qu'une équipe de chercheurs commence à fouiller le site. « Au départ, ce n'était qu'une butte recouverte par la forêt », explique Florian Cousseau, élève de Luc Laporte et docteur en archéologie qui a fait sa thèse sur ce site. « Il a fallu tout dégager petit à petit lors des chantiers internationaux d'archéologie organisés chaque été. »

Au fil des recherches, les archéologues ont découvert de nombreux outils de l'époque, construits à partir de bois ou d'omoplates de bœufs. « Les premiers hommes qui ont construit ce tumulus ne connaissaient pas encore le métal », nous apprend le jeune docteur en archéologie.

Huit squelettes découverts

En 2005, c'est une grande découverte qui est faite. Les chercheurs retrouvent des ossements de huit personnes ainsi que des vases. « Ce site nous apprend beaucoup sur l'organisation de la société de l'époque », explique le chercheur du CNRS . « Mais il en reste encore à découvrir et nous allons continuer les recherches pendant plusieurs années ». [...]


Pierre Lacore
« Jard-Panvilliers et les coups d’Etat du Directoire.

Après avoir fait allusion aux études précédamment consacrées à Jard-Panvilliers, monsieur Pierre Lacore expose son propos en trois points : une courte biographie du personnage suivie d'un rappel de l'histoire de la Convention thermidorienne et du Directoire puis de la relation des crises qui caractérisent la période.

Jard-Panvilliers issu d'une famille poitevine après des études à Montpellier, vient s'établir comme médecin à Niort quelques années avant la Révolution. Celle-ci lui permet d'entamer une longue carrière politique qui va s'étendre jusqu'à sa mort survenue en 1822 à Paris.

Après la chute de Robespierre, une entente entre anciens montagnards et membres de la Plaine cherche à rétablir un état de droit basé sur le suffrage censitaire réservant l'exercice de la vie publique aux notables. Pour s'assurer de conserver le pouvoir, ces Conventionnels se réservent les deux tiers de la députation, ce qui entraîne une contestation réprimée par Barras en vendémiaire an III. La constitution de l'an III partage le pouvoir entre deux Conseils et cinq Directeurs, système qui favorise la multiplication des crises politiques provoquées par les difficultés monétaires et économiques et par la guerre.

Successivement, le parti majoritaire élimine les Babouvistes, les royalistes (18 fructidor an V), puis les Jacobins (22 floréal an VI). Au début de l'an VIII les troubles se multiplient, les Conseils entrent en conflit avec les Directeurs qui sont épurés. Le régime est de plus en plus contesté et Siéyès veut s'appuyer sur l'armée pour le réformer: c'est Bonaparte revenu d'Egypte qui en profite le 18 brumaire.

Jard-Panilliers, travailleur discret et prudent, fidèle à ses convictions d'homme des Lumières, traverse cette période agitée comme il a traversé les précédentes et se rallie à Bonaparte, ralliement qui lui permet d'accéder à de hautes fonctions en particulier à la Cour des Comptes.


Jacques Tapin
Itinéraire de deux soldats de la Grande guerre : un cavalier présent sur le frond belgique-Lorraine et un infirmier sur le navire hôpital Lafayette.

Auteur : La Nouvelle République 2 juin 2017

Les pages du carnet, longtemps rangé dans une boite à chaussures. "Il n'exprime pas d'état d'âme et en même temps, tous les éléments sont là pour qu'on imagine."

Jacques Tapin a retrouvé le carnet de route de son grand-père, enrôlé au 7 e Hussard en 1914. Un vrai reportage, jour après jour, au cœur de la guerre.

Un jour, Michel Tapin a dit à son fils Jacques : « J'ai des documents qui t'intéresseraient. » Dans une boîte à chaussures qui a survécu aux déménagements, sont rangés deux photos, un dépliant touristique sur le Rhin, un livret militaire et dans un petit étui, un carnet. Le carnet de route du soldat Auguste Tapin, grand-père de Jacques, fermier mobilisé le 1 eraoût 1914 au 7 eHussard cantonné à la caserne Du-Guesclin.

Du 1er août 1914 au 31 juillet 1919, jour de sa démobilisation, Auguste Tapin a pris des notes presque au quotidien. Jacques Tapin, professeur d'histoire-géographie (il exerça 35 ans à Paul-Guérin), collectionneur de vieux atlas, s'est attaché à reconstituer son itinéraire, travaillant sur les cartes d'aujourd'hui, mais aussi celles de 1912-1914. Auguste Tapin a traversé seize champs de bataille, tous ceux que la mémoire associe à la Grande Guerre, l'Argonne, la Somme, Craonne, Verdun. Et Ypres où il a été légèrement gazé.

Coureur de boyaux

« Coureur de boyaux», Auguste Tapin transmettait les messages aux gradés. Le cultivateur note tout avec une précision lapidaire de reporter. Octobre 1914 : « L'on se réveille de bonne heure. Le lendemain, les morts tombent, c'est affreux : il y a mille Allemands. »

« Il ne donne jamais d'avis, remarque Jacques Tapin. Il est factuel, précis, il note les lieux, les jours, les heures. Il n'exprime pas d'état d'âme et en même temps, tous les éléments sont là pour qu'on imagine. Il ne se prononce pas mais on sent tout un univers, on a toutes les indications pour ressentir le climat qui règne. »

L'horreur du spectacle vue d'un arbre

Il avait 25 ans à son départ, 30 quand il revient, après avoir participé à l'occupation de la Ruhr. Il revient en permission se marier un samedi, il repart le mardi. Jamais une plainte. Il fait partie de ces générations qui endurent et se taisent. Un jour, tout de même, en Artois, il grimpe à un arbre pour contempler le spectacle de la guerre et son horreur.

Ce qui frappe : la précision de l'écriture et du vocabulaire, qu'on n'attendait pas forcément d'un fermier du début du XX esiècle. « Je me suis posé la question,avoue son petit-fils. J'y vois l'effet de l'école de la République. Il est né en 1889 : c'est un enfant de Jules Ferry.» A son retour, Auguste Tapin n'a plus jamais évoqué ses écrits, et de la guerre, il n'aimait pas parler.

" C'était un enfant de Jules Ferry "

Ce carnet, son petit-fils s'en sent aujourd'hui juste le dépositaire. Il se voit en simple passeur. « Ce travail, c'est ma manière non pas de glorifier la guerre, mais de prendre la véritable mesure de l'événement. » A Niort, le nom du 7e Hussard va être donné à l'allée qui, à la cime du Jardin des plantes, longe l'ex-caserne Du-Guesclin.


Eric Surget
L'histoire et la littérature à travers les acquisitions de la bibliothèque de Niort du 20ème au début du 21ème siècle.

Mais aussi des conférences extérieures à la S.H.S.D.S.

  • Le 12 janvier par Alain Fauveau à 15:00 au 126 bis rue de la Burgonce à NiortL'histoire des Carmélites à Niort
  • Auteur : La Nouvelle République 7 janvier 2018

    Alain Fauveau animera le 12 janvier une conférence sur l’histoire des carmélites à Niort.>

    C’est en 1859 que sœur Emmanuelle de Sainte-Sophie, jeune prieure du carmel de Poitiers, décide de construire un nouveau monastère sur les hauts de la ville de Niort, entre les rues de Strasbourg et de la Burgonce. C’est ici même, dans le parc de cette superbe bâtisse réhabilitée, que le Groupe Espace et Vie a créé en 2013 sa résidence service seniors.

    L’histoire mouvementée de cette communauté religieuse niortaise remonte au XVIIème siècle. Alain Fauveau, auteur de l’Histoire du carmel de Niort depuis 1648 (Société historique et scientifique des Deux-Sèvres) a eu le privilège d’accéder aux archives de la congrégation [...]. C’est donc le spécialiste du carmel qui animera la conférence consacrée à l’histoire du carmel de Niort, proposée vendredi 12 janvier à 15 heures. Elle sera suivie par une visite virtuelle du monastère tel qu’il était avant d’être livré aux promoteurs, à partir de photos de la communauté des carmélites et de la Direction régionale des affaires culturelles.

    Auteur : La Nouvelle République 11 janvier 2018

    Alain Fauveau est l'historien du Carmel de Niort auquel il a consacré un ouvrage.
    Une photo, rare, du monastère de la rue de Strasbourg, tel qu'il était dans les années 50.

    Déjà auteur d’un livre sur le sujet, Alain Fauveau animera vendredi une conférence sur l’histoire du Carmel de Niort. Pas vraiment un long fleuve tranquille.

    Parce qu’elle est implantée dans l’ancien parc du monastère, entre les rues de Strasbourg et de la Burgonce, la résidence seniors « Espace & Vie » a eu l’idée d’organiser une conférence sur l’histoire du Carmel de Niort, un parcours qui ne fut pas vraiment un long fleuve tranquille. Auteur d’un livre sur le sujet édité en 2006 par la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, le Niortais Alain Fauveau a été chargé d’animer l’événement. Rencontre.

    Il y a un véritable engouement autour de votre conférence de vendredi sur le Carmel de Niort. A tel point qu’il est déjà envisagé d’en organiser une seconde. Comment l’expliquez-vous ? Alain Fauveau : « Tout ce qui touche aux monastères est toujours une source d’interrogations pour la population. Ici, en plus, il s’agit d’une communauté qui est à Niort depuis 370 ans. Elle a connu et accompagné toutes les difficultés et les problèmes de cette ville. Et c’est l’une des dernières communautés sur le Niortais : il n’en reste que deux alors qu’il y en a eu jusqu’à huit. »

    Les carmélites s’installent en Belgique entre 1901 et 1919 Pourquoi les carmélites se sont-elles venues d’installer à Niort en 1647 ? « On le doit à une femme, Catherine Gobin. Originaire de Fontenay-le-Comte, elle vivait à Paris. Ayant une fille carmélite, elle a un jour décidé de faire un don à cette communauté à la condition qu’elle s’installe, je cite, “ à Niort et pas ailleurs ”. Une petite équipe de sœurs a donc quitté Paris pour Niort, elles ont mis onze jours pour arriver à destination. »

    Depuis, l’histoire des carmélites de Niort a été assez mouvementée ? « En arrivant, elles se sont d’abord installées à l’hôtel Barbezière, dans la rue du même nom. En 1674, elles ont fait construire un monastère place de la Comédie (les bâtiments existent toujours, ndlr). Dissoute à la Révolution, la communauté a été refondée en 1858. C’est à ce moment-là qu’elles ont créé leur monastère rue de Strasbourg. Mais en 1901, elles ont du quitter la France pour la Belgique car elles refusaient de reconnaître l’autorité de l’État dans le cadre du Concordat. Elles se sont réinstallées dans le monastère dès leur retour à Niort en 1919. »

    Pourquoi, en 2009, les carmélites ont-elles quitté Niort pour Bessines ? « D’une vingtaine au départ, elles n’étaient alors plus qu’une dizaine. Le monastère de la rue de Strasbourg était devenu trop grand, trop difficile et surtout trop onéreux à entretenir. Elles ont décidé de s’en séparer en 2006, ça a été vendu en 2009 en deux lots : les bâtiments ont été transformés en appartements et l’actuelle résidence pour séniors a été construite dans le parc de deux hectares. Cette vente leur a permis de construire l’actuel monastère à Bessines. »

    Qu’est-ce qui vous a poussé à consacrer un livre à cette histoire ? « Je n’avais pas l’intention d’écrire un livre ! En fait, j’ai habité dans le bâtiment du premier monastère, place de la Comédie. Je me suis donc intéressé à l’histoire de ce lieu. J’ai ensuite eu accès aux archives des carmélites, j’ai mis deux ans à y mettre de l’ordre, les religieuses conservent tout ! J’ai d’abord écrit un court récit, juste pour elles. C’est ce premier texte qui a servi de base à l’ouvrage. »

    C’est un livre rare ? « Effectivement car il y a très peu d’ouvrages en France consacrés aux communautés religieuses. Et c’est le seul qui a été consacré aux carmélites de Niort. »

    Quel sera votre prochain chantier ? « En tant qu’ancien militaire *, je m’intéresse à la Guerre 14-18. Je prépare un livre sur Augustin Trébuchon, le dernier soldat mort pour la France le 11 novembre 1918… »

    * Alain Fauveau est un ancien général de l’Armée de terre en retraite

  • en janvier par Chantal Pelissier-Téno Le théâtre Populaire Poitevin : une expérience culturelle et sociale unique à la Mothe-Sainte-Héray.

    Né le 15 juillet 1862 en Deux-Sèvres, Pierre Corneille Saint-Marc va étudier la médecine à Paris. Diplômé en 1887, il épouse trois ans plus tard Isabelle Prouhet, fille d'un médecin de La Mothe- Saint-Héray. Celle-ci lui apporte une dot confortable qui lui permet de mener une carrière littéraire. Le couple s'installe à Paris et Pierre Corneille commence par publier un roman dont l'insuccès le pousse à s'associer avec Chamuel pour éditer ses œuvres et compose quatre pièces mais il perd beaucoup d'argent à cause de son associé.

    Inquiète de voir son mari dilapider sa dot, Isabelle achète un moulin près de La Mothe-Saint-Héray où le couple réside de plus en plus souvent. Profitant de la position sociale de son beau-père et de ses relations avec la famille Giraudias, Pierre Corneille crée en 1897 le Théâtre populaire poitevin qui dispose d'un théâtre de verdure aménagé devant une grotte du parc Parabère. Dans le cadre des fêtes de la Rosière, il fait interpréter par des acteurs locaux d'abord des pièces d'auteurs poitevins puis ses propres œuvres. La première, en vers, Erinna, prêtresse d'Hésus, jouée en 1898, est suivie de plusieurs autres comme Par la clémence, Richelieu, Bleus et Blancs. En 1905, victime d'une dépression, il navigue pendant six mois sur un bateau assurant la liaison entre Marseille et l'Algérie puis s'installe définitivement à La Mothe où il reprend sans enthousiasme la clientèle de son beau-père.

    Son attitude ambiguë pendant l'Occupation lui vaut d'être emprisonné à la Libération, à Salles puis à Saint-Maixent mais les rigueurs de l'hiver lui sont fatales et il meurt une semaine après son retour chez lui le 30 janvier 1945.

    Si sa production littéraire est datée et d'une qualité modeste, il faut reconnaître à Pierre Corneille le mérite d'avoir su, dans l'un des cinq théâtres de verdure du pays, mêler des personnes de milieux différents, développer la culture populaire et faire rayonner le nom de La Mothe-Saint-Héray.

  • en févrierPrésentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.

    Le président ouvre la séance à 17h15 par la lecture du compte-rendu de l'assemblée générale de février 2016 qui est adopté à l'unanimité des membres présents, puis présente le rapport d'activité de l'année écoulée: les communications prévues ont été faites à l'exception d'une seule pour cause d'indisponibilité de la conférencière, les séances ont été suivies par un public de 30 à 50 personnes et les deux sorties pérégrines ont connu une bonne participation. Il évoque ensuite le progrmme de l'année 2017 et rappelle qu'un seul bulletin est désormais publié chaque année en raison de l'absence de toute subvention. Son rapport est adopté à l'unanimité tout comme le rapport financier que détaille le trésorier, rapport qui fait ressortir une saine gestion des finances de la société.

    Le président fait état aussi des interventions menées au sein du conseil de quartier du Centre ville pour la sauvegarde du patrimoine et évoque l'éventuelle publication d'un ouvrage de Philippe Ridouard en partenariat avec la ville de Saint-Maixent-l'École. Enfin mesdames Saint-Martin, Texier et Viart sont réélues au conseil d'administration où entre aussi monsieur Ridouard.

    À 18 heures, le président cède la parole à madame Géry, conservatrice départementale des antiquités et objets d'art qui expose d'abord les incertitudes qui pèsent sur son service à la suite de la création de la région Nouvelle Aquitaine, puis rappelle la situation à la fin de l'année 2015: 925 objets protégés dans le département, soit 449 classés, surtout d'orfèvrerie, de sculpture et de funéraire, et 476 inscrits, 70 objets ayant été récolés au cours de l'année, 17 communes visitées et 38 édifices inventoriés. Elle fait ensuite le bilan des activités qui se sont ordonnées autour de quatre thématiques en 2016 en l'illustrant par quelques photos des objets les plus importants. Elle évoque enfin quelques cas de vandalisme, la question du carré militaire dans le cimetière de Niort et celui des vases Cugnot avant de montrer un portrait de la grande Mademoiselle et de parler de la présentation en novembre d'une sélection de bannières. Après quelques échanges avec le public, la séance est close à 19 heures.

  • en mars par Frédéric Dumerchat Germain Rallon (1896-1945), un enseignant et un écrivain deux-sévrien engagé.

    Les deux conférenciers s'attachent d'abord à rappeler comment Germain Rallon a été tiré de l'oubli: spectacle à partir d'un de ses romans en 1988, puis réédition de ses oeuvres à partir de 2010 par l'association des Amis de Germain Rallon.

    Ils présentent ensuite les trois facettes du personnage: l'instituteur, le politique et l'écrivain; Né dans une famille modeste du hameau de la Coudraie d'Aubigny, Germain Rallon est remarqué par l'instituteur Ganne qui le pousse à poursuivre ses études jusqu'au brevet élémentaire. Mobilisé à Angers en 1915, promu caporal, il est envoyé au front l'année suivante, d'abord en Lorraine puis à Verdun où il est fait prisonnier et envoyé à Ingoldstadt. rentré en France en décembre 1918, il devient suppléant dans diverses écoles primaires de Gâtine, épouse une collègue et est nommé avec elle à l'école primaire de Thénezay où il effectue toute sa carrière. Bon instituteur, sévère mais apprécié, il connaît d'abord quelques difficultés avec une partie de la population et est révoqué en 1941 par le gouvernement de Vichy, ne retrouvant son poste qu'à la Libération. Il meurt un an plus tard à Thénezay.

    Si l'on ignore ses idées pendant la Grande Guerre, celles-ci deviennent connues au cours des années suivantes: franc-maçon, membre de la Ligue des Droits de l'homme, il adhère à la SFIO et écrit dans l'organe socialiste Le Travail avant de confier des articles au journal communiste Le Semeur en 1938, ce qui peut laisser entendre une évolution de ses idées. Au cours de l'Occupation, il entre dans la Résistance sans qu'on sache exactement jusqu'où.

    Écrivain, Germain Rallon est l'auteur de trois romans: le premier, auto-édité avant la guerre, Le Pote dont l'action se déroule pendant la Grande Guerre et contient quelques éléments biographiques est une description de la vie des combattants et le récit d'une amitié. Le deuxième, d'abord intitulé Deux larmes puis L'Ouche aux brebis paraît chez Gallimard en 1941 avec une préface de Charles Braibant et manque de peu le prix Renaudot; c'est un tableau de la vie rurale en Gâtine à la fin du dix-neuvième siècle qui révèle l'empathie jamais démentie de l'auteur pour les petites gens. Le dernier, écrit pendant l'Occupation et encore inédit à la mort de l'auteur, intitulé La Vache et le Veau, décrit l'évolution de la vie paysanne pendant l'Entre-Deux-Guerres jusqu'à l'arrivée des troupes nazies dans le village. Germain Rallon est aussi l'auteur de plusieurs nouvelles dont on connaît le titre et quelques extraits grâce à Georges Picard mais qui n'ont pas été retrouvées.

    Les conférenciers terminent leur évocation d'un personnage longtemps oublié en évoquant quelques traits de son caractère assez entier et de ses passions et en précisant que son couple eut un seul enfant, sa fille Germaine qui, devenue enseignante, quitta les Deux-Sèvres pour la région parisienne ce qui peut en partie expliquer pourquoi le souvenir de l'écrivain s'était estompé.

    Auteur : La Nouvelle République

    Germain Rallon (1896-1945), un enseignant et un écrivain deux-sévrien engagé.

    Instituteur et écrivain gâtinais, Germain Rallon n'est connu que dans le milieu fermé des historiens et archivistes locaux. Le grand public, lui, ignore généralement qui était vraiment cet instituteur dont l'école de Thénezay porte le nom.

    Né le 24 janvier 1896 à Aubigny dans une famille de commerçants en tissus au lieu-dit « La Coudrelle », il a participé aux combats de la Première Guerre mondiale, dans l'infanterie, fait prisonnier le 24 juin 1916 à Verdun et interné dans un camp bavarois. Affecté en classe fraction de réserve, il a été nommé par affectation spéciale au titre du ministère de l'Instruction publique en 1936.

    Auteur de trois romans et de quatre inédits.

    Il est lors devenu instituteur et directeur de l'école de Thénezay. Mais dans les sombres années de l'Occupation, son appartenance à la franc-maçonnerie (et en particulier à la loge parthenaisienne « les Amis de la République ») lu a valu d'être révoqué par le gouvernement de Vichy. Ce n'est qu'à la fin de la guerre qu'il sera réhabilité, juste avant de décéder peu avant ses cinquante ans, en juin 1945. On ne sait pas avec certitude s'il fut ou non actif dans la Résistance mais, à cette époque, le « vénérable maître » de sa loge maçonnique était aussi le chef de la résistance locale. Et le pauvre instituteur révoqué n'a pas échappé aux délateurs qui s'en donnaient à cœur joie à l'époque, parce qu'il continuait d'occuper le logement de fonction de l'école. Germain Rallon est reconnu comme l'un des meilleurs écrivains du terroir de Gâtine. En 1938, il publiait « le Pote » (réédité en 2014), une histoire d'amitié entre deux hommes, Rallie (lui-même) et Bouboule, un gros rouquin à la démarche pénible, le tout sur fond de grande guerre dans l'horreur des tranchées.

    La vache et le veau de Germain Rallon

    Enfin, « La Vache et le Veau », son troisième livre, n'était pas encore sorti lorsqu'il est décédé. Mais grâce à l'historien local Jean-Claude Giraud, un exemplaire a été retrouvé et sera édité… le mois prochain par les éditions Marivole, la préface étant signée de deux enseignants parthenaisiens, Olivier Epié et Frédéric Dumerchat. L'histoire de ce roman se déroule sur la commune de Lhoumois. Plusieurs inédits de Germain Rallon ont aussi été compilés par Georges Picard.

    Une association vient de naître en sa mémoire

    Une association, les Amis de Germain Rallon, vient d'être créée, présidée par son petit-neveu, Marc Rallon. Et demain samedi, une conférence lui est consacrée au musée de Parthenay, animée par plusieurs érudits locaux. C'est un homme de valeur(s), libre, debout, trop méconnu et trop tôt disparu, proche de son terroir et des petites gens, à la plume exceptionnelle, qui est en train de revenir dans les mémoires et les bibliothèques grâce à une poignée de passionnés.

  • en avril par Claudine Allag Niort, les abandons d’enfants de la Révolution à la Restauration.

    À la fin de l'Ancien régime il n'existe pas de structure d'accueil pour les enfants abandonnés: le lieutenant de police informé d'un abandon confie l'enfant à une des nourrices enregistrées qui le fait baptiser. Mal ou pas payées, les nourrices manifestent en 1781 sans que l'on sache ce qu'elles obtiennent. Depuis 1731 on dépose les enfants à l'hôpital créé en 1685 et l'on sait qu'existe en 1789 une ˝boëte˝, un tour, à l'entrée principale; ce qui n'empêche pas que des nourrissons soient abandonnés dans d'autres lieux.

    À partir de 1790 on tient un registre des entrées et la mise en œuvre de l'État-civil deux ans plus tard permet de répertorier tous les enfants recueillis. Une description précise des vêtements portés par l'enfant est notée et si aucun billet portant le nom n'est trouvé "sur son estomac", l'officier d'état-civil lui en donne un, utilisant pour ce faire les fêtes liturgiques, les conditions climatiques, le contexte politique, les personnages historiques, les lieux où l'enfant a été trouvé, le signe de reconnaissance qu'il peut porter (ruban, collier...) qui permettra éventuellement à la mère de le récupérer.

    Mis à part quelques rares cas, ces enfants abandonnés sont ceux de femmes appartenant à un milieu social pauvre, servantes, lingères, ouvrières, etc... Beaucoup décèdent rapidement, un sur deux avant l'âge de 1 an. Ceux qui survivent sont parfois repris par les parents mais plus souvent restent à l'hospice ou sont confiés à des nourrices à la campagne rétribuées par le département à partir de 1801 et, s'ils atteignent l'âge de 12 ans, sont placés comme domestiques et servantes dans des fermes en particulier.

    Madame Aude Seillan, directrice des Archives départementales dresse un rapide bilan des actions menées par ses services au cours de l'année passée. Les activités reposent sur trois principes: conserver et, éventuellement, retraiter les documents, faciliter l'accès du public et assurer la numérisation de ceux qui sont les plus consultés. En 2016 ont été numérisées trois sortes de documents: Le Mémorial des Deux-Sèvres en partie, un fonds important de cartes postales et les tables de contrôle des notaires et de l'enregistrement. Ce travail est poursuivi en 2017 avec la numérisation de l'état des fonds des notaires qui sera consultable en salle de lecture. Enfin madame la directrice invite le public à consulter le site internet des Archives régulièrement mis à jour

  • en mai par Caroline Chauveau Le donjon de Niort à la lumière des nouvelles découvertes archéologiques.
  • Visite pérégrine à Péré et à Usseau Visite pérégrine à Péré et à Usseau

    Près d’une vingtaine de sociétaires ont participé à cette journée qui a commencé par la visite des fouilles du tumulus de Péré à Prissé la Charrière. Sur place, l’accueil du professeur Luc Laporte (Université de Rennes I et CNRS), responsable du chantier de fouilles a été particulièrement cordial et enrichissant, il a longuement expliqué la nature du site et les caractéristiques du monument. Celui-ci d’une longueur de 115 m, de 30 m de largeur et de 4 m de hauteur est fouillé depuis une vingtaine d’années. Il s’agit d’un site funéraire qui a été construit en plusieurs étapes (quelques générations) vers 4000 avant notre ère. Le matériel recueilli dans les différentes chambres funéraires est attribué au néolithique moyen.

    Le professeur Luc Laporte ayant suivi les fouilles depuis l’origine a pu témoigner de l’évolution profonde des connaissances intervenues pendant cette période en même temps que l’apport de nouvelles méthodes scientifiques d’investigation, anthropologie ou analyses scientifiques les plus innovantes.

    Les sociétaires se sont ensuite dirigés vers l’église du Cormenier. L’église Saint-Eutrope construite au XIIe siècle se rattache par son style aux églises romanes de Saintonge. Elle présente une harmonie remarquable avec sa nef unique et une abside étroite et haute, voûtée en cul de four. Les visiteurs se sont également attardés à l’examen du chevet tout à fait remarquable.

    La matinée s’est terminée par un déjeuner à l’Auberge des voyageurs à Beauvoir sur Niort.

    L’après-midi a été consacré à la découverte de la commune d’Usseau. Le groupe a été accueilli par le Maire, monsieur Sébastien Dugleux et par monsieur Christian Simon, auteur d’une histoire d’Usseau, qui a été le guide tout au long de cette visite.

    La présentation de la commune et de son histoire s’est déroulée dans le petit musée installé dans le centre culturel où sont exposés quelques témoignages des très importantes découvertes archéologiques effectuées dans le bourg.

    Deux périodes sont abondamment représentées : d’abord la période gallo-romaine, Usseau était une agglomération d’une certaine importance (commerciale et militaire) sur la voie romaine d’Angers à Saintes. Ensuite la période médiévale où la présence d’une importante nécropole a révélé un nombre considérable de sarcophages. A noter une absence totale de trace d’occupation entre le règne de l’Empereur Hadrien et la période mérovingienne.

    La découverte la plus célèbre est intervenue en 1907, une petite stèle évoquant la fécondité datée du 1e siècle. L’original est au musée de Niort mais un moulage est présenté aux visiteurs.

    La commune a rendu hommage à l’archéologue Pierre-Henri Mitard 1920-2004 qui a été le maitre d’œuvre des fouilles les plus importantes en ce qui concerne la nécropole en donnant son nom à son centre culturel qui a été aménagé dans le cadre des grands travaux du Marais.

    A l’étage du musée une salle est consacrée à Éléonore Desmier d’Olbreuse née au château d’Olbreuse, en cette commune en 1639, émigrée en Allemagne, devenue duchesse de Lunebourg-Celle, ancêtre des rois d’Angleterre de la dynastie des Hanovre et surnommée la Grand-mère de l’Europe à cause de sa descendance ; par le jeu des alliances le sang d’Éléonore se retrouve dans 17 dynasties européennes.

    Les participants se sont ensuite dirigés sous la conduite de monsieur Simon jusqu’à l’église Saint Pierre. Celle-ci est une petite église romane dont subsistent quelques chapiteaux stylisés, elle a connu beaucoup de remaniements et comporte une partie gothique.

    Avant d’arriver au château d’Olbreuse le groupe a fait une halte au « Moulin joyeux » ancien moulin à vent. Outre l’histoire particulière du site et les anecdotes qui y sont liées cela a été l’occasion d’évoquer le rôle économique important joué dans le passé par les nombreux moulins de la commune.

    Au château d’Olbreuse le groupe a pu accéder à la cour du château et au parc. Christian Simon a rappelé l’ancienneté de ce site même si les structures du château tel qu’on le voit datent de la Renaissance et de l’époque classique. Il a évoqué la famille Desmier d’Olbreuse son implantation ancienne sur le site. Du point de vue religieux cette famille était protestante depuis le XVIe siècle mais se trouvait isolé au sein de la paroisse d’Usseau où la majorité de la population était restée catholique au contraire de Mauzé sur le Mignon, localité fortement marquée par la Réforme.

    Avant de quitter le château, Christian Simon a évoqué son histoire plus récente notamment les visites fréquentes du Président de la République François Mitterrand.

    Jean Migault 1644-1706, instituteur de Mauzé animateur de la résistance contre les dragonnades trouvait souvent refuge au château d’Olbreuse mais lorsque le péril était particulièrement dangereux, il se réfugiant dans un souterrain refuge au cœur des bois environnants. Les membres du groupe ont pu découvrir l’emplacement de ce souterrain encore visible dans la forêt.

    Le passage au château de Beaulieu quelque peu ruiné, transformé en exploitation agricole a permis l’évocation du fameux bal de 1583 ordonné par le Roi Henri de Navarre afin de rapprocher Agrippa d’Aubigné de sa future épouse Suzanne de Lezay.

    La visite s’est poursuivie sur les bords du Mignon avec l’évocation du rôle de cette rivière dans la vie quotidienne de la commune.

    La journée pérégrine s’est terminée dans la commune voisine, La Rochénard, où madame le maire, Sylvie Deboeuf, a commenté la visite de l’observatoire aménagé dans l’ancien Château d’eau à l’occasion des grands travaux menés du Marais il y a quelques années.

  • en juin par Benoît SaucéEtienne Garnier : un procureur d’élection face aux changements (1789-1813).

    Né en 1752, Maixent-Étienne Garnier appartient à la petite bourgeoisie d'office saint-maixentaise; par son mariage en 1784, il s'allie à la riche famille niortaise des Monnet de Lorbeau alors que son père a résigné son office de procureur d'élection en sa faveur.

    Quand la Révolution commence, il adhère aux changements, participe à la rédaction du cahier de doléances des officiers de l'élection, défend le choix de Saint-Maixent comme siège de l'administration départementale à l'élection de laquelle il participe à Niort, se fait élire officier municipal de sa ville et juge au tribunal de district puis, en 1795, au tribunal civil des Deux-Sèvres. En 1791-1792, il séjourne 17 mois à Paris pour obtenir le remboursement des offices des saint-maixentais concernés. Sa vie menacée une fois dans la capitale l'est à nouveau deux fois en Deux-Sèvres en particulier lors de l'expédition de Westerman en Vendée.

    Garnier dispose de multiples réseaux: familial, amical, politique. Il adopte une attitude modérée face aux événements révolutionnaires, passe d'une pratique religieuse à une certaine indifférence mais témoigne d'une réelle sympathie à l'égard des plus modestes. Esprit curieux, en homme des Lumières, il s'intéresse à de nombreux domaines, se montre partisan d'un enseignement public et fait donner une éducation libérale à ses deux fils et ses deux filles.

    Petit propriétaire terrien avant la Révolution, il gère avec soin son patrimoine qu'il agrandit en bénéficiant de la dot de son épouse et en procédant à des échanges et à des achats, notamment de biens nationaux, mais ne peut éviter de s'endetter et laisse à sa mort en 1813 un patrimoine évalué à environ 80 000 francs ou un peu plus dont font partie sa maison saint-maixentaise et sa propriété de Maulay où il réside le plus souvent. S'il a réussi sur le plan professionnel et social après 1789, il n'a pas su le faire sur le plan économique.

    Auteur : La Geste. Les livres de notre région

    Destin d’une famille deux-sévrienne de l’Ancien Régime à l’Empire

    Descendant de magistrats réputés, Maixent Étienne Garnier (1752-1813), grâce à l’héritage de ce réseau professionnel influent et à son mariage avec Jeanne Élisabeth Monnet de Lorbeau, connaît une ascension sociale des plus prometteuses. Une ascension pourtant mise à l’épreuve par les changements politiques, économiques et sociaux de l’époque. Dans cet ouvrage, Benoît Sancé nous transmet le regard d’un notable des Deux-Sèvres à l’heure de la Révolution et du Premier Empire.

    Certaines familles ont su transmettre à travers les générations des objets, des portraits, leur correspondance et leurs Mémoires. La famille Garnier conserve un important fonds privé inédit, concernant notamment Maixent Étienne Garnier (1752-1813). Ce personnage et toute sa famille peuvent alors sortir de l’ombre de l’Histoire.

    Saint-Maixent, Melle, Parthenay, Niort, Paris sont les villes qui forment l’environnement de Maixent Etienne Garnier.

    Dès 1640, à Melle et à Saint-Maixent, Deux-Sèvres, ses ancêtres occupaient les premières places de la magistrature. Lui, a été avant 1789, conseiller procureur du roi depuis président, maire de la ville. Mais qui est réellement cet homme et que nous apprend cet humble officier fiscal poitevin sur son époque et sa région ? En quoi la Révolution et le Premier Empire bouleversent-ils un avenir qui semblait tout tracé à la veille de 1789 ?

  • en septembre par Fabienne TexierLa Faïence de Parthenay.

    Né dans une famille modeste de Parthenay, Prosper Jouneau s'intéresse très jeune au modelage et à la sculpture. Le soutien familial et une bourse lui permettent d'étudier d'abord à Poitiers puis à l'école des Beaux-Arts de Paris. Auteur de plusieurs sculptures de grande qualité, il se tourne ensuite vers les arts du feu et devient un céramiste talentueux.

    Rentré à Parthenay, il fait construire avec l'aide d'Amirault avec qui il s'associe un atelier à proximité de la gare où il pense pouvoir exploiter un filon d'argile blanche. Les débuts de l'entreprise sont prometteurs et Jouneau qui s'inspire beaucoup des œuvres de la Renaissance dont il reproduit les principaux motifs travaille beaucoup. Pour la réalisation de petits tableaux en porcelaine émaillée, il cherche plutôt l'inspiration dans les œuvres du peintre Prud'hon.

    Incité par le ministre des Arts originaire des Deux-Sèvres Antonin Proust à participer à l'Exposition universelle de Paris en 1889, il se lance dans la réalisation de son chef d'œuvre, un plafond en caissons de faïence. Le coût élevé de cette œuvre qui lui a demandé de nombreuses semaines de travail et de recherches, œuvre que l'État n'achète pas, entraîne une mésentente entre les deux associés et Jouneau finit par quitter la Gâtine pour aller s'installer à Montpellier.

    Cette communication est abondamment illustrée par la projection d'oeuvres de la Renaissance et d'œuvres du céramiste dont madame Texier se plaît à montrer et commenter les évidentes correspondances.

    Auteur : Conseil des musées

    La faïencerie d’art de ParthenayVoir l’exposition virtuelle réalisée par alienor.org, le conseil des musées

    La faïencerie d’art de Parthenay a produit des œuvres sur une courte période allant de 1882 à 1914. Elle fut importante pour notre ville, de par sa qualité exceptionnelle, et parce que ses trois principaux auteurs, Jouneau, Amirault et Knoëpflin, ont su créer une passerelle entre la grande tradition faïencière du XVIe siècle – avec les mythiques faïences de Saint-Porchaire – et la production moderne de l’Art nouveau.

    Le musée va mettre à l’honneur ce patrimoine remarquable pendant les trois années à venir : en 2016, nous débutons avec le sculpteur et faïencier Prosper Jouneau (1852-1921).

  • en octobre par Jean-Pierre AndraultChemin de Sèvre, territoires et paysages.

    Auteur : La Nouvelle République

    Jean-Pierre Andrault : Chemin de Sèvre, territoires et paysages.

    La Sèvre niortaise, ses courbes et contre-courbes, d'amont en aval. Une personnalité singulière, le « fleuve », à la différence de son homonyme qui se jette dans la Loire. Discrète et tranquille, la Sèvre ne serait-elle pas passée inaperçue sans le concours du Marais poitevin ? Malgré ses chantres et érudits (Etienne et Henri Clouzot, Ernest Pérochon, Pierre Moinot…), nul prince n'est né sur ses rives. François Ier, qui naquit à Cognac, ne fit-il pas de sa Charente natale le plus beau ruisseau de France ?. Cependant, Henri de Navarre, futur Henri IV, qui séjourna à Marans, s'émerveilla de la place et de ses mille jardins où l'on ne va que par bateau. Bien sûr, il y eut d'autres personnages historiques nés ou qui ont vécu en bord de Sèvre, Madame de Maintenon et son grand-père Agrippa d'Aubigné. Dans les années 1830, André-Daniel Savary, officier du Génie, écrivit pour la première fois à propos des marais mouillés la formule grande Venise naturelle

    Une coulée d'existence

    Et ainsi de suite. Jean-Pierre Andrault se penche passionnément sur un grand corps vivant au fil d'un ouvrage richement documenté de 269 pages, La Sèvre et ses marais, portrait d'un fleuve (Éditions Patrimoine et médias). L'historien et universitaire d'origine niortaise a déjà commis plusieurs livres sur les Deux-Sèvres, Les Deux-Sèvres monumentales et naturelles , Petite histoire de Niort , collaboré à L'Histoire de Niort . Intarissable, Jean-Pierre Andrault connaît comme personne la Sèvre niortaise. Il l'a parcourue à pied, à vélo, en barque et en voiture des sources à l'embouchure, avec le regard de l'historien et géographe qui raconte tous ses méandres, donne à voir des beaux paysages et monuments méconnus, des anecdotes et tout un imaginaire qui s'y rapporte : Un voyage dans le sillage d'une Sèvre pleine de vie , dit-il joliment. L'eau qui s'écoule, une coulée d'existence. Le fleuve donne une image des formes de vie qui s'y sont succédé. Il nous dit l'aménagement des hommes, des biefs qui alimentent les moulins… D'une longueur mathématique estimée à 160 km, combien vraiment ? Il y a plusieurs Sèvre, le cours d'eau se dédouble, se ramifie dans le Marais. C'est un fleuve vagabond.

  • en novembre par Guy Brangier Les Haineaux qui ont fait ENO au XXe siècle à Niort. De la cuisine au radiateur à gaz (et à la plancha).

    Malgré la rareté des sources écrites mais grâce aux nombreux témoignages oraux d'anciens employés, monsieur Brangier a pu répondre à une commande des dirigeants actuels désireux de marquer le centième anniversaire de la fondation de l'entreprise en publiant un ouvrage dont il reprend l'essentiel dans sa communication.

    Il distingue six étapes dans l'histoire de la société, mais s'attache à retracer les quatre premières qui couvrent la période 1909-1989.

    Arthur Haineaux(1861-1941), né à Monthermé, fils d'un ajusteur, possède déjà un atelier de modelage dans les Ardennes quand il crée une société en commandite avec Raymond Ingé et des investisseurs parisiens en 1909. Mais ses ateliers ayant été détruits lors des combats de l'été 1914, il se replie à Niort où il peut racheter en 1915 la société Lemaire et Cie implantée dans le quartier de Belle Lune.

    Après la guerre l'usine de Revin est remise en état tandis que celle de Niort se développe sous la direction de son fondateur, de son fils Albert et de son gendre, la crise des années trente entraînant des difficultés bientôt surmontées. C'est à cette époque, sans doute en 1927, qu'est adopté le sigle ENO.

    Après la deuxième guerre mondiale, deux fils d'Albert, Louis et Michel, accèdent à la tête de la fonderie qui, grâce à leur complémentarité, innove et grandit, améliorant la compétitivité et se tournant vers l'exportation. Un Oscar de la productivité récompense cet essor en 1957 tandis que l'effectif progresse de 18% el les salaires de 64% entre 1952 et 1956. Les ouvriers sont encouragés par des primes à proposer des idées et la société cherche à se faire connaître davantage en participant à de nombreux salons et foires.

    En 1967, après l'absorption du département "appareils ménagers" de la société Valutine de Lyon et la fermeture de l'atelier de fonderie, l'entreprise adopte le nom de COGEM. Elle emploie alors environ 500 personnes. L'année suivante, elle rachète l'entreprise niortaise Tubochrome. L'exportation en direction de l'Algérie, l'Irak, le Liban et la Libye augmente mais la perte du marché libyen en 1983 fait vaciller la société qui doit procéder à des licenciements.

    C'est alors qu'un groupe suédois acquiert 65% puis 100% en 1985 du capital de la COGEM qui, quatre ans plus tard, est rachetée par la société Devile. Les années suivantes voient renaître la société qui se positionne sur des niches faisant appel à une innovation incessante.

  • en décembre par Guy Talbot La petite église dans le bocage bressuirais. De son origine à la fin de XVIIIe siècle à aujourd’hui et peut-être demain....

    Les origines de la Petite Église présente dans le Bocage bressuirais sont à rechercher dans la Constitution civile du clergé de 1790 qui entraîne une fracture au sein du clergé et dans la levée des 300 000 hommes de 1793 que refusent de nombreux "Vendéens". Ceux qui deviendront des dissidents sont des catholiques attachés à leurs prêtres réfractaires et opposés aux autorités du pays.

    Pour ramener la paix religieuse dans le pays, le premier consul Napoléon Bonaparte signe avec le pape Pie VII en 1801 un Concordat qui entérine certaines dispositions prises en 1790 et place l'Église de France sous la dépendance du gouvernement. Parmi ceux qui refusent de l'appliquer figure notamment Mgr de Coucy, ancien évêque de La Rochelle qui s'est exilé en Espagne dès 1791. Or la région bressuiraise appartenait à son ancien diocèse et une partie de la population et de ses curés vont comme lui refuser le Concordat comme ils ont refusé la Constitution civile de 1790: ces dissidents opiniâtres forment la Petite Église. Des mouvements analogues se produisent dans d'autres régions, en particulier dans le Lyonnais et en Belgique alors française. Au total ces dissidents sont au nombre de 85 000.

    En Deux-Sèvres, la Petite Église compte à sa naissance 20 000 fidèles particulièrement nombreux dans la région de Cerizay-Courlay-Cirières-Les Aubiers-Saint André sur Sèvre où ils édifient des chapelles pour pratiquer leur culte. Celui-ci est d'abord assuré par le curé Pierre Texier qui décède en 1826. Par la suite la direction spirituelle est confiée à des fidèles apparentés au prêtre, en particulier au 20e siècle à des membres de la famille Husseau.

    L'absence de prêtres oblige les fidèles à pratiquer leur culte en se basant sur l'Encologue et le catéchisme en vigueur dans le diocèse avant 1790. La prière tient lieu de messe, la communion le jour de la Fête-Dieu est précédée d'un mois de catéchisme, les fêtes religieuses sont respectées...

    Les membres de la Petite Église forment une communauté repliée sur elle-même et leur opposition à la Grande Église les pousse à devenir républicains et à fréquenter les écoles laïques à partir de la fin du 19e siècle.

    Progressivement au cours du 20e siècle et au début du 21e, le nombre des fidèles décline, le nombre de ceux qui "se changent", c'est-à-dire qui abandonnent leur Église en particulier lors de mariages avec des non-dissidents augmente. Aujourd'hui la Petite Église compte moins de 1 000 fidèles et est perturbée par des querelles. Il est difficile de prévoir quel avenir lui est réservé.

    À la suite de sa communication émaillée d'anecdotes personnelles, monsieur Talbot est amené, en répondant aux questions de la nombreuse assistance, à préciser certains points, en particulier le rite suivi et le devenir de la dissidence.

  • en janvier par Pierre MagnanMarc Jospin (1900-1995) pasteur engagé pendant l’Occupation.

    Il y a tout juste 20 ans, s’éteignait un certain Marc Jospin, pasteur à Vitré. “ Un homme d’exception ” sorti de l’oubli grâce aux recherches d’un enfant du pays.

    Pasteur, 1900-1995. A Bois-Pineau, hameau de la commune de Souvigné, voilà tout ce qu'indique la pierre tombale située dans le petit cimetière où repose un certain Marc Jospin. « Une inscription minimaliste, loin de refléter la vie intense vécue par un homme d'exception et une forte personnalité, qui a consacré sa vie entière aux autres », commente Pierre Magnan.

    Vingt ans jour pour jour après sa mort, ce chauraisien natif de Vitré a souhaité sortir de l'ombre celui qu'il décrit comme « un personnage important du XX esiècle ». Son destin a pourtant commencé humblement, à Vitré, petite commune protestante du canton de Celles-sur-Belle, où le jeune Marc Jospin n'a pas encore atteint la trentaine lorsqu'il est nommé pasteur en 1927. Il y officie pendant dix ans, avant d'être appelé à la tête de l'église wallonne de Haarlem, aux Pays-Bas. L'influence française y est restée vivace, deux siècles et demi après la révocation de l'Edit de Nantes qui a vu nombre de Poitevins s'exiler dans les pays du nord de l'Europe.

    " 48 enfants juifs sauvés "

    1939 : l'invasion de la Pologne par Hitler déclenche la seconde guerre mondiale. Le capitaine de réserve Marc Jospin est mobilisé en France, et prend part à « la drôle de guerre ». « Après la sévère et humiliante défaite de 1940, il est démobilisé en zone libre, relate Pierre Magnan. Mais il décide de rejoindre sa famille en zone occupée. Et c'est déguisé en paysan qu'il retrouve sa paroisse de Vitré. » En Deux-Sèvres, Marc Jospin va vivre les cinq années sombres de l'occupation, « multipliant les activités et se dévouant corps et âme ».« Il sauve ainsi 48 enfants juifs qu'il a recueillis au presbytère, avant de les confier à des familles protestantes sûres de la région ». Il aide également les réfractaires au service du travail obligatoire (STO).

    " Capitaine Montredon "

    Engagé dans les prêches qu'il prononce au temple de Vitré, il l'est tout autant dans ses écrits : « De 1940 à 1942, il est rédacteur en chef du journal de Lezay " La Fraternité " (qui deviendra "  La Concorde " après la libération.) Il y signe de nombreux articles où, sous couvert de religion, il s'en prend aux gouvernants de Vichy. » Marc Jospin va également tenir un rôle important dans la Résistance, sous le pseudonyme de « capitaine Montredon. » Membre du comité départemental de la Libération dès 1943, il en devient vice-président l'année suivante.

    " Ce jour-là, d'aucuns le voient déjà député "

    « Après la victoire et le départ des Allemands, Marc Jospin prononce de vibrants discours, comme celui de Celles. Orateur extraordinaire aux envolées spectaculaires, il s'en prend alors au pouvoir de l'argent, " qui fait les traîtres et les voyous ". Ce jour-là, d'aucuns le voient déjà député. » Il n'en est rien. Fin 1945, le résistant repart aux Pays-Bas, à Haarlem, puis à La Haye. « La reine Wilhelmine, elle-même résistante, a eu vent de l'attitude courageuse et des mérites du pasteur, et l'a fait venir auprès d'elle. »

    Nommé chapelain de la reine

    Distinction suprême, il est nommé chapelain de la reine en 1947, rôle qu'il conservera auprès de la princesse Juliana. Après le décès de sa bien-aimée Madeleine et au terme d'une longue vie d'engagement, Marc Jospin finit par se retirer dans son cher Poitou, à Bois-Pineau, qui sera son havre de paix pendant 19 ans. Le pasteur engagé rend finalement les armes à l'âge de 95 ans, le 20 août 1995. Il y a tout juste 20 ans.

    la question

    Le pasteur cellois a-t-il un lien de parenté avec l'ex-Premier ministre ?

    Le pasteur de Vitré est le grand-oncle de Lionel Jospin. Héliodore Jospin, le père de Marc, était le 11ème d'une fratrie de 17 enfants. L'un de ses frères aînés, Georges Jospin, a eu pour petit-fils un certain Lionel, Premier ministre de 1997 à 2002. Pierre Magnan s'est promis de le convier à l'une des conférences sur son oncle, qu'il animera lors des Journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre, à Beaussais-Vitré.

    la phrase

    « J'en appelle à ceux qui se souviennent encore de lui. »

    Pierre Magnan a pour projet de rédiger un livret en souvenir du pasteur de Vitré. À cette fin, il est toujours en quête de documents concernant la vie de Marc Jospin durant l'occupation allemande et sa retraite à Bois-Pineau.

    Tél. 05.49.08.29.57, pier.magnan@orange.fr, 112, boulevard des Arandelles, 79180 Chauray.

    en savoir plus: Pasteur de père en fils

    Fils aîné du pasteur Héliodore Jospin, Marc voit le jour à Montredon-Labessonnié (Tarn), le 29 mai 1900 . Il est âgé de 10 ans lorsqu'en suivant son père, il découvre les Deux-Sèvres et Vitré. Il y fréquente l'école primaire et passe le certificat d'études au chef-lieu de canton en 1911. À l'issue de ses études secondaires, il entre à la faculté de théologie de Paris. À 25 ans, le jeune Marc Jospin épouse Madeleine Vincent, à Angers. Le couple donne naissance à un fils, Ariel, en 1926. Lui aussi sera pasteur, mais décédera prématurément, à l'âge 30 ans, laissant derrière lui une jeune épouse, Colette, avec qui il a eu une fille. En 1927, après deux années passées à Saint-Maixent-l'École, Marc Jospin est nommé pasteur à Vitré, où il retrouve ses camarades d'enfance et de jeunesse. Il y restera dix ans.

    Source : La Nouvelle République
  • Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.
  • en février par Dominique TantinLa justice des années sombres en Deux-Sèvres, 1940-1944.

    Cet ouvrage est issu d’une thèse rédigée sous la direction de l’historien Henry Rousso, l’un des plus éminents spécialistes de la période de l’Occupation, et soutenue en 2010 à l’université de Paris Ouest Nanterre La Défense. Il s’agit de cerner l’influence du régime de Vichy sur le fonctionnement de la justice pénale ordinaire en étudiant l’activité du tribunal correctionnel de Niort entre 1936 et 1949 et celle de la cour d’assises des Deux-Sèvres de 1936 à 1951. Des informations qui sont ici replacées dans le contexte des politiques judiciaires et pénales des régimes successifs et des bouleversements induits par la défaite, l’Occupation, la dictature de l’État français puis la Libération. Cette investigation est fondée sur le dépouillement et l’exploitation de plus de 7000 procédures dans les Archives Départementales et de plusieurs dizaines de dossiers de carrière de magistrats aux Archives Nationales. L’analyse statistique est complétée par de nombreuses études de cas qui relatent des vies et des événements d’une époque particulièrement troublée. C’est le choc de la guerre et de l’Occupation sur une administration régalienne et – perçu au travers du prisme de l’activité judiciaire – son impact sur la société française qui sont ainsi restitués.

    Source : Geste Edition
  • en avril par Marie-Laure Viart, Jean-Paul BailleulDeux destins de soldats de la Grande Guerre originaires du Pays Mellois : Augustin Broussard et Abel Naudin, d’après leur correspondances et carnet de route.

    Monsieur Bailleul commente les réflexions de son grand-père, un ouvrier agricole né à Saint-Georges de Noisné le 10 octobre 1884 et marié le 23 juillet 1914 à Souvigné.

    Mobilisé le 16 octobre suivant, Abel Naudin prend des notes tout au long de la période qui sépare sa mobilisation de son retour dans ses foyers. Affecté à la 9ème section d'infirmiers à Châteauroux il effectue un séjour de trois semaines dans une faïencerie puis le 15 février 1915 prend le train pour Dunkerque où il arrive 3 jours plus tard. Entré en Belgique, il suit les fluctuations du front comme infirmier-brancardier, se retrouve dans la région d'Arras en mai, prenant part à l'attaque de la ferme de Berthonval. Relevé en juin alors qu'il se plait à décrire les différents obus, les marmites, dont il note aussi la terreur qu'ils déclenchent, il tombe malade, est hospitalisé à Amiens puis dans deux autres établissements éloignés du front et passe quelques jours chez lui. Reparti à Châteauroux le 16 octobre, il est réformé dix jours plus tard pour une bronchite dont la pose de ventouses le gueri, doit d'abbord rester sur place et peut enfin rentrer à Souvigné après que le maire de la commune sollicilte sa présence pour assurer les semailles d'automne. Il décède en 1972, à l'âge de 88 ans.

  • en mai par Philippe RidouardDu pasteur au bienfaiteur. La saga des Chaigneau. Trois siècle de l’histoire de Saint-Maixent (I).
  • Visite pérégrine : Thouars, Saint Généroix, château de Retournay.
  • en juin par Philippe RidouardDu pasteur au bienfaiteur. La saga des Chaigneau. Trois siècle de l’histoire de Saint-Maixent (II).
  • en septembre par Dominique Tantin, Virginie Daudin Les fusillés, 1940-1944.

    Longtemps ignorée des historiens, l'étude de la question a fait l'objet depuis quelques années de recherches qui ont abouti à l'édition d'un Dictionnaire biographique des fusillés et à l'ouverture d'un site internet et qui conduisent à la préparation d'un Maitron des fusillés et exécutés.

    Après ce rappel, monsieur Tantin précise que l'on peut distinguer parmi les personnes exécutées celles qui ont été victimes d'une répression à visage légal, les otages, les victimes d'une répression extra-légale et les civils massacrés et situe son exposé sur deux plans, le plan national et le plan régional.

    Jusqu'en juin 1941 la répression confiée à la Wermacht reste modérée d'une part parce que l'occupant nazi veut se donner une bonne image et d'autre part parce que la contestation de l'occupation reste faible. Cependant si les condamnations à mort demeurent assez peu nombreuses, on ne doit pas oublier les massacres commis dans le nord de la France et les premières déportations.

    À partir de juin 1941 l'entrée du parti communiste dans la Résistance et la multiplication des actions comme le développement des maquis consécutif au STO amènent les Allemands à intensifier la répression qui devient en 1942 le fait des SS avec la Gestapo et bientôt de la Milice du régime de Vichy.

    La déportation des Juifs et celle des résistants notamment communistes s'intensifie, les exécutions d'otages qui augmentent en 1941-42 fléchissent dans la mesure où l'opinion publique s'en émeut et que nombre des auteurs d'attentats sont capturés ou tués mais reprennent de plus belle en 1944. La courbe nationale et la courbe régionale des exécutions sont très comparables. La première victime de la répression en Poitou-Charentes est fusillée à Chef de Baie le 7 septembre 1940, d'autres suivront: 6 en 1941, 36 en 1942, 53 en 1943 et 92 en 1944 comme Gendrot et Girault en septembre 1942 fusillés à Champ de tir de Chizon où deux puis quatre autres résistants seront passés par les armes en 1943 et 1944. Les victimes sont en majorité des hommes, plutôt citadins et sont issus en particulier du milieu des artisans puis des ouvriers et cheminots. Employés et surtout agriculteurs sont moins nombreux. Dans le département 46 personnes sont fusillées, exécutées ou massacrées, et 66 natifs du département le sont en France.

    Après avoir évoqué les derniers instants des condamnés à mort et lu la dernière lettre de l'un d'entre eux, le conférencier souligne la nécessité du devoir de mémoire: d'abord honorés dans les premières années de l'après-guerre, les fusillés sont passés au second plan derrière les déportés alors que diminuait l'influence du communisme et du gaullisme puis que des historiens se penchaient sur le rôle de Vichy mais depuis une dizaine d'années on assiste à un regain d'intérêt pour la question. Il se manifeste par l'action d'associations et par l'érection de monuments (à Chef de Baie par exemple); sur le plan départemental on commence à évoquer la possibilité d'en édifier un à Chizon.

  • en octobre par Michel Chaumet Delbo-Phénix, un réseau belge, capitale Niort

    Après avoir proposé une définition de la Résistance et énuméré les cinq formes qu'elle a pu prendre, le conférencier explique les raisons qui ont amené à créer divers réseaux de résistance belge sur le territoire français. L'initiative en revient au gouvernement belge replié à Londres qui oeuvre en liaison avec l'Intelligence service. Sont mis en place des filières d'évasion, en particulier la filière Comète, et des réseaux de renseignements.

    Cinq réseaux vont successivement voir le jour entre 1941 et 1944 qui ont tous un lien avec Niort: Caviar- Ali-France dirigé par Joseph Dubar et Paul Joly qui bientôt se séparent, Sabot créé par Pierre Bouriez qui est trahi, ce qui entraîne la dispersion de ses membres, PCB-PCC d'abord conduit par William Ugeux qui fonde un journal clandestin, la Libre Belgique, Zéro-France fondé par Kaisin, très implanté dans le nord de la France mais aussi à Niort avec Jean Hoyoux et enfin Delbo, dernier réseau belge créé en France auquel participent plusieurs Français, notamment Louis Michaud dit P'tit Louis.

    D'abord implanté à Paris sous le nom de Delpa par Delannoy, le réseau est démantelé en mai 1943 et ses archives récupérées par la SIPO. Son chef se replie sur Niort où déjà une structure s'est mise en place à l'automne précédent et où un radio est arrivé en mars. Deux agents parachutés pour une autre mission sont dirigés sur Niort: Depraetère alias Taylor et Luycks alias Keeper. Avant de partir en Angleterre Delannoy provoque une réunion des chefs des réseaux belges, réunion organisée par Michaud à la chambre de métiers, place du Temple. Depratère devient alors le chef du réseau qui prend le nom de Delbo-Phénix. Outre la transmission de renseignements par radio, Delbo-Phénix organise des opérations de pick-up, en particulier celle de Périgné en novembre 1943, dite Scenery, qui se solde par un échec (le Lysander qui devait amener deux hommes et en emmener deux autres à Londres s'embourbe à l'atterrissage et doit être incendié). L'affaire Gibeault en février 1944 a des conséquences plus dramatiques: les nombreuses arrestations aboutissent à la disparition du réseau.

    Pour conclure monsieur Chaumet rappelle que la Résistance sur notre territoire n'a pas été le fait de Français seulement mais qu'elle a concerné de nombreux acteurs étrangers. Toutefois, si elle a été diverse dans ses formes, elle a poursuivi le même objectif, recouvrer la liberté.

  • Visite pérégrine : Montreuil-Bellay.
  • en novembre par Annie BollLe cimetière médiéval de l’Eglise Saint-Florent.

    Auteur : Vivre à Niort 13 mars 2015

    300 tombes médiévales découvertes à Saint-Florent

    300 tombes médiévales découvertes à Saint-Florent

    Rue des Tournelles, à proximité immédiate de l’église Saint-Florent, des archéologues de l’Inrap ont mis à jour un cimetière médiéval avec des centaines de tombes, datées du VIIIe au XIIe siècle. Le chantier de fouilles s'étend sur 790 m², dans un terrain destiné à accueillir prochainement une maison individuelle.

    La campagne de fouilles démarrée le 5 janvier dernier et devrait se poursuivre jusqu'à la fin du mois d'avril. Cette découverte précieuse pour l'histoire de Niort n'est pas vraiment une surprise pour l'équipe de recherches archéologiques préventives dépêchée à Niort. Au Moyen Âge, les cimetières étaient présents autour des églises. Or un édifice religieux à l’emplacement de Saint-Florent est mentionné dans des textes dès le milieu du IXe siècle.

    Déjà dans les années 70, des travaux de construction au niveau du chevet de l'église avaient permis d'entrevoir le potentiel archéologique de ce secteur, révélant des éléments d'architecture de l'époque antique et deux sarcophages du haut Moyen-Age. Les archéologues travaillent aujourd'hui sous la direction d’Annie Bolle, responsable scientifique de l’Inrap. L’institut avait établi en 2014 un diagnostic, comme c’est la règle avant tout projet d’aménagement, public comme privé. « Il s’avère qu’on a ouvert une fenêtre dans le cimetière du Moyen Âge. On a des tombes aux quatre coins. Le cimetière s’étend jusque là-bas, se poursuit à côté. Il est beaucoup plus vaste que la parcelle. Il y a des tombes partout, » indique Bernard Farago, anthropologue.

    Un cimetière du XIIe siècle préservé

    Les scientifiques fouillent les tombes au fur et à mesure qu’elles apparaissent et en recueillent les vestiges : ossements, céramiques et objets éventuels. « À l’époque médiévale, les gens sont enterrés très simplement, nus dans un linceul. Il n’y a pas d’offrandes dans les tombes, contrairement à l’époque gauloise ou gallo-romaine. C’est le christianisme qui veut ça. Pas d’objet, excepté de temps en temps des vases, qui sont utilisés lors de la cérémonie de funérailles… »

    Bernard Farago précise que les tombes du XIIe, qui sont les plus proches de la surface, sont aussi les plus récentes sur ce terrain. «Postérieurement au XIIe, le cimetière a dû se déplacer. Ce qui fait qu’on a la chance de pouvoir fouiller un cimetière médiéval qui n’est pas perturbé par toutes les tombes des siècles suivants. Ce n’est pas souvent. »

    Les tombes s’alignent et s’enchevêtrent sur plusieurs niveaux. Les archéologues ont concentré leurs efforts pour atteindre les tombes les plus anciennes, situées juste au-dessus du niveau géologique et tout près de la nappe phréatique. Ils estiment que la parcelle contient à elle seule entre 600 et 800 tombes, avec une population composée d’adultes des deux sexes et d’enfants. Le temps des fouilles, les scientifiques sont restés discrets afin de ne pas attirer des pillards. Mais leur découverte passionne le voisinage, qui vient régulièrement leur rendre visite.

    Une étude des vestiges à venir.

    Après la phase terrain, viendra celle d’étude des vestiges, et notamment des squelettes. « Chaque sujet est numéroté. On déterminera en laboratoire le sexe des adultes, l’âge au décès des enfants, précise l’anthropologue. On peut également faire une étude sur les pathologies, sur les régimes alimentaires. Éventuellement, sur des apparentements entre tombes voisines. On récupère également tout ce qui est céramique. En revanche, les pierres restent sur place. »

    Une présentation des découvertes du cimetière médiéval de Saint-Florent est prévue à l’issue de l’élaboration du rapport de fouilles, probablement pas avant 2016.

  • en décembre par Philippe-Michel Courty A la découverte des sculptures de Marcel Chauvenet (1906-1988)

    Monsieur Michel-Courty présente d’abord l’artiste : né à Perpignan, Marcel Chauvenet a des attaches à Thouars grâce à son frère chirurgien. Marié à une jeune fille de la ville en 1936, il s’installe à la Cité fleurie, à Paris, mais il finira sa vie à Thouars. Les œuvres de ce sculpteur et médailliste sont présentes, pour la plupart, en Ile de France, dans l’Ouest et à Perpignan.

    Il s’attache ensuite à retracer sa carrière. Entré à l’ENSBA en 1928, Marcel Chauvenet reçoit sa première commande en 1934, obtient le prix national de la sculpture en 1938, réalise quelques œuvres pendant et surtout après la guerre et devient médailliste en 1955 sans doute quand sa santé décline (Il concevra la médaille de la ville de Thouars en 1987). La création du 1% artistique lors de construction de bâtiments publics en 1951 lui apporte des commandes et sa nomination comme professeur à l’ENSBA en 1962 lui donne une sécurité matérielle qui favorise l’évolution de son style : sculpteur figuratif au début de sa carrière, Marcel Chauvenet adopte un style plus personnel, plus épuré, dégagé des contraintes artistiques et économiques de l’époque mais continue à utiliser largement le dessin pour concevoir ses œuvres. S’il use beaucoup de la technique de la mise aux points, lente mais permettant la reproduction d’une œuvre à des formats différents, il ne répugne pas à utiliser la taille directe plus rapide mais donnant une sculpture unique.

    Dans une troisième partie de sa communication, le conférencier présente un certain nombre des œuvres de l’artiste, qu’il s’agisse de ses premières commandes, de ses bustes ou de ses petits bronzes, les mettant en parallèle avec des sculptures d’artistes du passé ou contemporains. Il termine en regrettant que Marcel Chauvenet ne connaisse pas une plus grande notoriété, victime sans doute de son attitude réservée.

    Auteur : Conseil des Musées

    Philippe-Michel Courty : A la découverte des sculptures de Marcel Chauvenet (1906-1988)

    Cadet d'une famille de quatre enfants, Marcel Chauvenet naît le 27 juin 1906 à Perpignan. Sa famille est installée dans le cœur de la vieille ville catalane, près du palais des Rois de Majorque. Il reste toute sa vie très attaché à ses racines, réalisant notamment des commandes publiques pour la ville.

    Son père, Joseph, appartient à la classe des notables provinciaux qui affichent leur train de vie de manière ostentatoire. Il roule dans une De Dion-Bouton conduite par un chauffeur, fume des cigares, joue aux courses... La Première Guerre mondiale change profondément le destin de la famille. Joseph part sur le front, les fins de mois sont difficiles et la discorde s'installe dans le couple.

    Les époux Chauvenet se séparent en 1917 et la mère de Marcel s'installe à Paris avec ses quatre enfants. Au début de l'année 1918, elle déménage pour Toulouse. Marcel est inscrit au collège de Perpignan en 1921 et obtient son bac en 1925 avec la mention latin, langues vivantes et philosophie. Par la suite, il se rend régulièrement dans les Deux-Sèvres avec sa mère afin de voir son frère, André, chirurgien à Thouars.

    Lire la suite...
  • en janvier Jean-Michel ChassériauxUn tableau en quête d’auteur : Le martyr de Saint-Laurent de Partenay.
  • Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.
  • en mars par Michel ChaumetEdmond Proust, de la MAAIF à la Résistance.
  • en avril par Nathalie GaillardLes retables et tabernacles du Pays mellois. Six siècles de mise en image du sacré.
  • en mai par Maurice CamuzardLa mer à Niort.
  • Visite prérégine : Exoudun, réception par Jean-Marie Auzanneau.
  • en juin par Philippe RidouardLe destin de trois Maixentais inconnus.
  • en septembre par Frédéric DumerchatGermain rallon (1896-1945). Un instituteur et un écrivain à Thézenay.
  • en octobre par Eric SurgetEn marge de la « Galerie poitevine » : la correspondance littéraire Jacques Renaud/Gaston Chéreau, 1924-1934.
  • Visite prérégine : La Rochefoucauld, Verteuil, Nanteuil et Aizecq
  • en novembre par Gwénaël MurphyLes comités de surveillance dans les Deux-Sèvres (1793-1794).
  • en décembre par Claudine DelcroixLa pierre et l’ocre : peintures murales des XIVe et XVe siècles dans les Deux-Sèvres.

Mais aussi des conférences extérieures à la S.H.S.D.S.

  • Le 29 avril par Daniel Courant à 18:30 à l'Hôtel de villeElles ont féminisé l'histoire municipale.
  • Auteur : La Nouvelle République 29 avril 2015

    Un document sorti de l'oubli : c'était en 1933 à Niort

    Aujourd’hui, c’est le 70ème anniversaire du premier vote des femmes. L’historien Daniel Courant a étudié la place des élues au sein du conseil municipal.

    Etait-ce destiné à une « femme sandwich » ? Daniel Courant a exhumé un document inédit. Un cadre en bois avec une affiche annonçant ce fameux meeting de 1933 tenu dans l'ancienne salle de l'Olympia, en bas de l'avenue de Paris : « Sur le millier de personnes, plus de 600 femmes sont venues écouter Germaine Malaterre-Sellier, présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes puis présidente de la Ligue des femmes électrices », relate l'historien local. Une tranche d'histoire locale qui s'inscrit dans le vaste mouvement pour le droit de vote des femmes (ordonnance du 21 avril 1944) dont on célèbre aujourd'hui le 70 eanniversaire du premier scrutin, à l'occasion des élections municipales après la Libération. Cette évocation historique est le fruit d'un travail de recherche jusqu'alors jamais ouvert, auquel Daniel Courant vient de s'atteler : « Le droit de vote des femmes à Niort de 1945 à 2015 ». L'ancien conservateur-adjoint a minutieusement épluché sept décennies de registres des délibérations du conseil municipal, après chaque élection, décortiqué la formation des équipes afin d' « essayer de voir comment les mentalités ont évolué à travers la représentation des femmes ».

    Un " tournant " sous l'ère Bellec

    « J'ai constaté que, depuis 1945, au moins une femme a siégé au conseil municipal de Niort », précise-t-il. Première d'entre elles, Germaine Clopeau, une figure politique, ancienne résistante, militante communiste, élue dès 1947. Plusieurs fois réélue (six mandats jusqu'en 1983), l'ancienne institutrice s'est battue pour la représentativité au sein du conseil. Après son décès, son nom fut donné en 1995 à une place du quartier de Champclairot.

    Entre 1945 et 2015, la France et Niort ont connu treize élections municipales et des femmes de toutes tendances ont siégé, « timidement jusqu'à la parité actuelle. » Si elles n'ont pas toutes eu des responsabilités de premier plan, ces élues ont travaillé au sein de commissions, dans des domaines relevant souvent de l'instruction, la cantine, le monde de l'enfance voire les travaux.

    L'historien relève que, sous la municipalité de Bernard Bellec, dès 1995, sa liste majoritaire et celle d'opposition comptaient 21 femmes sur 45, « un tournant », selon l'historien. Parmi ces « femmes d'influence », Daniel Courant cite Janine Lucas, ancienne maire de Saint-Liguaire, qui fit basculer la commune dans le giron niortais ; également Claude-Odile Maillard, conseillère municipale qui a tenu une place de premier plan sous l'ère Bellec ; aussi Françoise Billy, dès 1995 comme adjointe de Bernard Bellec puis sous la municipalité d'Alain Baudin, ancienne première fédérale du Parti socialiste des Deux-Sèvres. Jusqu'à Geneviève Gaillard, qui fut la première femme à ceindre l'écharpe de maire de Niort.

  • en janvierPrésentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) : Archéologie ; Monuments Historiques ; Musée ; Inventaire.
  • en févrirPrésentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.
  • en mars par Michel MontouxLa société des amis de la Constitution de Niort, de sa fondation à la chute de la royauté.

    Fondée le 28 mai 1790 par dix Niortais appartenant à la bourgeoisie des talents et au milieu des négociants, la Société des Amis de la Constitution de Niort, affiliée au Club des Jacobins de Paris, cessera toute activité à la fin du mois d'août 1795. Le premier registre des délibérations et quelques documents complémentaires permettent de retracer son histoire et de connaître ses activités, de sa création à la chute de la monarchie.

    Ses promoteurs et ses adhérents veulent être les propagandistes des idées nouvelles, les défenseurs de la Constitution, les surveillants de ses adversaires et les éducateurs du peuple. Ils prennent position sur toutes les questions débattues localement ou dans le pays et se comportent en groupe de pression, ce qui entraîne parfois des conflits avec certaines autorités locales. Quant au roi, qu'ils respectent d'abord, ils finissent par se méfier de lui avant d'accepter sa déchéance en août 1792. Une abondante correspondance permet de resserrer les liens avec les patriotes des sociétés affiliées, qu'elles soient deux-sévriennes ou qu'elles soient implantées dans l'ensemble du pays. La scission de Feuillants à l'été 1791 suscite une certaine indécision parmi les membres de la Société niortaise qui finit par rester fidèle aux Jacobins parisiens.

    L'importance de la cotisation, 24 livres puis 12, écarte de la société les classes populaires et limite son recrutement aux couches les plus aisées. L'effectif s'accroît d'abord lentement avant de connaître une forte augmentation en mai-juin-juillet 1791. La création d'une dizaine de sociétés comparables dans le département fait que la grande majorité des adhérents réside dans le district de Niort, hormis les militaires dont le nombre augmente.

    Au bout de deux années d'existence, la Société peut se targuer d'être restée fidèle aux principes énoncés lors de sa fondation. Au cours des années suivantes, elle s'ouvrira davantage à des citoyens de condition plus modeste, s'épurera de ses éléments les plus modérés sous l'influence de Représentants en mission avant de voir son rôle décliner après le 10 thermidor de l'an II.

  • en avril par Dominique TantinLes Juifs des Deux-Sèvres dans la Shoah 1940-1945.

    Monsieur Tantin commence par rappeler la situation des Juifs pendant la guerre de 1939-1945 en s'appuyant sur le cas d'une famille bressuiraise d'abord victime de la spoliation de ses biens, puis astreinte aux dures conditions du statut des Juifs et au port de l'étoile jaune avant d'être déportée, les parents lors de la rafle de la nuit du 9 au 10 octobre 1942, les trois enfants lors de celle de la nuit du 31 janvier au 1er février 1944. Seul l'aîné des trois enfants reviendra des camps de la mort; il obtiendra l'érection d'une stèle à la mémoire des 17 juifs bressuirais en 1989.

    Il s'attache ensuite à définir les objectifs qu'il s'est donnés en publiant son ouvrage consacré aux Juifs des Deux-Sèvres pendant la seconde guerre mondiale: s'inscrire dans le courant des nombreuses études actuelles qui privilégient un cadre restreint, département ou ville par exemple, afin de rendre concret un phénomène que des études plus générales tendent à rendre un peu abstrait. Il précise ensuite qu'il a consulté les dossiers figurant aux Archives départementales désormais d'accès facile et des témoignages recueillis par un professeur du lycée Jean Macé auprès de ses élèves et rend hommage aux travaux de Jean-Marie Pouplain et de Michel Chaumet.

    Pour mieux faire comprendre la situation d'alors, il rappelle brièvement les buts d'Hitler et le rôle actif joué par le gouvernement de Vichy et ses administrations dans la déportation puis retrace les principales étapes de la persécution antisémite. Enfin, il souligne l'aide apportée aux Juifs par quelques Deux-Sévriens, en particulier de confession protestante, citant l'exemple de la famille Lazare repliée à Coulon. Quinze de ces familles à ce jour ont été proclamées Justes parmi les Nations. Des 144 Juifs deux-sévriens déportés, très peu sont revenus des camps, dont madame Ida Grinspan qui, inlassablement, témoigne de ce que furent les persécutions.

    Monsieur Tantin rappelle ensuite qu'au cours des années de l'immédiat après-guerre la Shoah n'a été considérée que comme un crime des nazis parmi d'autres et que les politiques ont privilégié le Résistancialisme afin de redonner une certaine fierté à une nation humiliée en 1940 et de justifier sa position de grand vainqueur en 1945. La collaboration de l'Etat français dans la déportation des Juifs est gommée comme le prouvent la quasi absence de sanctions à l'égard des persécuteurs ou les restrictions mises en 1956 à la diffusion du film d'Alain Resnais, Nuit et Brouillard. Il faut attendre les années soixante-dix pour que les travaux des Klarsfeld notamment réveillent les consciences et 1995 pour que le président Jacques Chirac reconnaisse officiellement la responsabilité de l'Etat.

    L'auteur de l'ouvrage qu'il a consacré aux Juifs deux-sévriens n'en a pas fini avec l'histoire de la Shoah. De nouveaux témoignages lui sont parvenus, des archives n'ont pas encore été toutes explorées qui donneront lieu à de nouvelles études.

    Un point important fait alors l'objet d'une controverse parmi les auditeurs du conférencier: fallait-il, comme il l'a fait, citer le nom de ceux qui ont participé d'une façon ou d'une autre aux persécutions, sachant qu'ils ont des descendants en rien responsables de leurs actes qui peuvent être meurtris par cette divulgation? Tout en comprenant le point de vue de ses contradicteurs, il justifie sa position en rappelant que la loi l'autorise et que les victimes disparues dans les camps de la mort ne pouvant donner leur vérité, seul l'historien peut tenter de le faire à leur place.

  • en mai par Pascal ParrasCent ans de patrimoine en Deux-Sèvres..

    Monsieur Parras commence par faire l'historique de la protection du patrimoine en France. La loi votée à l'initiative du ministre Guizot en 1840 crée le corps des inspecteurs des monuments historiques et établit une première liste de monuments à préserver (6 dans le département). Cette loi est ensuite complétée par une série de décisions destinées à élargir le classement, la plus importante étant promulguée le 31 décembre 1913. A cette date les Deux-Sèvres comptent 73 monuments classés. En 2003, ce sont 350 bâtiments, secteurs sauvegardés, sites naturels et objets qui figurent à l'inventaire.

    Dans la seconde partie de son exposé, monsieur Parras illustre le travail effectué dans le département en présentant une trentaine de ces éléments du patrimoine : églises comme celles de Saint-Maixent, Melle, Saint-Jouin-de-Marnes, châteaux comme ceux de Saint-Loup-Lamairé, Oiron, Thouars et Niort, édifices publics comme les halles de Coulonges-sur-l'Autize ou la prison de Niort, vestiges préhistoriques comme les tumuli de Bougon, secteurs sauvegardés comme celui de la Vau Saint-Jacques de Parthenay et sites naturels comme le Marais Poitevin ou les chaos granitiques de Gâtine etc..

    Il répond enfin aux questions de l'assistance concernant en particulier le périmètre du Donjon ou les graffiti des anciennes usines Boinot.

  • Visite pérégrineVisite pérégrine à Ardin : histoire, archéologie et géologie.

    Une quarantaine de personnes ont participé à la sortie dans la commune d'Ardin en dépit des conditions météorologiques médiocres.

    Elles ont d'abord été accueillies par madame De Cabrol, propriétaire du château de Bois-Rateau dont subsistent deux tours antérieures au XIIIème siècle et un logis plus récent. Ce château fut notamment la demeure du Conventionnel Chauvin-Hersant dont la carrière fut retracée par un membre de la Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres. C'est probablement ce député qui fit aménager des jardins dont le plan que madame De Cabrol présenta est peut-être attribuable à Bernard d'Agesci.

    Puis après une visite guidée de la prospère entreprise La Fromagère qui fêtait son dixième anniversaire, les participants furent reçus au château de Saint-Goard du XVème siècle, très remanié au XVIIIème puis au XIXème et que les actuels propriétaires ont sauvé de la ruine. Monsieur Baraud fils sut se montrer un guide très éclairé et très chaleureux.

    La matinée s'acheva par une réception à la mairie d'Ardin où monsieur Rimbeau présenta sa commune avant d'évoquer la présence d'une marbrière exploitée au XVIIIème siècle et dont il se propose de mettre en valeur le site aujourd'hui peu accessible.

    Après le repas pris à la salle des fêtes de Béceleuf, les visites se poursuivirent d'abord au remarquable pigeonnier de Pouzay dont un participant retraça l'historique, puis au logis de Bloué où l'on peut observer des inscriptions du XVIIème siècle dues à la famille huguenote Desprez-Dabillon. Monsieur Fauger se fit un plaisir de présenter la demeure qu'il a su rénover avec goût avant d'ouvrir une partie de sa collection d'objets de toutes les époques témoins de la riche histoire de la campagne ardinoise.

  • en juin par Fabienne TexierLe mobilier régional : l’exemple du Mellois.

    Madame Texier commence par faire un petit historique en présentant l'armoire d'Aubazine, première armoire répertoriée de la fin du XIIème ou du début du XIIIème siècle puis en mettant l'accent sur l'ouvrage d'Albert Maumené consacré en 1924 dans « La Vie à la campagne » au mobilier régional du Centre-Ouest, travail qui, en dépit de certaines erreurs, reste un ouvrage de référence. Elle note que si certains éléments décoratifs de meubles anciens annoncent les caractéristiques du mobilier régional, celui-ci n'est véritablement l'œuvre de menuisiers locaux qu'à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

    Elle rappelle ensuite la typologie fonctionnelle du mobilier qui distingue meubles contenants et meubles supports et donne à voir quelques types tels que bancs, bancs-coffres et marchepieds, maies et pétrins, buffets-vaisseliers, buffets bas, buffets à deux corps, armoires, lits, etc...

    Par des exemples bien choisis, elle montre par quoi le mobilier du Mellois est identifiable: emploi de bois locaux tels que cerisier, merisier, motifs décoratifs chargés de symboles au tracé rigoureux, éventuelles incrustations de cires ou de bois exotiques, ferrures, etc..

    L'exposé donne enfin lieu à de fructueux échanges avec l'assistance.

  • en septembre par Pierre Marsault1914, la vie, les blessés et les morts à Niort lors des premiers mois de la Guerre. Sur les traces du 7ème hussards et des mobilisés de l’Ouest.
  • en octobre par Armelle DutrucJacques Fouchier (1913-1994), 35 années d’engagements politiques.

    Madame Texier commence par faire un petit historique en présentant l'armoire d'Aubazine, première armoire répertoriée de la fin du XIIème ou du début du XIIIème siècle puis en mettant l'accent sur l'ouvrage d'Albert Maumené consacré en 1924 dans « La Vie à la campagne » au mobilier régional du Centre-Ouest, travail qui, en dépit de certaines erreurs, reste un ouvrage de référence. Elle note que si certains éléments décoratifs de meubles anciens annoncent les caractéristiques du mobilier régional, celui-ci n'est véritablement l'œuvre de menuisiers locaux qu'à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

    Elle rappelle ensuite la typologie fonctionnelle du mobilier qui distingue meubles contenants et meubles supports et donne à voir quelques types tels que bancs, bancs-coffres et marchepieds, maies et pétrins, buffets-vaisseliers, buffets bas, buffets à deux corps, armoires, lits, etc...

    Par des exemples bien choisis, elle montre par quoi le mobilier du Mellois est identifiable: emploi de bois locaux tels que cerisier, merisier, motifs décoratifs chargés de symboles au tracé rigoureux, éventuelles incrustations de cires ou de bois exotiques, ferrures, etc..

    L'exposé donne enfin lieu à de fructueux échanges avec l'assistance.

  • en novembre par Claude GuicheteauLa société RAMO (Réalisation d’Appareils et de Machines-Outils) de son origine à nos jours.

    En 1912 Guillet et Deruaz créent à Mézières (Ardennes) une petite société métallurgique qui, en août 1914, est transférée dans le 19e arrondissement de Paris. Le 21 mai 1917, Guillet en fait la SAOCM qui compte 18 actionnaires. Après la guerre la société regagne Mézières, produisant le martinet-pilon, et des machines à scier. Une augmentation de capital est faite en 1927, de nouvelles marques sont créées en 1933 et 1935, ARMAC puis NOVEX et VERTIX. En 1938 le fonds industriel est cédé à la Compagnie foncière des Ardennes et du Nord-Est et l'année suivante l'entreprise vient s'installer à Niort, rue Jean Macé. En 1940 elle compte 78 ouvriers et ouvrières et 14 employés dont 4 femmes. Cette même année alors qu'est publié un nouveau catalogue l'usine est partiellement détruite par un incendie. Au cours de la guerre des ouvriers sont envoyés de gré ou de force en Allemagne et, en 1946, en raison des difficultés la SECOR est mandatée pour améliorer la rentabilité.

    Les années suivantes sont marquées par des licenciements, des grèves puis par la création d'un comité d'entreprise. En 1953 une AG extraordinaire décide le transfert du siège social à Niort et la transformation de la SAOCM en RAMO (Réalisation d'Appareils et de Machines-Outils pour les métaux) dont Jeanneret devient le PDG. Sous sa direction l'entreprise qui ne fabrique plus que des tours, accorde des licences de fabrication à des sociétés étrangères et crée de nouveaux modèles. En 1972, Jeanneret se retire et Bonnier lui succède alors qu'on a compté jusqu'à 310 employés l'année précédente. Malgré le lancement de nouveaux modèles, la RAMO doit déposer le bilan en 1983 mais elle renaît l'année suivante sous l'appellation de Société nouvelle RAMO qui obtient de la municipalité un terrain pour construire une nouvelle usine, rue des Ors, à Souché.

    Mais de ce moment jusqu'à 2013, la situation ne fait que s'aggraver en dépit du rachat par d'autres groupes plus importants, Perrotin puis REEL et l'aventure industrielle de la RAMO s'achève.

    Auteur : La Nouvelle République 4 février 2015

    Une photo parue dans la NR du 18 avril 1991 : la démolition du site Ramo est déjà très avancée. A l'arrière-plan, l'église Saint-Étienne. Il ne reste plus aucune trace de ce passé industriel dans le quartier de la rue Gambetta.

    Ex-salarié, Claude Guicheteau a retracé l’histoire de cette entreprise qui vendait sur les cinq continents et qui a marqué la vie de tout un quartier.

    C'est l'histoire d'un industriel niortais dont les machines étaient connues au Japon comme en Inde. Un industriel qui jusque dans les années 1980, entre la rue Gambetta et la Sèvre, a marqué la vie de tout un quartier. Un homme, Claude Guicheteau, a été aux premières loges de cette histoire.

    Salarié de la Ramo durant trois décennies (entre 1977 et 2008), un temps secrétaire du comité d'entreprise, il retrace cette aventure économique dans le dernier bulletin de la société historique et scientifique des Deux-Sèvres : « Une histoire typique de l'industrie de la machine-outil française, faite d'incompréhensions, de guerres, de délaissements, d'enthousiasme, de sursauts et finalement de disparition.»

    Le banquet de la Saint-Éloi

    « Je suis quelqu'un qui aime beaucoup garder les documents d'époque », sourit-il. Il a revu d'anciens collègues, rencontré des témoins ou leurs descendants, épluché les archives publiques et privées. Le résultat : près d'un siècle résumé en 274 pages d'analyses, de chronologies, de photos.

    Toute une vie ressurgit. Comme ces banquets annuels pour la Saint-Éloi, patron des mécaniciens, qui réunissaient tout le personnel au restaurant « La Belle Étoile » dans l'ambiance bonne enfant et paternaliste de l'époque.

    Au menu de 1953, langoustines mayonnaise, pâté maison, matelote d'anguilles, poulet sauté, gigot d'agneau, baba au rhum, café-cognac...

    La guerre Iran-Irak

    Les machines-outils fabriquées par la Ramo ont été exposées à la foire internationale d'Osaka au Japon en 1962. L'industriel a exporté au Mexique et lors de la guerre Iran-Irak en 1982-1983, elle a fourni aux fabricants de munitions les machines qui usinaient les culots de douille. « Entre 1952 et 1983, les tours Ramo ont été présentés dans 160 foires-expositions dans le monde. Les tours ont été livrés dans 84 pays sur les cinq continents », rappelle Claude Guicheteau.

    " Il n'y avait plus de politique d'investissement "

    Et puis, c'est la chute. Un premier dépôt de bilan en 1983. « Depuis de nombreuses années, il n'y avait plus de politique d'investissement. Le parc machine avait une moyenne d'âge de 17 ans. Son obsolescence est une des raisons majeures du dépôt de bilan », analysent alors les repreneurs. S'ensuit une série de reprises et de rechutes mais au final, la Ramo ne s'en remettra jamais, jusqu'à la liquidation de 2002, une activité se prolongeant à Fontenay-le-Comte jusqu'en 2009.

    Entremps, le site historique de la rue Gelin a été vendu. Sur les terrains, des promoteurs ont bâti la résidence de la Mégisserie et la résidence du Bocage Saint-Jean. Sans qu'aucune trace laisse aujourd'hui imaginer dans ce quartier de petites maisons, à deux pas de l'église Saint-Étienne et du Moulin du Roc, qu'il y a 30 ans tournait une usine.

    Dates clés

    • 1912. Création de la société Guillet et Deruaz dans les Ardennes.
    • 1917. L'entreprise devient la SAOCM, société ardennaise d'outillage et de constructions mécaniques.
    • 1938. Pour se mettre à l'abri d'un éventuel conflit avec l'Allemagne, la SAOCM se délocalise à Niort.
    • 1953. Jules Jeanneret devient PDG. Il le restera jusqu'en 1973. La SAOCM devient la Ramo (Réalisation d'appareils et de machines-outils).
    • 1964. L'effectif dépasse les 200 salariés.
    • 26 avril 1983. Dépôt de bilan. 200 personnes sont licenciées à Niort et 14 à Paris.
    • 1984. Reprise de l'activité et création de la Société Nouvelle Ramo.
    • Août 1987. Vente des terrains occupés par l'usine dans le quartier Gambetta.
    • Avril 1991. L'usine est rasée. La SN Ramo est installée à Mendes-France.
    • 1992-2002. Plusieurs dépôts de bilan et reprises se succèdent. Liquidation judiciaire en 2002 de la société Ramo Industrie.
    • 2008-2009. Une activité se poursuit à Fontenay-le-Comte (sud-Vendée).
  • en décembre par Pierre MagnanLa vie de l’instituteur-aviateur René GAILLARD (1892-1917) né à Mougon.

    Monsieur Magnan consacre la première partie de sa communication à évoquer l'atmosphère patriotique entretenue par les autorités qui caractérise la société française des premières décennies de la Troisième République: l'idée d'une revanche sur l'Allemagne et du retour nécessaire de l'Alsace-Lorraine au sein de la nation française est transmise aux jeunes générations par l'école. Cet exposé est illustré par la lecture de plusieurs textes.

    Dans la seconde partie, il retrace la brève et riche existence de René Gaillard. Fils d'un entrepreneur en maçonnerie de Triou, hameau de la commune de Mougon, René Gaillard, qui a vu le jour le 1er octobre 1892, après avoir fréquenté l'école primaire communale d'où il sort en 1904 avec son certificat d'études primaires, suit les cours du cours complémentaire de Thouars car ses parents l'ont confié aux soins de ses oncle et tante Brouillac, puis ceux de l'école primaire supérieure de Redon, ville où sa mère s'est installée après le départ du père aux Etats-Unis. Suivant l'exemple de sa sœur aînée, il obtient son brevet élémentaire et réussit le concours d'entrée à l'école normale d'instituteurs de Vannes en 1908. Instituteur à La Trinité Porhoet (1911-1912), puis à Guéméné/Scorff (1912-1913), il est incorporé au 6e régiment du Génie stationné à Angers. Il se retrouve en Champagne en décembre 1914, est promu caporal puis sergent, reçoit deux citations pour actes de bravoure, la croix de guerre et la médaille militaire. Blessé à plusieurs reprises, hospitalisé une première fois à Châteauroux et une deuxième à Niort, il retrouve le front. Peut-être démobilisé en 1916, il demande à entrer dans l'aviation et reçoit une formation de pilote successivement au Crotoy, à Avord et Pau à la suite de laquelle il rejoint le groupe de commandement 12, la fameuse escadrille des cigognes en Flandre. Il décède à l'hôpital de Dunkerque le 5 octobre 1917 à la suite d'une collision de son appareil avec un aéroplane anglais, laissant le souvenir d'un entraîneur d'hommes en dépit de sa brève existence.

    Auteur : La Nouvelle République 28 août 2014

    Au centre, René Gaillard posant devant son avion (escadrille des Cigognes) en juillet 1917, soit peu de temps avant sa mort.

    On connaît René Gaillard, l’ancien maire de Niort. Mais que sait-on de son homonyme deux-sévrien, héros de la Première Guerre, mort à seulement 25 ans ?

    Evoquez le nom de René Gaillard à un Deux-Sévrien et c'est à l'ancien maire de Niort, député et questeur à l'Assemblée nationale, qu'il songera immédiatement. Pourtant, un autre René Gaillard l'a précédé dans l'histoire. Un homonyme quasi inconnu que l'atelier de généalogie de Beaussais-Vitré a souhaité sortir de l'oubli.

    Avec son compatriote Philippe Boinier, maire de Mougon, Pierre Magnan a effectué des recherches pendant plusieurs mois pour tenter de reconstituer la courte vie de cet enfant du pays.

    " La guerre le surprend "

    René Gaillard est né à Triou de Mougon le 1er octobre 1892 et a fréquenté l'école primaire de la commune. « On le retrouve plus tard à l'EPS de Redon (Ille-et-Vilaine), où sa mère est gérante d'un magasin Docks de l'Ouest », raconte Pierre Magnan. « Il réussit le concours d'entrée à l'Ecole normale de Vannes (Morbihan), promotion 1908-1911. Outre les études générales, on consacre, dans le cadre de l'éducation physique et sportive, un temps important à la marche et au tir au fusil. » A sa sortie, René Gaillard enseigne dans le Morbihan jusqu'à son départ au service militaire, en octobre 1913. « Il est incorporé au 6ème Génie d'Angers. C'est là que la guerre le surprend : d'abord comme soldat, puis comme caporal, et enfin comme sergent, on le retrouve sur le front de Champagne. »

    En février 1915, le Deux-Sévrien est grièvement blessé. « Il a reçu deux citations, l'une à l'ordre de la division, l'autre à l'ordre de l'armée. Il obtient pour cela d'abord la croix de guerre avec palme, puis la médaille militaire. » Début 1917, il a l'opportunité d'assouvir sa passion de l'aviation en devenant élève-pilote dans plusieurs écoles. « Breveté pilote, il intègre la fameuse escadrille des Cigognes, chère au héros Guynemer. »

    Collision avec un avion anglais

    Le drame survient cette même année : « Lors d'un vol au-dessus des Flandres, René Gaillard entre en collision avec un avion anglais et son SPAD tombe au sol. Il meurt de ses blessures à l'hôpital de Dunkerque le 5 octobre 1917. » Le jeune sergent a alors tout juste 25 ans.

    Trois mois après sa mort au champ d'honneur, naît un autre petit René Gaillard, qui marquera beaucoup plus la mémoire locale. « Son prénom n'avait probablement pas été choisi au hasard, note notre lecteur. Ces deux René Gaillard étaient de fait cousins germains : leurs pères, Emile pour le futur député-maire, Alcide pour l'instituteur-aviateur, étaient frères et tous deux de Triou. »

    L'aviateur Normalien repose aujourd'hui dans le petit cimetière familial, situé à la sortie de Triou. Son nom figure sur deux monuments aux morts, à Mougon et Saivres. Le 11 octobre prochain, à l'occasion de l'hommage rendu aux aviateurs deux-sévriens morts pendant la Première Guerre dans le cadre des Journées régionales de la généalogie à Niort (Noron), les visiteurs auront l'occasion d'en apprendre un peu plus sur ce héros méconnu.

  • en janvierPrésentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF)
  • en févrierPrésentation des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.
    • Rapport de monsieur le Directeur des Archives départementales :

      Monsieur Quernez fait le bilan des actions menées au cours de l'année 1912 après avoir rappelé que certains documents victimes de moisissures ont dû subir un traitement qui a empêché les lecteurs de les consulter. Le service a participé aux Journées du Patrimoine, monté l'exposition sur la Correspondance, publié deux catalogues tandis qu'était entreprise une sélection de documents à éliminer ou à conserver. Les travaux de numérisation qui ont été réduits à cause des frais entraînés par le traitement des documents contaminés vont reprendre cette année (Cahiers de doléances) et l'exposition sur le Néolithique présentée au musée de Bougon sera remontée aux Archives.

    • Bilan des opérations réalisées en 2012 par le service des Antiquités et Objets d'art :

      76 objets dont 5 appartenant à des propriétaires privés ont été répertoriés pour être protégés, à savoir: 19 statues en bois polychrome, 25 huiles sur toile, 12 sculptures, 2 pièces d'orfèvrerie, 8 retables, 4 meubles 1 cloche et 4 motos. Cette année l'accent va être mis sur la sécurisation des objets protégés tandis que l'exposition sur les cabinets de curiosités sera visible sur le site Internet du conseil général et l'on va commencer à préparer la commémoration de la Grande Guerre avec la DRAC.

  • en mars par Daniel Bourdu et Guillaume PorcheLe marais de Bessines, un marais communale convoité sous le 1er Empire. Vivre en marais mouillé, sur les bords de la Sèvre niortaise au début du XXème siècle.
    • Le marais de Bessines, un marais communal convoité sous le 1er Empire.

      Dès la fin du XVIIIe siècle se pose la question: doit-on dessécher les marais? Un projet échoue en 1787 puis est repris en 1800 par le préfet Dupin qui obtient par un décret du 7 messidor an XII, la formation d'un syndicat d'actionnaires (200 actions de 200 francs) mais cette initiative déclenche une levée de boucliers. Une pétition est lancée contestant la mise en vente des actions avant même qu'elle soit annoncée officiellement. Les premiers travaux sont sabotés, le juge Hubert aidé de son garde particulier pourchasse les contestataires mais Guibert, maire de Bessines, proteste en faisant valoir que les pauvres ne disposeront plus des prés. Allard de la Resnière publie un volumineux mémoire pour le soutenir en 1807. Le maire se rend à Fontainebleau présenter ses arguments tandis qu'Allard publie un second mémoire. Le 7 août 1808 Guibert peut défendre son marais devant l'Empereur de passage à Niort. Celui-ci confirme que le marais sera desséché mais aux frais de l'état et on creuse le canal Napoléon. Cependant des conflits persistent entre les habitants de Bessines et de Saint-Liguaire dans la mesure où le marais est propriété commune. Mémoires et procès coûtent cher d'où la nécessité de vendre pour un bon prix un peu plus de 93 hectares de marais en 1813. Aujourd'hui une partie du marais reste inondable et l'on reconnaît son utilité tant hydraulique, qu'environnementale et sociale.

    • Vivre au début du XXe siècle de l'agriculture en marais mouillé.

      A partir des comptes tenus par les époux Braud-Chessé puis par la famille Pailler qui leur succède dans la cabane de la conche Bergère, monsieur Bourdu fait revivre une exploitation agricole maraichine qui tire ses ressources principalement de l'élevage laitier et de l'exploitation du bois auxquels s'ajoute la production d'un petit vignoble sur le flanc des coteaux. Les agendas tenus de 1932 à 1934 et quelques autres documents permettent de constater les modifications qui se produisent dans le mode de consommation avec les catalogues, la publicité, l'accès au cinéma, etc. Cependant, la vie sociale et agricole ne change pas fondamentalement avant les années 1970.

  • en avril par Céline Trézéguet – Claudine AllagTombes du cimetière de Saint-André : Aperçus de la vie d’une paroisse (XVIIème-XVIIIème siècles).

    Des travaux d'aménagement urbain ont permis de mettre au jour un grand collecteur d'eau de la fin du XIXe siècle et un collecteur secondaire plus ancien au carrefour des rues Victor Hugo et Mathurin Berthomé. Servant à recouvrir le second, six pierres tombales ont été découvertes plus deux autres un peu plus à l'ouest provenant de l'ancien cimetière proche de l'église Saint-André.

    L'étude des inscriptions figurant sur ces pierres a permis de reconstituer la vie du quartier Saint-André.

    Sur la première figurent les noms de Catherine Barbault, de Pierre Mornay, marchand et de Marie-Anne Mauduit épouse du chamoiseur Philippe Chameau. Sur la deuxième, le nom de Jacques Desrais, maître faiseur d'escarde (qui fabriquait des peignes à carder). Sur la troisième les noms de Jacques Daniel, fils d'un notaire limousin venu s'installer comme marchand à Niort et de Marie Main, veuve de Jacques Desrais. Sur la quatrième les noms de Jacques Gautron, farinier et de Marie Gautron, femme de André Martin, journalier. Sur la cinquième, les noms de André Bachand et Daniel Bachand, boulangers. Sur la sixième, les noms de Pierre Boutet, penade (peut-être débardeur au port) devenu faiseur de voiles et de Marie Desgrier son épouse.

    Quant aux deux autres tombes, ce sont celle de Catherine de Savignac appartenant à une famille de petite noblesse d'origine protestante dont plusieurs descendants connaîtront une certaine notoriété dans le domaine artistique et celle de Louis Brelay, fille d'un maître apothicaire de Champdeniers et veuve du docteur en médecine Philippe Charbonneau né à Beauvoir.

    L'étude de ces inscriptions a donc permis une immersion dans la vie économique et sociale d'un quartier où coexistent artisans du textile et du cuir et travailleurs et marchands liés à l'activité du port mais aussi représentants des métiers de bouche et des professions libérales.

    A la suite de cette communication, monsieur Marc Proust, ancien conservateur des cimetières de Niort, a apporté des précisions sur l'emplacement des anciens cimetières et la création de nouveaux au XIXe siècle.

    Auteur : La Nouvelle République 21 avril 2013

    Eté 2011. Parès la découverte de six premières pierres tombales rue Victor-Hugo, deux autres sont mises au jour. Le début de l'enigme.
    Céline Trézéguet, archéologue municipale a mené cette longue enquête avec Claudine Allag. « Si vous avez envie d'écrire un roman, il y a matière. »

    Les archéologues ont réussi à faire parler les pierres tombales mises au jour lors des travaux du centre-ville, au terme d’une véritable enquête policière.

    Stupéfaction, cet après-midi du 17 mai 2011 : rue Victor-Hugo, les dents des pelleteuses mécaniques, lors des travaux de refonte du centre-ville, mordent dans un couvercle de sarcophage. Une pierre tombale, puis deux... puis six, des XVIIème et XVIIIème siècle. Deux autres sont découvertes quatre mois plus tard.

    Énigme. Les archéologues lancent leur enquête. Et c'est le résultat de ce long travail d'investigation que Céline Trézéguet et Claudine Allag, ont livré cette semaine lors d'une conférence de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres. « Si vous avez envie d'écrire un roman, il y a matière », sourit Céline Trézéguet.

    " Les historiens sont toujours très indicrets : quand on trouve le nom de quelqu'un on va fouiller. "

    Comme dans tout bon roman policier, le seul indice est un message dont il manque une bonne partie des mots : les inscriptions à demi effacées sur les pierres. Un document a tout de même permis de savoir ce que ces monuments funéraires faisaient là : il a été une époque où on s'est servi des tombes de la paroisse Saint-André pour couvrir les égouts !

    Au terme d'un véritable jeu de piste, Céline Trézéguet et Claudine Allag ont remonté le fil de l'histoire personnelle de chacun des défunts. « Les historiens sont toujours très indiscrets : quand on trouve le nom de quelqu'un, on va fouiller. »

    Muet comme une tombe, dit-on. Mais les registres paroissiaux, les actes de naissance, les actes de mariages, s'avèrent très bavards pour qui sait les faire parler. Et le microcosme des défunts identifiés, s'avère au final un reflet très précis, en modèle réduit, de la société niortaise de l'époque.

    Une colline Saint-André grouillante de monde.

    On trouve là un fabriquant de voile – le port de Niort procurait alors beaucoup d'emplois ,les navires de haute mer s'arrêtant à Marans et des gabares prenant le relais – des gens travaillant dans le textile ou la chamoiserie, une famille de petite noblesse d'origine protestante, tous vivant sur une colline Saint-André qu'il faut imaginer grouillante de monde, rappelle Claudine Allag : « Beaucoup de gens travaillaient devant leur porte, dans la promiscuité et toute une vie de quartier intense. »

    Déjà une femme cougar !

    Les Niortais d'alors sont bien moins conformistes qu'on le croirait. Ainsi, ce jeune homme de 24 ans qui se marie avec une femme de onze plus âgée. Réprobation de la famille. Cette femme cougar avant l'heure, aura un petit-neveu, le fameux Thomas-Jean Main, à l'origine de la révolution industrielle qui porta la chamoiserie niortaise à son âge d'or : « Une belle revanche sur le mépris dont la famille de Marie Main a été l'objet au départ », note Claudine Allag.

    Autre idée battue en brèche : malgré une espérance de vie réduite, on comptait tout de même des centenaires sur la colline Saint-André. On a même retrouvé la trace d'un homme remarié à 99 ans et mort dix-huit mois plus tard.

  • visite pérégrine par Patrick BrangerPromenade géologique à Niort.

    Auteur en 2012 d'un livret consacré à la géologie de l'agglomération niortaise, monsieur Branger commence par faire découvrir cette géologie caractérisée surtout par la présence de calcaires au nord et de marnes et d'argiles au sud. Trois roches sont utilisables dans la construction :

    • La pierre rousse, calcaire gréseux extrait en particulier de la carrière rue d'Antes qui, non gélive, peut être utilisée pour la base des murs des immeubles, les quais et les ponts de la Sèvre ou pour les marches des escaliers.
    • Le calcaire à pavés, très fin et très dur, extrait des carrières de la vallée du Lambon ou du vallon d'Arty.
    • La pierre de Souché assez gélive, parfois salpêtreuse, extraite des carrières du Bas-Sablonnier ou des Chizelles notamment qui sert à édifier les murs des maisons.

    Dans une seconde partie de son exposé, monsieur Branger illustre à l'aide de nombreuses vues l'utilisation faite de ces différents matériaux dans les constructions niortaises et celle des matériaux provenant de régions françaises, Vienne, Bretagne ou Normandie et de pays étrangers, Espagne, Italie, Belgique et Norvège.

  • en septembre par Jean-Michel ChasseriauxUn compagnon de Jean Fouquet : le peintre et enlumineur Paul Goybault.

    Monsieur Chassériaux s'attache d'abord à décrire les sources qui lui ont permis de retrouver la trace de l'artiste Paul Goybault qui, dans la seconde partie du XVe siècle, fut maître-école à Sainte-Croix de Parthenay. Disposant en raison de son état de revenus et de sa liberté d'action, Goybault se rend en Lorraine, en Provence, à Poitiers et à Châteaudun. C'est dans la chapelle du château de cette ville qu'il peint une fresque appelée "le Jugement dernier" mais qui semble plutôt une glorification de l'action divine. Cette fresque, restaurée à deux reprises, témoigne de l'influence de peintres flamands, Hubert Van Eyck en particulier, dont Goibault a pu admirer les œuvres au cours de ses voyages. Quant au portrait du connétable Arthur de Richemont, seigneur de Parthenay, qui figure dans la collection Gaignières, qu'on a cru longtemps l'œuvre de Jean Fouquet, il est tenté de l'attribuer à Goybault en raison de sa facture. Il pense de même que de son travail d'enlumineur proviennent probablement quatre miniatures des "Heures à l'usage de Rome".

    En conclusion, monsieur Chassériaux s'interroge sur la possibilité d'attribuer au peintre qu'il s'efforce de mieux connaître des œuvres qui pourraient exister, en particulier en Gâtine. De longues recherches restent à mener.

  • en octobre par Alexandre Paléologue Art nouveau en Poitou-Charentes.

    Le conférencier présente d'abord le mouvement artistique qu'on appelle "Art nouveau" comme une réaction aux canons en vigueur à la fin du XIXe siècle et voit dans la révolution industrielle le terreau qui a favorisé sa naissance et son expansion. Aux formes géométriques, il oppose les courbes et volutes inspirées de la nature, influencé en cela par la découverte de l'art japonais.

    Ce mouvement particulièrement présent à Nancy avec Gallé et Marjorelle est caractérisé par sa courte existence (1898-1910), par sa présence dans la majeure partie de l'Europe et par sa dimension politico-sociale fréquemment inaboutie. Sa diffusion est permise par les moyens de communication plus rapides et plus nombreux et par la publication de revues et de catalogues.

    Monsieur Paléologue s'attache ensuite à recenser les principaux témoignages d'Art nouveau en Poitou-Charentes (24 en Deux-Sèvres) en insistant sur trois points: les commanditaires sont essentiellement des bourgeois, industriels ou commerçants aisés (Goirand à Melle par exemple)), les édifices présentent toujours des éléments de plusieurs styles, les artistes locaux prolongent l'utilisation de l'Art nouveau jusqu'au début des années trente. A l'aide de nombreux exemples, il présente quelques œuvres d'architectes comme Edouard Bauhain (1860-1930) et Raymond Barbaud (1860-1927) à qui l'on doit des immeubles édifiés à Bressuire, Angoulème, Cognac mais aussi à Paris et Paul-Antoine Mongeaud (1850-1923) auteur des plans du Marché couvert et de la villa André à Coulonges sur l'Autize ou de la maison sise 30 rue de Ribray à Niort. Puis il donne à voir celles que réalisent des ingénieurs comme Lasseron à Niort, Bercier à Parthenay ou Colombet à Châtellerault. Enfin il signale les travaux d'entrepreneurs tels que Louis Ballet et Pierre Champeaux à Cognac notamment.

    Après avoir noté que deux architectes extérieurs à la Région seulement sont intervenus à Confolens et Vicq sur Gartempe, monsieur Paléologue termine son exposé en faisant découvrir à l'assistance la villa les Iris, sise avenue de Paris à Niort, riche en éléments décoratifs Art nouveau.

  • en novembre par Laurence Lamy Histoire des dépôts d'Etat transférables aux musées de Niort.

    Madame LAMY fait d'abord un bref historique de la gestion des musées en mettant l'accent sur la décision du 9 novembre 1792 chargeant Bernard d'Agesci de collecter les œuvres d'art du département provenant des établissements religieux et des domaines des émigrés, puis sur l'arrêté Chaptal de 1801 qui organise les musées de province et sur la création d'un musée à Niort par la Société de Statistique des Deux-Sèvres en 1840. Elle attire ensuite l'attention sur l'importance d'un rapport alarmant de la Cour des Comptes de 1992 qui débouche sur la création en 1997 de la Commission nationale de récolement des œuvres d'art et sur le vote de la loi du 4 janvier 2002 qui redéfinit le rôle et la position des musées, harmonise les statuts de ceux qui sont reconnus par l'Etat, améliore la protection des collections, intègre et approfondit la logique de décentralisation.

    Madame LAMY s'attache à étudier le cas des deux musées de France niortais, Bernard d'Agesci et le Donjon, qui sont amenés à procéder au récolement des œuvres qu'ils détiennent. Sont désormais considérées comme transférables aux collectivités locales les œuvres mises en dépôt par l'Etat avant le 7 octobre 1910. 50 œuvres sont éligibles: 1 peinture sur bois, 42 toiles, 4 statues en marbre, 2 plâtres et 1 pastel. 15 étaient gérées par le Service des Musées de France et 35 par le Centre national des arts plastiques (CNAP). L'arrêté ministériel pris après acceptation du transfert par la ville de Niort est en cours de publication au Journal officiel.

    Dans une dernière partie de son exposé, la conférencière présente visuellement les 50 œuvres en précisant leur origine et la date de leur dépôt:4 tableaux donnés en 1863 proviennent de la collection Campana, 8 autres sont gérés par le musée du Louvre, deux autres et un marbre par le musée d'Orsay et 35 œuvres par le CNAP.

    A noter que 16 autres œuvres auraient été transférables mais n'ont pu l'être soit parce qu'elles étaient absentes du site des musées lors des récolements de 1998 et 2011, soit parce qu'elles étaient réputées détruites ou déclarées volées. Une demande de dépôt à vie a été déposée pour celles qui ont déjà été ou pourraient être encore retrouvées

  • en décembre par Frédéric Dumerchat et Claude Ribouillault Les loups en Poitou-Charentes-Vendée: histoire et représentations culturelles

    Après une interprétation de la complainte sur la bête d'Orléans par monsieur Ribouillault, monsieur Dumerchat retrace l'histoire des loups dans la région. Si les témoignages de leur présence au cours de la Préhistoire et de l'Antiquité sont rares, ils deviennent plus nombreux au Moyen-âge (Grégoire de Tours, Le roman de Renard...) et surtout à partir du XVIe siècle. La présence de loups anthropophages est avérée et l'animal diabolisé par l'Eglise fait à partir du début du XIXe l'objet d'une chasse, y compris à courre, qui le décime, favorisée par l'octroi de primes. Les derniers repérés en Poitou l'ont été dans les années trente. Totalement disparu en France, l'animal y fait son retour en 1992 dans le Mercantour et l'on estime aujourd'hui le nombre à 250, ce qui ne va pas sans poser de problèmes avec les activités pastorales.

    Monsieur Ribouillault, après avoir interprété un deuxième air traditionnel, montre à l'aide de multiple exemples la présence du loup dans de nombreux domaines de la langue qu'il s'agisse de la toponymie (Gratteloup...), de la botanique (gueule de loup), de la faune (loup-cervier, lucane, loup...) ou du vocabulaire utilitaire (un loup, une loupiote, une tête de loup...) etc. Nombre de locutions font aussi référence à la bête (entre chien et loup, voir le loup, crier au loup...). Il rappelle aussi que des contes font intervenir le loup tel que le Petit Chaperon rouge tandis que monsieur Dumerchat fait remarquer que si le loup garou n'apparaît pas dans les récits locaux, les meneurs de loups sont par contre souvent mentionnés dans la Vienne notamment. La communication s'achève par l'exécution d'une troisième chanson évoquant le loup.

  • en janvierPrésentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC).
  • en févrierPrésentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.
  • en marsFolkloristes et sorcellerie dans les Deux-Sèvres. Léo Desaivre, Henri Gelin et Baptiste Souché.
  • en avril par Mesdames Dubuc et Trezeguet Archives de la terre et archéologie de l’homme : strates du passé niortais : 1. Archives de la terre : traces de corps et d’activités d’organisme disparus (fossiles Présentation du fonds Coirier. 2. Archéologie de l’homme : traces matérielles de l’homme dans la ville. 3. Histoire des hommes : la chamoiserie.

    Madame TREZEGUET, archéologue, fait le bilan des fouilles menées dans le centre de la ville de Niort et s'efforce de montrer à l'aide de quelques photos, comment les découvertes faites sur le terrain et les documents conservés aux archives municipales et départementales se complètent: la documentation écrite, notamment les délibérations du conseil municipal, permet de mieux comprendre le réemploi de pierres tombales rue Victor Hugo, la présence d'une structure maçonnée place des halles (citerne ou fontaine publique construite en 1805) et celle de vestiges de l'enceinte et de l'intérieur du château (maison du Gouverneur et abattoir).

    Madame Dubuc, archiviste, présente à l'aide d'un montage audiovisuel l'œuvre importante autant que diverse de Bernard Coirier dont les archives ont été déposées aux archives municipales. Natif de Lesson, agrégé de Sciences de la terre et Sciences biologiques, Bernard Coirier (1930-2006) s'est intéressé à la biologie, la paléontologie, la spéléologie, l'hydrogéologie, la géologie et à la botanique de la région. Chercheur infatigable, expert fréquemment consulté par les autorités administratives ou universitaires, il réunit d'importantes collections de fossiles, de roches et de plantes et laisse une abondante documentation écrite et figurée qui témoigne du large éventail de ses compétences et constitue un riche inventaire des ressources naturelles régionales.

  • en maiLouis Tardy (1875-1961) Père du Crédit Agricole
  • Visite pérégrine à Melle.
  • en juinLa châtellenie de Bressuire dans la seconde moitié du XVe siècle vue au travers des registres judiciaires du chartrier de Saint-Loup.
  • en septembre par Philippe Ridoubard Construire la généalogie de sa maison : méthodologie et étude de cas.

    Monsieur Ridouard propose une méthodologie à ceux qui souhaitent faire l'historique d'une maison. Il commence par présenter trois demeures dont la sienne et à l'aide de ces exemples expose la démarche qu'il a suivie. Il énumère d'abord les sources qu'il faut consulter, à savoir:

    • Le bureau des hypothèques qui peut délivrer des copies ou extraits de documents du vingtième siècle;
    • Les archives départementales où sont consultables le cadastre napoléonien, les archives notariales (série 3E), les documents relatifs à la vente des biens nationaux (série 3Q), les déclarations de successions après décès (série 3Q20), les achats-ventes avec noms des vendeurs et acquéreurs pour le dix-huitième siècle, les jugements du tribunal civil (série 3Q18) et les journaux locaux, Mémorial des Deux-Sèvres et Revue de l'Ouest.
    • La médiathèque de Niort qui détient la collection Bouneault riche de nombreux relevés et croquis.
    • La DRAC où le service de l'inventaire peut fournir des photos de bâtiments.
    • Les foires aux vieux papiers où l'on peut trouver en particulier des actes notariés.

    Il précise que les recherches peuvent être longues et parfois infructueuses mais que la chance peut aussi sourire à celui qui s'obstine et fait preuve de curiosité.

    Monsieur Ridouard consacre la deuxième partie de son exposé à montrer comment on peut mettre en valeur le résultat de ses recherches en rédigeant une brochure enrichie de photos, de plans et même de biographies de personnages ayant occupé la maison. On aborde ainsi la généalogie et l'histoire économique, sociale et politique d'un lieu.

  • en octobre par Patrick Chatelin Le centenaire de la société melloise d’habitation à loyer modéré, 1912-2012

    Monsieur Chatelin commence par rappeler les origines de la création des sociétés d'habitations à bon marché (HBM). Il met en évidence le rôle de personnalités comme le docteur Villermé et l'économiste Blanqui qui, au milieu du dix-neuvième siècle, décrivent les conditions de logement épouvantables de la population ouvrière. Leurs travaux aboutissent au vote de quelques lois sociales et à la création, à l'initiative de De Melun, de commissions chargées d'étudier la question du logement social.

    De leur côté, certains industriels tels Koechlin, Dollfus et Godin se préoccupent de s'attacher leurs ouvriers en leur construisant des logements décents tandis qu'au Havre, Jules Siegfried crée une société pour favoriser l'accession à la propriété. En 1889 un congrès des HBM rassemble 12 sociétés. Les lois Siegfried (1894), Ribot (1908) et Bonnevay (1912) facilitent la création de nouvelles sociétés.

    Monsieur Chatelin consacre la deuxième partie de son exposé à la société melloise d'habitations à loyer modéré créée le 25 mars 1912 à l'initiative de Léopold Goirand. Elle dispose d'un capital de 30 000 francs réparti en 120 actions de 250 francs. La première opération consiste à acheter et réaménager un ancien hôtel et, après la Grande Guerre, alors que Chapuis succède à Goirand à la présidence, la société rachète et adapte des baraques en bois de l'armée américaine. Puis on construit de petits logements destinés pour la plupart au personnel de l'usine de Melle qui souscrit largement aux augmentations de capital. Après 1945, les besoins croissant, un nouveau programme de construction est lancé, notamment au Simplot, alors que Gazeau accède à la présidence et que la durée de la société est prorogée jusqu'en 2046.

    Vers 1965, la société obtient de pouvoir étendre son rayon d'action à la moitié sud du département et commence à intervenir dans plusieurs chefs-lieux de canton. Pour répondre aux nouveaux besoins, le personnel s'accroît sous l'autorité d'un directeur et, en 1996, le Crédit immobilier devient l'actionnaire principal. Alors que, depuis quelques années, les pouvoirs publics poussent à une concentration des sociétés HLM, celle de Melle résiste en mettant en avant la qualité des rapports qui existent au sein d'une petite structure.

  • en novembre par Stéphanie Tézière Chantiers et projets des architectes Le Sauter à Niort, dans le contexte des Trente Glorieuses.

    Après avoir indiqué comment elle a été amenée à découvrir et explorer l'important fonds Le Sauter déposé aux archives départementales des Deux-Sèvres, madame Tézière présente les deux frères Léon (1908-1977) et Roland (1912-1966) Le Sauter, architectes issus d'une famille parisienne, formés à l'école nationale supérieure des Beaux-arts et diplômés des hautes études d'architecture de la société des architectes DPLG.

    Ils ouvrent leurs cabinets en 1942, Léon s'installant à Niort pour des raisons familiales et Roland restant à Paris. Les deux frères travaillent cependant en étroite collaboration jusqu'au décès de Roland, Léon engageant alors tous les collaborateurs de son frère et les faisant travailler jusqu'à sa retraite en 1975.

    Participant avec succès à plusieurs concours d'Etat, ils jouissent rapidement d'une grande réputation, intervenant dans la reconstruction de plusieurs villes sinistrées, notamment Cerizay. Soucieux de développer leurs conceptions architecturales inspirées parfois de Le Corbusier, ils s'attachent néanmoins à ne pas perdre de vue les impératifs du logement social de l'époque des trente Glorieuses marquée par le baby boom et l'exode rural.

    La conférencière consacre la seconde partie de son exposé à recenser les multiples réalisations des frères Le Sauter dans la ville de Niort, du monument de la Résistance, de la Cité technique et des maisons nouvelles à la reconstruction de l'hôtel Terminus où l'art déco tient encore une large place. Au cours des années suivantes les deux architectes vont s'attacher à mettre en œuvre leurs conceptions, avec l'utilisation de pilotis, de structures avec poutrelles permettant l'emploi du béton tout en se soumettant aux contraintes imposées. Aux lotissements où voisinent pavillons individuels et tours ou barres (Tours Chabot, Champclairot, Clou-Bouchet notamment) viennent s'ajouter de nombreux immeubles de grandes dimensions (Cité administrative, hôpital, piscine de Pré-Leroy, salle omnisports, entrepôt des tabacs, usine Boinot, caserne des pompiers, bureaux de la Sécurité sociale, de la DDE, de la MAIF, de la MACIF, de la Camif, etc). L'immeuble qui illustre le mieux les conceptions esthétiques des Le Sauter est probablement la salle omnisports de l'avenue de Limoges dont la façade est due au sculpteur Edgar Pillet.

    Madame Tézière conclut en insistant sur l'apport moderniste des frères Le Sauter dans l'urbanisme niortais, apport qui est en grande partie la clef de leur réussite.

  • en décembreJustice et séparations conjugales au XVIIIe siècle (Niort, Saint-Maixent, Thouars).
  • en janvierPrésentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC).

    -Archéologie ; -Monuments Historiques ; -Musée ; -Inventaire.
    Compte-rendu d'activité présenté par madame Anne-Marie COTTENCEAU, conservateur du patrimoine archéologique.
    Bilan des activités de l'année 2010.
    Archéologie programmée :
    11 opérations :
    Fouilles à Mauléon, Prissé la Charrière, Rom, Saint-Génard et Viennay.
    Projets collectifs de recherche : interface moustérien seuil du Poitou, faciès céramique et productions paléo métallurgiques (Melle).
    Prospection thématique : sidérurgie antique dans la cité des Pictons.
    Deux publications concernant Rom et le dolmen de Saint-Léger de Montbrun.
    Archéologie préventive :
    330 dossiers d'urbanisme ont été instruits, 27 faisant l'objet d'un diagnostic archéologique, soit 8%.
    Sur 8 fouilles préventives prévues, 5 ont été prescrites mais non réalisées à ce jour.
    Les 8 fouilles concernent les sites d'Epannes (fosses de l'âge du bronze renfermant des céramiques et des ossements), Niort (site de Bessac correspondant au Niort gallo-romain avec réoccupations médiévales et plus récentes), Aiffres (site couvrant 15 hectares avec occupations protohistoriques, antiques et médiévales), Faye sur Ardin (occupation médiévale) et Usseau (site gallo-romain).
    Prévisions de fouilles préventives au cours de 2011 :
    Thouars (église Saint-Médard), Coulon (site gaulois des grands Prés), Cerizay (site du parc de Gondromère), Niort (donjon) et Echiré (château du Coudray-Salbart).
    Des repérages ont été réalisés sur le parcours de la future LGV à Rom et Vanzais notamment.
    Une exposition des résultats des fouilles menées au parking du moulin du Milieu à Niort sera mise en place avec la collaboration de plusieurs partenaires dans le courant de l'année et ouverte au public en 2012.
    Service des Monuments historiques : madame COTTENCEAU transmet les informations suivantes :
    Bilan des activités de l'année 2010 :
    47 opérations ont été réalisées sur des monuments ou des espaces protégés pour un montant de 247 200 euros, notamment au château de La Roche-Faton à Lhoumois (toitures), au château de Mursay à Echiré (étude de consolidation), au château de Marie de La Tour d'Auverne à Thouars, au château du Coudray-Salbart à Echiré (tour de Boisbertier) et à l'ancien hôtel des abbesses de Sainte-Croix à Vasles (restauration des charpentes et couvertures).
    Programme de l'année 2011 :
    Poursuite des travaux à Thouars et au Coudray-Salbart, interventions au château de La Chapelle-Bertrand et à l'église de Vaussais.

  • en février Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.

    Bâtiments de France

    Monsieur l'architecte dresse le bilan des activités de ses services au cours de l'année 2010: 2500 avis ont été donnés, un seul édifice nouveau a été inscrit à l'inventaire, le château du Teil. Les grosses réparations ont fait l'objet de 20 opérations, les investissements de 15. Ont été particulièrement concernés les châteaux de Saint-Loup, de l'Herbaudière de Saivres, de la Villedieu de Comblé, de Saint-Mesmin, de Coulonges sur l'Autize, de l'Ebaupinay, l'abbatiale de Saint-Maixent l'Ecole, les églises de Mauléon et de Saint-Hilaire de Melle et une chapelle à Chiché, l'hôtel Tyndo de Thouars et un hôtel particulier, la Villa rose et la maison du Gouverneur à Niort, la tour des gardes à Parthenay, les halles de Coulonges sur l'Autize et la ZZPPAUP d'Argenton les Vallées. Plusieurs documents photographiques illustrent la présentation de ces travaux.

    Archives départementales

    Madame la directrice présente d'abord le bilan des activités de l'année 2010: collecte d'archives publiques auprès des services de l'Etat (Préfecture et direction de l'Equipement), fonds notarial de Brion et classement de fonds concernant le Marais poitevin et la collecte de fonds privés, notamment de celui de la chamoiserie Rousseau; elle donne quelques précisions sur le site Internet qui a connu une fréquentation soutenue avec la mise en ligne de l'Etat-civil jusqu'en 1902 et des recensements de 1811 à 1936 et rappelle les différentes actions menées auprès du public et des scolaires: conférences (Eaux et paysages le protestantisme en Deux-Sèvres et la Résistance en Deux-Sèvres), expositions (l'eau et la publicité en Deux-Sèvres) et publications (Imprimerie Chiron , Marie-Madeleine Davy, philosophe, les archives font leur publicité). Pour terminer elle précise la participation des Archives départementales aux journées du patrimoine avec conférences et ateliers découvertes.

    Madame la directrice présente ensuite les projets qui devraient être menés à bien en 2011: reprise des instruments de recherche, classement des séries U et M, celle-ci déjà commencée, numérisation des cahiers de doléances et mise en ligne d'une collection de 4 000 cartes postales et des registres matricules de militaires, deux conférences, une exposition, la réalisation d'un livret pédagogique sur l'affaire Dreyfus à travers la presse et un concours d'affiches réservé aux scolaires.

    Antiquités et objets d'art

    Mesdames Géli et Cavaillès, après avoir indiqué qu'une seule commission pour la protection des objets mobiliers avait concerné les ornements religieux, montrent à l'aide d'une série de photographies une grande partie des 73 pièces qui ont été protégées, précisant la matière employée, la symbolique des ornementations et la signification des couleurs et appellent chacun à veiller à la protection du patrimoine. Elles proposeront au cours de la présente année la protection de gros objets mobiliers, retables, pierres tombales, corbillards et d'une pompe à bras.

  • en mars par Jean-Louis Allain-Launay L’aventure d’une famille de colporteurs : Les Baille-Barrelle vers le Poitou.

    Originaire du Lauzet, hameau situé au pied du col du Lautaret, la famille Baille-Barrelle appartient à une population aux conditions de vie difficiles qui doit multiplier les activités pour survivre. Certains habitants ont l'habitude de quitter la localité pendant les mois d'hiver pour exercer divers métiers: ils sont instituteurs ou colporteurs notamment. Le colportage concerne trois domaines, le textile, les plantes et les livres. Proches du Piémont-Savoie, les natifs du Lauzet font aussi office de guides pour les voyageurs et commerçants qui veulent franchir la frontière et se livrent parfois à la contrebande.

    En 1786, Honoré Gendron crée au Monétier une filature de coton équipée de mule-jennys dans laquelle entre François Baille-Barrelle qui en 1793 épouse une fille de son patron. Le couple aura sept enfants. A la suite de difficultés, la filature cesse ses activités au début de la Restauration. François Baille-Barrelle se tourne alors vers le colportage des soieries et trouve en Poitou une clientèle dont le niveau de vie augmente. A la suite d'une première expédition profitable en 1816-18, il en organise d'autres, chacun de ses trois fils le secondant dès qu'il atteint ses vingt ans.

    L'aîné, François, devient le chef de famille après la mort du père en 1826. Tous les trois s'installent définitivement à Niort en 1834 et achètent un magasin. La baisse des prix consécutive à l'accroissement de la production favorise leur commerce jusqu'en 1873.

    Le plus jeune des trois fils, Louis, a épousé une demoiselle Ralet de Saumur: le couple a trois enfants dont deux participent à la guerre de 1870-71 au sein des Mobiles des Deux-Sèvres. Leurs études de droit terminées, ils secondent leur père au sein de la banque qu'il vient de créer et qui cessera d'exister en 1907.

    En-dehors de leur activité professionnelle, les deux aînés œuvrent dans le domaine économique et social, se livrant à un important bénévolat: Paul est, entre autres, ordonnateur de l'hôpital-hospice de Niort, administrateur de la Caisse d'épargne et président de la Société d’horticulture. Il meurt en 1920. Jules participe à la conférence Boncenne en 1880, est juge au tribunal de commerce qu'il préside à trois reprises et, conseiller municipal de 1888 à 1896, fait beaucoup pour la construction du lycée de jeunes filles. En 1900, il participe à la fondation de la Chambre de commerce dont il est le vice-président jusqu'à son décès en 1936. Il soutient aussi son frère Henri et son épouse Jeanne, présidente de la républicaine Union des femmes de France qui crée un hôpital militaire pendant la Grande Guerre. Il s'intéresse à l'administration de la bibliothèque municipale, préside l'association des anciens élèves du lycée Fontanes et appartient à la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, signant plusieurs articles et rédigeant en collaboration avec le professeur Le Bret un ouvrage consacré aux Mobiles du département. Ses multiples activités l'amènent à fréquenter les notables républicains niortais, Boinot, Clouzot, Largeau, Gélin en particulier.

  • en avril par Thierry Crépin-LeblondVisite pérégrine : Architecture et sculpture de la Renaissance.

    Une quarantaine de personnes ont participé à la sortie d'une journée. Monsieur Crépin-Leblond, conservateur du musée d'Ecouen et spécialiste de la Renaissance a bien voulu les faire profiter de son savoir. Contrairement aux tenants de la vision traditionnelle d'un art importé d'Italie à l'occasion des guerres menées par Charles VIII, Louis XII et François Ier, il estime qu'il existe une Renaissance française directement inspirée de l'Antiquité. Par une lecture très fine et très pédagogique de trois monuments deux-sévriens, la collégiale de Saint-Marc la Lande, la chapelle rompue de Fenioux et le château de Coulonges sur l'Autize, il met en évidence des témoignages de cette Renaissance, ténus dans le premier à la fin du XVe siècle, plus nombreux dans le deuxième à peine postérieur à 1500 et abondants dans le dernier construit en deux temps dans la première moitié du XVIe.

    Monsieur le maire de Coulonges a tenu à saluer les participants à cette journée particulièrement riche, tandis que le président de la SHSDS remerciait chaleureusement monsieur Crépin-Leblond et son épouse de leur brillante intervention.

  • en avril par Maurice Moinard Claude Durand, compagnon d'exil de Victor Hugo.

    Après avoir rappelé les origines foréziennes de Claude Durand, monsieur Moinard évoque avec force anecdotes la vie de ce personnage né le 26 décembre 1801 à Mauzé sur le Mignon. Après avoir fait un apprentissage de tonnelier, le jeune homme se tourne vers la production et la commercialisation de vin et, grâce à l'aisance financière dont il jouit, peut afficher ses convictions républicaines sans crainte.

    En 1842, il écrit, en hommage à son compatriote René Caillié, une chanson qui lui vaut une certaine célébrité locale; elle lui permet d'être élu conseiller municipal puis d'être nommé maire lors de la Révolution de 1848. Ses opinions montagnardes provoquent sa révocation par le préfet un mois plus tard et il échoue à se faire élire député sur la "liste ouvrière et sociale".

    Le Chant des Vignerons qu'il compose alors paraît suffisamment subversif aux autorités pour que quatre jeunes gens qui l'ont chanté dans les rues soient inculpés de même que Amy, le directeur de l'Œil du Peuple qui l’a reproduit dans son journal et l'auteur lui-même. Tous sont acquittés et la popularité de Claude Durand en est augmentée. A la suite du coup d'Etat du 2 décembre 1851, il est condamné à la déportation à Cayenne mais parvient pendant quatre mois à échapper aux recherches grâce à sa femme, en se dissimulant, dit-on, dans un cuveau de ses chais. Il peut ensuite gagner Jersey où, avec d'autres bannis, il accueille le 5 août 1852 Victor Hugo devant qui il interprète son Chant des Vignerons dont le grand proscrit salue la portée.

    Profitant de la loi d'amnistie, Claude Durand rentre à Mauzé en 1855 où il reste surveillé. Il continue à composer des vers dans lesquels il vante la science, le progrès et l'éducation et rédige à la mort de son épouse une longue épitaphe exprimant sa reconnaissance avant de composer la sienne propre. Il décède en 1896, toujours admirateur de Victor Hugo qui l'a précédé dans la tombe.

    Pour illustrer les propos du conférencier, monsieur Soulisse interprète le Chant des Vignerons mis en musique par André Pacher tandis que monsieur Guérin en donne une autre version transmise dans sa famille.

  • en juin par Alain Dalençon Un forçat ordinaire condamné par la cour d'assises des Deux-Sèvres en 1830, François Dallançon.

    Le conférencier précise d'abord comment il en est venu à s'intéresser à ce personnage : c'est après des recherches généalogiques sur sa famille et la consultation du matricule du bagne de Rochefort qu'il a pu retracer le parcours de François Dallançon, parcours qu'il resitue dans son époque et qui révèle bien des aspects de la mentalité des classes dirigeantes d'alors.

    Issu d'une famille paysanne de la région thouarsaise, François Dallançon naît à Bagneux en 1782, deuxième enfant du couple François Dallançon - Marie Blot. Orphelin de père à sept ans et de mère à seize, il entame une vie professionnelle difficile et instable, tour à tour teinturier, revendeur de peaux de laine et de peaux de lapin. On le trouve dans différentes localités des Deux-Sèvres et de Charente-Inférieure et vit en concubinage à une certaine époque à Drahé, près de Breloux. Il est au bas de l'échelle sociale, appartient par conséquent à la classe qui fournit le plus de délinquants aux yeux des notables.

    De fait, il est condamné en 1820 à cinq ans de réclusion qu'il accomplit à Fontevrault pour avoir volé dans un champ, à Clavé, quatre bœufs avec l'intention de les vendre au marché de Parthenay. Après avoir donné un faux nom, il finit par avouer.

    Libéré en 1825, il reprend sa vie de "petits boulots" et est arrêté en janvier 1830, accusé d'avoir participé à six vols en réunion, commis les deux années précédentes dans la région de Mauzé sur le Mignon. Enfermé au donjon de Niort, il tente de s'évader mais se casse les deux jambes ; sa tentative constitue aux yeux de la justice une forme d'aveu et comme il est récidiviste le verdict est sévère: les travaux forcés à perpétuité.

    Si l'on ignore précisément son sort au sein du bagne de Rochefort, on sait que les conditions d'existence y sont particulièrement difficiles et que la mortalité y est très forte. Rien d'étonnant donc à ce qu'il meure dès le 29 août 1832 à l'hôpital maritime de la ville.

  • en septembre par Louis Nerrière Naissance d’une mutuelle florissante, la Macif, dont le président-fondateur est Jacques Mathé.

    Le conférencier s'attache à définir, à partir des archives familiales, le rôle joué par Jacques Mathé dans la création et le développement d'une mutuelle niortaise, la MACIF.

    Né le 27 décembre 2011 à Niort, Jacques Mathé commence dans sa ville natale des études qu'il poursuit à l'école des Ponts et Chaussées. Il participe à la Résistance, effectue ensuite un stage d'un an aux Etats-Unis pour apprendre à piloter, appartient pendant deux ans à la base aérienne de Bordeaux mais quitte l'armée en 1848 pour reprendre la direction de l'entreprise familiale de vente de combustibles.

    En 1958, alors que l'assurance automobile est devenue obligatoire, il commence à réfléchir à la création d'une mutuelle ouverte aux membres de l'industrie et du commerce sur le modèle de la MAAIF et de la MAAF. L'année suivante, il rencontre Jacques Vandier et un partage des tâches s'effectue entre les deux hommes : tandis que le second étudie l'aspect technique, le premier prospecte afin de réunir les 500 premiers sociétaires. A la suite d'une réunion d'information tenue à l'hôtel de ville de Niort, le 13 juin 1959, avec l'appui financier de la MAAIF qui consent un prêt d'un million de francs garanti par la municipalité, la MACIF est fondée officiellement le 30 avril 1960. Treize administrateurs sont désignés et Jacques Mathé devient le président, Jacques Vandier étant directeur général.

    En 1964 un accord intervient entre la MACIF et la MAAF qui met son réseau national de bureaux à la disposition de sa cadette et en 1966 est abandonné le siège social provisoire sis au 101 rue de Goise au profit du nouveau installé au 224 avenue de La Rochelle.

    Le 30 avril 1970, la mutuelle peut fêter son dixième anniversaire. D'abord cordiaux, les rapports entre les deux hommes vont se tendre à partir de ce moment, le directeur général dénonçant les insuffisances du président ; une commission créée pour clarifier la situation ne parvient pas à apaiser les tensions qui s'intensifient en 1972 et le Conseil d'administration se divise. L'assemblée générale tenue à Lille le 10 avril 1973 est houleuse, des délégués ont le sentiment qu'ils expriment dans des courriers adressés à Jacques Mathé que son adversaire, qui a rallié à sa cause les syndicats, cherche à l'évincer par des moyens peu orthodoxes et, effectivement Jacques Mathé perd la présidence. Deux ans plus tard, il est révoqué du Conseil d'administration en même temps que David, et cesse d'être sociétaire.

    En 1976, il tente de mettre sur pied une nouvelle mutuelle, la FRAM, mais échoue en dépit de la qualité de son dossier.

    En conclusion, le conférencier qui a voulu montrer le rôle de Jacques Mathé dans la naissance de la MACIF, tient à souligner qu'elle fut le résultat d'une œuvre collective.

  • en octobre par Michel Montoux Sur les pas d’un auteur méconnu : Gabrielle Réval (1869-1938).

    Née à Viterbe (Italie) le 20 décembre 1869 d'un père officier, Gabrielle Logerot qui signera Gabrielle Réval, passe son enfance en Lorraine avant d'entrer en 1890 à l'Ecole normale supérieure de Sèvres. Nommée professeur au lycée de jeunes filles de Niort trois ans plus tard, elle n'y effectue qu'un court séjour et regagne la capitale en compagnie d'Emile Gaud de La Forterie dont elle a un fils en 1898 et qui décède en 1903. Peu après, elle se lie avec un diplomate argentin, Clemente José Paz avec qui elle fait construire la villa Mirasol au cap d'Ail. A nouveau seule après le décès de son compagnon, elle épouse en 1919, son filleul et lointain cousin Fernand Fleuret. Le couple connaît une existence parfois orageuse du fait d'un mari volage et fantasque qui doit être interné en 1938. Quelques semaines plus tard, Gabrielle Réval meurt à Lyon, chez son fils, le 15 octobre.

    En 1900, Gabrielle Réval publie un roman "Les Sévriennes" évoquant son passage à l'Ecole de Sèvres qui cause un certain scandale puis, l'année suivante, "Un Lycée de jeunes filles" inspiré par son séjour à Niort. Suivent de nombreux ouvrages témoignant de son intérêt pour l'enseignement (Lycéennes, L'Evadée, la Bachelière...) ou, plus légers, auxquels les régions et pays qu'elle visite servent de cadres (Les camp-volantes de la Riviera, L'Infante à la rose, La Fontaine des Amours, L'Enchantement du Portugal...) Si ces ouvrages ne connaissent pas le succès de ses premiers, les conférences qu'elle prononce et qui donnent parfois lieu à des publications sont très suivies que ce soit en France ou à l'étranger.

    Sa notoriété lui vaut d'appartenir à plusieurs jurys littéraires dont elle est souvent l'une des fondatrices, en particulier à ceux qui attribuent le prix Vie heureuse-Fémina, le prix George Sand et le prix des Vikings. Elle lui vaut aussi d'être élevée au grade de chevalier de la Légion d'honneur en 1927. Ses dernières années sont assombries par des soucis d'argent et de santé et par un certain désintérêt manifesté par les lecteurs. Si son style paraît aujourd'hui daté, ses premiers romans méritent qu'on les tire du semi-oubli dans lequel ils sont tombés.

  • en novembre par Jean-Marie Augustin Georges Vacher de Lapouge (1854-1936), un Poitevin aux origines du racisme et de l'eugénisme.

    Monsieur AUGUSTIN commence par donner une biographie rapide de son personnage: Né en 1854 à Neuville du Poitou, Vacher de Lapouge, après des études de droit, est nommé en 1879 substitut à Niort puis procureur dans diverses villes avant d'être révoqué. Il devient en 1886 sous-bibliothécaire à l'université de Montpellier où il jouit de la réputation d'être un brillant entomologiste, obtient de donner un cours libre d'anthropologie puis est nommé bibliothécaire en chef de l'université de Rennes en 1893 et, sept ans plus tard, de celle de Poitiers où il achève sa carrière en 1923.

    Vacher expose ses idées dans de nombreux articles et dans trois ouvrages publiés en 1896, 1899 et 1909. Il mêle l'anthropologie à la science politique pour déboucher sur un darwiniwme social qui le conduit à développer une théorie des races. En Europe, cadre de ses études, il distingue grâce à la craniologie deux grandes races, les dolichocéphales des régions nordiques ou Homoeuropaus et les brachycéphales de l'Europe alpine ou Homoalpinus. Le métissage de l'Homocontractus de l'Europe méridionale avec une quatrième race disparue aurait abouti à l'Homoalpinus.

    Alors que la sélection naturelle permet une amélioration des animaux, la société humaine s'est abâtardie par métissage, il faut donc procéder à une sélection qui permettrait de parvenir à une race pure de dolichocéphales grands, blonds, aux yeux bleus. C'est le sélectionnisme ou eugénisme.

    Antisémite, Vacher se distingue des nazis en ce qu'il ne considère pas les Juifs comme une race inférieure de sous-hommes mais comme un groupe aux pratiques solidaires qui tend à se comporter comme une race dangereuse.

    Les idées de Vacher de Lapouge sont rapidement combattues par la communauté scientifique française, mais elles rencontrent un grand succès aux Etats-Unis et surtout en Allemagne où elles sont reprises par Gunter, de l'université d'Iéna, qui veut développer un pannordisme étendu au monde entier et les nazis lui assurent une certaine gloire. Après 1945, elles sont abandonnées mais elles connaissent une résurgence plus ou moins insidieuse de nos jours.

  • en décembre par Pierre Arches Les chemins de fer dans les Deux-Sèvres, de la conquête aux abandons, 1856-1980.

    Après avoir énoncé les raisons pour lesquelles il s'est intéressé à la question des chemins de fer dans le département, monsieur ARCHES donne une bibliographie rapide avant d'annoncer le plan de son étude.

    Il rappelle que la construction du réseau en France résulte d'un compromis: l'Etat finance les infrastructures et concède la construction et l'exploitation à des compagnies qui disposent du monopole dans leur région.

    A l'aide d'une série de cartes, il retrace ensuite les étapes de l'établissement du réseau ferré dans le département en précisant les freins qui ont pu le retarder et les facteurs de sa consolidation: de 1856 à 1887 les lignes sont construites, la première étant celle qui relie Paris à Niort puis à La Rochelle via Poitiers. Rapidement plusieurs se révèlent déficitaires, en raison notamment de la concurrence des autocars de la société Brivin après la Grande Guerre. Le même problème se posant sur le plan national, le ministère Chautemps en 1937 procède à la création d'une société mixte dans laquelle l'Etat est majoritaire, la SNCF.

    Dès cette époque plusieurs lignes sont fermées ou menacées de fermeture mais la guerre stoppe le processus qui reprend après 1945: ainsi la ligne Niort-Fontenay est fermée en 1967 alors que la ligne Niort-Saintes est maintenue. En 1976, les menaces pesant sur les lignes qui desservent Parthenay, un Comité de défense du rail est créé, soutenu par de nombreuses municipalités et par le Conseil général. Son action est largement relayée par la presse mais elle ne peut empêcher la fermeture des lignes concernées en 1980, le département recevant en compensation cinq milliards de francs pour moderniser le réseau routier.

  • en janvier Présentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles (DRAC)

    -Archéologie ; -Monuments Historiques ; -Musée ; -Inventaire.
    Compte-rendu d'activité présenté par madame Anne-Marie Cottenceau, conservateur du patrimoine archéologique.
    Bilan de l'année 2009 :
    24 communes supplémentaires sont soumises au zonage, 300 dossiers d'urbanisme ont été instruits, 28 ont fait l'objet d'un arrêté de diagnostic archéologique, 5 fouilles ont été réalisées et 7 opérations ont été programmées.
    Les 5 fouilles ont été menées à La Crèche (bâtiments agricoles et habitations gallo-romains), Melle (vestiges carolingiens et médiévaux), Saint-Martin-lès-Melle (2 puits de mine fouillés jusqu'à -18 mètres), Echiré (vestiges du premier château du Coudray-Salbart) et Niort (Moulin du Milieu riche en mobiliers de diverses époques, rue de la Boule d'or et rue de Fontenay).
    Activités programmées en 2010 :
    Melle : poursuite des recherches sur la production des mines d'argent, Prissé-la Charrière (fouille du tumulus C de Péré), Saint-Léger de Montbrun (fouilles de Puyraveau), Saint-Génard (prieuré). A ces activités s'ajouteront des prospections concernant la métallurgie antique en Vienne et Deux-Sèvres et un projet de recherches sur la céramique.
    Madame Cottenceau communique le programme des travaux projetés par le service des monuments historiques après avoir rappelé que Parthenay est devenue secteur sauvegardé tandis que les villes de Melle, Niort, Thouars et Saint-Loup-Lamairé sont devenues ZPPAUP et que des réparations sur des bâtiments non-Etat ont été faites au château de Saint-Mesmin, au cloître de Saint-Jouin-de Marnes et aux remparts de Parthenay.
    Sont prévues des interventions au château de La Chapelle-Bertrand, au pigeonnier d'Exoudun, au château de Mursay, à Thouars, à l'abbaye d'Airvault, à l'église d'Allonne, à l'église Notre-Dame de Niort, à la porte Chalon et à l'abbatiale de Saint-Jouin de Marnes. Eventuellement d'autres pourraient concerner les sites d'Airvault, du Coudray-Salbart, de Saint-Médard de Thouars et de la casene Du Guesclin de Niort.

  • en février Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France (ABF), des Archives Départementales des Deux-Sèvres et des Antiquités et Objets d’art.

    Archives départementales : madame la directrice dresse le bilan de l'année 2009 : collecte de 400 ml d'archives publiques provenant en particulier des juridictions supprimées et des "anciens" services de l'Etat et classement du fonds des monuments historiques 9T15. Collecte de deux fonds privés importants, celui de la CAMIF et celui du CERDO et de documents divers. Par ailleurs ont été organisées deux expositions consacrées à "La justice en Deux-Sèvres" et à "La conquête de l'eau" qui ont donné lieu à des publications et deux conférences ayant pour sujets "Du gendarme au juge d'instruction" et "Moines et abbayes au Moyen-Age en Bas-Poitou" qui ont connu un succès certain. La numérisation des registres matricules militaires (1867-1936) a été réalisée et l'on a constaté une forte fréquentation du site internet. Enfin un dossier pédagogique sur "La Révolution en Deux-Sèvres" a fait l'objet d'une publication.

    Madame la directrice présente ensuite les objectifs fixés pour la présente année. Sont prévus le début de l'archivage électronique des fonds, des visites et inspections dans les chefs-lieux de cantons et communautés de communes, la mise en ligne de registres de l'état-civil qui ne l'avaient pas été dans un premier temps et des recensements de population, la préparation de deux conférences en mai et septembre (Eau et paysages et le protestantisme en Deux-Sèvres) et d'une exposition sur la publicité à l'automne et la confection d'un livret pédagogique consacré à l'affaire Dreyfus à travers la presse. Sont aussi programmées trois visites commentées de l'exposition sur l'eau et l'ouverture de l'exposition trois dimanches.

    Bâtiments de France : Monsieur l'architecte rappelle d'abord les changements intervenus dans l'organisation administrative de son service et dans ses missions, en précise l'importance et fait le bilan des actions menées en 2009 et de celles qui sont envisagées Aux quatre ZPPAUP existantes (Melle, Niort, Saint-Loup-Lamairé et Thouars) doivent s'en ajouter une dizaine d'autres dans les mois à venir. Des opérations de restauration de bâtiments privés ont été suivies dans tout le département comme en témoigne la projection des nombreuses photos commentées.

    Conservation des Antiquités et des Objets d'art : Madame Géli qui assure l'animation de ce service avec madame Cavaillès rappelle d'abord ses missions: recenser, documenter, protéger et surveiller les oeuvres d'art de toutes natures présentant une valeur historique, artistique ou scientifique et précise que 47% des objets protégés en Deux-Sèvres sont inscrits et 53% classés. Elle présente ensuite les 31 objets protégés en 2009 après la visite de 27 communes concernant patrimoine industriel, sculpture, peinture, mobilier, orfévrerie, lapidaire et objets de piété. Elle termine son exposé en regrettant la disparition et les conditions déplorables de conservation de nombreux objets et en annonçant le projet de former et sensibiliser élus et particuliers et de publier afin de mieux faire connaître le service.

  • en mars par Vincent Mannic Entre Tradition et modernité, les halles dites Baltard de Niort.

    Après avoir montré que l'édifice est remarquable tant par l'époque de sa construction que par ses dimensions et son emplacement au coeur de la ville, ce qui lui a valu d'être inscrit à l'Inventaire en 1987, monsieur MANNIC fait un bref rappel historique: l'édifice construit de 1867 à 1871 a succédé à une première halle construite sur la colline Saint-André, puis à une beaucoup plus vaste occupant l'actuelle rue Victor Hugo et enfin à une troisième édifiée sous le premier Empire à l'emplacement de la rue Brisson. Cette dernière se révèle rapidement trop petite et insalubre mais il faut attendre le Second Empire pour que le maire Monnet décide de faire construire un nouveau bâtiment mieux adapté à l'importance des marchés et plus salubre. Le choix d'un emplacement fait débat entre partisans d'une construction rue Victor Hugo et ceux d'un édifice proche du Donjon. Ces derniers l'emportent, l'emplacement bénéficiant de sa position centrale au carrefour des quatre paroisses et d'un accès facile par les rues et le port; en outre la proximité des chamoiseries induit de nombreux passages. 27 projets sont déposés, 8 sont présélectionnés et c'est celui de l'architecte municipal Durand, ingénieur de formation, qui est retenu. Son projet consiste à édifier des halles à deux niveaux: un soubassement nécessairement en pierre vu l'instabilité du terrain, surmonté d'une structure métallique s'inspirant largement des halles de Baltard récemment construites à Paris. Ce choix permet d'envisager un édifice de grandes dimensions (2 000m2), les piliers en fonte permettant un gain de place par rapport à des colonnes en pierre et la charpente métallique offrant la possibilité d'une plus grande portée qu'une charpente en bois traditionnelle. De plus les structures métalliques sont plus rapidement installées.

    Quatre entreprises réalisent les travaux: Aubert frères qui construit la partie basse, Bataille et Périsse qui se chargent de la partie haute et confient la fabrication des piliers à deux fondeurs dont le niortais Guérin. La ville doit emprunter pour financer une dépense qui s'élève finalement à 456 000 francs.

    L'édifice conjugue deux styles, plutôt classique pour le soubassement et résolument moderne pour la partie haute. Il se divise en trois parties: près de la Sèvre la halle aux blés sur laquelle il n'y a pas de partie haute et qui peut donc être soutenue par des piliers en fonte avec des voûtes en brique, puis le secteur des étals au-dessus des réserves et une rangée de boutiques le long de la rue Brisson. Quatre escaliers permettent la communication entre les deux niveaux. Le haut corps central est flanqué de deux bas-côtés 80. colonnes supportent la charpente, les espaces intermédiaires étant réalisés en brique avec ouvertures au-dessus, toujours dans le souci d'obtenir le maximum de place. La cohésion de la charpente est assurée par des sortes de gros câbles.

    L'architecte se préoccupe de l'hygiène: l'approvisionnement en eau est assuré par un ensemble de bornes-fontaines dont la plus importante est au centre de l'édifice: les étals des poissonniers et des bouchers sont prévus dans la partie centrale. L'écoulement des eaux usées s'effectue sur un sol asphalté légèrement en pente tandis que les eaux de pluie s'évacuent par les colonnes creuses. La ventilation est assurée par des ouvertures zénithales et des persiennes.

    Durand se soucie aussi de la décoration: le verre donne un bel effet de miroir, le mariage de la brique, de la pierre et du bleu des piliers évite la monotonie, les piliers sont surmontés de chapiteaux, l'entourage est fait de balustrades ajourées. La façade côté ville est agrémentée d'un fronton triangulaire: l'horloge est encadrée par Hermès, symbolisant le commerce et Cérès, déesse de l'agriculture et surmontée par les armes de la ville. Enfin un escalier monumental permet l'accès à l'ensemble.

    Les maraîchers installés à l'extérieur se plaignant d'être victimes des intempéries, la municipalité finit par faire ajouter de chaque côté du bâtiment initial deux marquises en 1927.

    Telles qu'elles se présentent aujourd'hui, les halles de Niort sont l'une des rares halles de type Baltard de la fin du Second Empire encore préservées.

  • en avril par Guy Fourré Les ascendants et descendants du vice-roi de la Plata, Jacques de Liniers (1753-1810).

    Une importante cérémonie destinée à commémorer le bi-centenaire de la mort de Jacques de Liniers, niortais devenu vice-roi de la Plata, réunira historiens et membres de la famille à la fin du mois d'août prochain. Guy FOURRE, pour sa part, s'attache à dresser le tableau des ascendants et des nombreux descendants de l'illustre serviteur de la monarchie espagnole, né le 25 juillet 1753 et fusillé à Buenos-Ayres le 26 août 1810.

    Il retrace d'abord, à l'aide de tableaux généalogiques, l'ascendance de Jacques de Liniers dont la famille tire son nom du fief de Liniers dans l'actuelle commune de Moutiers sous Argenton, famille dont une branche s'installe dès le XIVe siècle au château de Saint-Pompain. Le grand-père, écuyer, seigneur de Saint-Pompain devenu veuf, se remarie avec Marie Avice. Leur fils, Jean-Joseph, né en 1723, épouse en 1748 Marie-Thérèse de Brémond qui lui donne neuf enfants. D'abord installé dans l'hôtel particulier qu'il fait construire à Niort, Jean-Joseph devenu veuf et dont la fortune a considérablement diminué, achève sa vie dans son domaine du Grand-Breuil, non loin de Mauzé sur le Mignon. Si son fils aîné après avoir fréquenté Versailles se lance, alors qu'il est émigré, dans des entreprises peu fructueuses, le cadet, Jacques, connaît une carrière prestigieuse avant de périr tragiquement.

    Le conférencier dresse ensuite le tableau de la descendance qu'il illustre de nombreuses photos et agrémente de quelques piquantes anecdotes. D'un premier mariage, Jacques de Liniers a deux enfants; d'un second, il en a sept autres. Trois seulement auront une postérité: Maria del Carmen, née en 1792, à l'origine de la branche argentine, forte aujourd'hui de 1 500 personnes; Joseph, né en 1798, marié en 1823 à Olympe de Pont-Jarno, ancêtre de la branche française qui compte 2 500 membres, dont un millier vivent aujourd'hui au Canada; Maria Thérésa Muguero qui est à l'origine de la branche espagnole forte de 500 membres au début du XXIe siècle. Ces trois lignées comptent de nombreux hommes politiques, serviteurs de l'Etat, officiers, financiers, patrons de presse, etc... et quelques membres pittoresques comme Jean de Liniers qui fut éleveur de moutons en Patagionie avant de revenir s'installer au château de Pont-Jarno.

    En conclusion, Guy FOURRE rappelle l'existence de l'association "Mémoire de Liniers" qui regroupe aujourd'hui un très grand nombre de descendants du vice-roi.

  • en mai Les archives de l’imprimerie Chiron de Niort (1879-1966).
  • en juin par Maurice Moinard Inauguration et cinquantenaire de la Caisse régionale du Crédit agricole en 1954.

    Le conférencier commence par projeter un film tourné en 1955 lors de l'inauguration du siège de la caisse régionale, rue du 14 juillet, à Niort. Il rappelle ensuite que la loi autorisant la création de caisses locales remonte au 5 novembre 1894 et que la caisse régionale des Deux-Sèvres est née en 1903 sous l'impulsion du député Disleau qui en devient le premier président. Il énumère ensuite les sièges successifs: Chambre de Commerce, Hôtel de la Roulière, domicile du président Nicolas, rue du Pilori (1921), rue Yvers (1924) et rue du 14 juillet. En 1977, devenu trop petit le siège sera transféré dans un nouvel immeuble, avenue de La Rochelle.

    Monsieur Moinard retrace ensuite la carrière de trois acteurs majeurs du monde agricole, émaillant son propos de nombreuses et savoureuses anecdotes.

    Xavier Bernard (1873-1966). Né à Saint-Sauvant (Vienne), il reprend à Paris un petit négoce de grains qu'il développe en sélectionnant les meilleures semences partout dans le monde. Envoyé en mission à Casablanca en 1916, il entre au service de Lyautey qui l'incite à mettre des terres en valeur. Commence alors un rapide essor de ses affaires: il devient propriétaire de grands domaines au Maroc, puis en Poitou et construit une importante fortune. Après la Seconde Guerre mondiale, il fait don à l'Etat d'une forte somme et de son domaine de Venours dans la Vienne où s'ouvre une école d'agriculture, aujourd'hui lycée agricole. Il crée aussi une fondation distribuant des bourses à des élèves. En 1952, il entre à l'Académie d'agriculture.

    Louis Tardy (1875-1961). Né dans une famille modeste de Coulon, il effectue de brillantes études et devient ingénieur agronome. En 1898, il est rapporteur de la section agricole du Musée social et trois ans plus tard, participe à la création de la Caisse régionale de crédit agricole d'Ile-de-France dont il devient le premier directeur. Entré au ministère de l'Agriculture en 1904, il multiplie les études et les rapports et, en 1945, revenu dans les Deux-Sèvres, devient président de la caisse régionale et maire de Coulon.

    André Cramois (1900- ? ). Natif lui aussi de Coulon, il devient ingénieur électricien, épouse la fille de Louis Tardy et entre au Crédit agricole dont il gravit rapidement les marches jusqu'à devenir directeur général. Remercié en 1963, il entre au Conseil d'Etat. Il cumule de nombreuses présidences d'organismes relevant du monde agricole et rédige plusieurs ouvrages pour développer ses idées sur la mutualité dont il est un partisan affirmé.

  • en septembre par Eric Rousseau L'industrie mulassière poitevine.

    Après avoir rappelé que le mulet est le résultat du croisement d'un âne et d'une jument et qu'il est apparu très tôt en Asie, monsieur Eric ROUSSEAUX précise que le mulet du Poitou est issu du croisement du baudet local et de la jument de trait poitevine mulassière. Il se propose ensuite d'examiner chacune de ces espèces puis de retracer les étapes menant de l'industrie mulassière à la conservation de la mule poitevine.

    Le baudet du Poitou, décrit dès 1777 dans un mémoire publié par le Conseil du roi, serait comme ses congénères espagnols et portugais une relique de populations asines anciennes. Jacques Bujault en définit en 1845 le standard qui est plus tard précisé par le stud-book : taille moyenne du mâle, 1,40 à 1,50 m, pesant de 320 à 430 kg; taille de la femelle de 1,35 à 1,45 m.

    Le trait poitevin mulassier tirerait sa morphologie de son élevage dans le Marais. Il aurait été croisé avec des chevaux hollandais au XVII ème siècle puis avec quelques étalons anglais et normands au siècle suivant et des étalons percherons, boulonnais et surtout bretons au XIX ème. Son standard, décrit par Bujault en 1850, est ensuite précisé par le stud-book : taille de 1,65 à 1,70 m pour un poids de 750 kg pour l'étalon; taille de 1,55 à 1,65 m pour la jument, la couleur de la robe pouvant varier.

    L'industrie mulassière est une spécificité du Poitou. Florissante au XVII ème siècle, elle devient très importante au XVIII ème et connaît son apogée au siècle suivant : on produit 18 000 mules au cours de l'année 1867 qui sont largement exportées vers le Midi, l'Italie, l'Espagne et jusqu'en Inde, en Argentine et en Algérie. A la fin du siècle, 160 ateliers, dont 94 dans le seul département des Deux-Sèvres, produisent de 15 à 20 000 mules chaque année. Cette prospérité entraîne la création en juin 1884 du stud-book à l'instigation du Docteur Deniau, vétérinaire à La Crèche, puis, en 1901, celle du syndicat d'élevage des animaux mulassiers du Poitou. Mais le déclin amorcé au début du siècle passé s'accentue un peu pendant l'entre-deux-guerres malgré une active exportation vers les Etats-Unis et s'accélère après 1950 lorsque l'agriculture se mécanise et que l'élevage des vaches laitières s'avère plus rentable que celle du cheval.

    L'espèce s'étant réduite à 20 baudets mâles et 24 ânesses en 1977, une réaction s'amorce afin de la sauvegarder: décidée en 1979, l'asinerie de Dampierre-sur-Boutonne ouvre ses portes trois ans plus tard. L'acquisition d'ânesses portugaises et une pratique rigoureuse des croisements permettent de reconstituer un cheptel qui se monte à 232 animaux dès 1992; en 2007 on recense 419 ânesses et 85 étalons pour 294 juments de trait poitevin et 44 étalons. La création de l'UPR en 2000, remplacé par un nouvel organisme en 2007, l'aide des pouvoirs publics, la participation au Salon de l'agriculture et à diverses manifestations contribuent à la renaissance d'une activité très ancienne que stimulent la création en 2002 de l'appellation officielle "mule poitevine" et celle de centres de dressage facilitant la vente.

  • en octobre par Michel Leveque Histoire du pôle universitaire de Niort des années soixante-dix à nos jours.

    Si aujourd'hui le pôle universitaire de Niort est bien vivant et accueille près de 1000 étudiants venus non seulement de toute la France mais aussi de vingt-six pays étrangers, sa genèse n'a pas été des plus aisée comme le conférencier se plaît à le rappeler.

    L'idée d'un enseignement post-secondaire à Niort est à mettre au crédit de Paul Despilho, inspecteur d'académie, voilà plus de quarante ans. Le rectorat de Poitiers se montra alors réticent et il fallut attendre le vote de la loi Jacques Delors en 1971 pour que puisse naître l'ASFODEP, organisme associant professeurs et professionnels, grâce au soutien de La MAIF, de la MACIF, de la MAAF et de Groupama, qui peut former trois promotions.

    Après une dizaine d'années de pressions exercées tant par la Ville que par les mutuelles, l'IAE démarre sous la tutelle de la faculté de droit poitevine. En dépit de l'opposition du gouvernement et de l'université de Poitiers, le maire Bernard Bellec soutient la création de l'ISEUP puis le soutien financier du conseil général permet de créer l'ADEST qui ne survit pas à sa mise en cause par la chambre régionale des comptes en 1995.

    Prenant appui sur le décret Pasqua, le maire demande alors la création d'une université thématique mais il faut qu'un comité de parrainage puis un comité de pilotage mettent en évidence l'absence de formation d'actuaires dans la région alors que la demande des mutuelles est forte pour que la situation se débloque et rapidement la formation à la gestion des risques donnée à Niort devient une référence. Est alors créé l'AURA présidée successivement par Messieurs Vandier et Bellot.

    Le 23 juillet 1999 c'est la reconnaissance de la création du futur pôle et l'approbation de celle de l'IRIAF.

    Le 31 août 2001, un décret crée l'Institut des risques. Toutes les formations données jusqu'alors au quartier Duguesclin sont regroupées sur le site verdoyant de Noron et aujourd'hui le pôle universitaire niortais (le P.U.N.) qui s'est imposé grâce à l'action opiniâtre des pouvoirs publics locaux et des universitaires concernés se compose d'un I.U.T. qui comprend trois départements, de l'IRIAF qui en possède deux et de l'IAE, certaines filières conduisant jusqu'au master, voire au doctorat.

    Monsieur Lévêque termine sa communication en évoquant les diverses activités impulsées par l'Aura et celles dont elle est partie prenante telles que la Farandole, le cercle Pierre Moinot, le Printemps de poètes, les rencontres Allende... et présente deux ouvrages consacrés au P.U.N. et aux mutuelles niortaises.

  • en novembre par Patrick Branger La géologie régionale à la lumière des connaissances du XIXe siècle.

    Après avoir montré les différents procédés utilisés pour représenter le temps de la géologie, le conférencier rappelle l'histoire de la géologie régionale en insistant sur l'importance des travaux menés au XIXe siècle en particulier par des ingénieurs des mines comme de Cressac et Manes puis par Fournel, Cacarié et Le Touzé de Longuemar; d'autres travaux sont conduits par des érudits tels Baugier et Sauzé puis par des universitaires tels Welsch, Mathieu ou Gabilly.

    Monsieur Branger illustre ensuite par une série de cartes les rapports qui unissent géologie, relief et hydrographie puis, toujours à l'aide de cartes et de photos particulièrement claires, brosse une histoire géologique de notre région dont l'aspect évolue fortement du protérozoïque à l'ère quaternaire, chaque étage étant marqué par l'apparition, l'évolution ou la disparition sous les eaux des différentes zones.

  • en décembre par Gwenaël Murphy Une croyance populaire au XVIIIe siècle, la légende de saint Fort à Tourtenay.

    Après avoir précisé dans quelles circonstances il a découvert aux archives municipales de Thouars un document relatif aux visites pastorales effectuées par l'archiprêtre de 1725 à 1730, monsieur Murphy présente d'abord le petit village de Tourtenay qui compte seulement 160 feux en 1750 mais dont l'existence est attestée dès le XIIe siècle puis évoque saint Fort qui appartient à ces saints invoqués en raison de leur nom: on priait saint Fort pour qu'il donne la santé et une plus grande robustesse aux enfants "débiles". Le tombeau du saint dans l'église paroissiale est accompagné d'une sculpture montrant deux femmes présentant leurs enfants afin qu'ils soient guéris.

    La question est de savoir si ce saint a vraiment existé. Il est mentionné dans trois régions: à Bordeaux où il est confondu avec saint Seurin, en Saintonge où il s'agit en réalité de saint Fortunat et aux confins du Poitou et de l'Anjou où il s'agirait d'un abbé de Bourgueuil ou d'un moine de Saint-Jouin venu à Tourtenay où il serait décédé.

    L'Eglise ne valide son culte qu'en 1626, dans le cadre de la Contre-Réforme mais, plus assurée de sa force au siècle suivant, elle cherche à savoir si ce culte est réellement justifié. C'est dans ce but que l'évêque de Poitiers missionne l'archiprêtre de Thouars pour que, dans le cadre de ses visites pastorales, il enquête à Tourtenay. Dans cette paroisse, la dernière qu'il visite en 1730, l'archiprêtre après avoir fait ouvrir le tombeau qui contient quelques restes, interroge les fidèles afin de se faire une opinion: cinq témoignages de miracles lui paraissent fiables et l'évêque, au vu de son rapport, le 16 juin 1730, reconnaît le culte à cause de son ancienneté mais, s'il autorise les prières, il interdit qu'on dise les offices devant le tombeau. A une époque de grande dévotion, la fin du XIXe siècle, le curé de la paroisse fait apposer en 1895 une plaque où figure une inscription reprenant partiellement les décisions de l'évêque. Au siècle suivant le culte perd de son importance avant de disparaître complètement.

  • en janvier Présentation des services de la Direction Régionales des Affaires Culturelles : Archéologie ; Monuments Historiques ; Musée ; Inventaire.
  • en février Présentation des Services de l’Architecture des Bâtiments de France, du Service de l’inventaire du patrimoine culturel de la région Poitou-Charentes ; des Antiquités et Objets d’art.
  • en mars par Catherine Hérault Le secret dans l’écriture musicale du XVIème au XVIIIème siècle
  • en avril par Daniel Courant Les graffitis du donjon de Niort (XIIème, XVIIIème, XIXème siècle).
  • en mai par Nadine Gallas Les Andrault-Brillouin. Sur les pas d’une familles melloise de 1787 à nous jours.

    Au XVIIIème siècle, François ANDRAULT est notaire à Saint-Sauvant, une paroisse du Haut-Poitou. L'un des enfants du couple qu'il forme avec Magdelaine EPRINCHARD, Gabriel, s'installe à Saint-Domingue où, notaire royal, il achète une caféière dont il confie la gestion à son frère Jean-Baptiste. A la mort de son ainé, celui-ci revient en France, épouse une jeune nantaise, Anne VALLO, puis regagne la colonie où il se fait nommer notaire royal honoraire et acquiert une nouvelle caféière; il possède 161 esclaves sur ses domaines. A quelques bonnes récoltes succède une période plus difficile. Devenu veuf, Jean-Baptiste confie la gestion des plantations à deux neveux et rentre en France avec sa fille unique Pauline qu'il met en pension à Poitiers. Par l'entremise du notaire de La Mothe-Saint-Héray, Jacques Briault, il acquiert le logis du Petit-Bois à Saint-Martin-lés-Melle. Elu délégué à Poitiers en mars 1789, il occupe des fonctions municipales jusqu'à sa mort en 1798.

    Emancipée, Pauline épouse son cousin Pierre ANDRAULT qui s'installe au logis du Petit-Bois d'où il dirige l'administration de ses caféières et qui, après avoir vendu ses domaines de la région de Gençay, achète le château de Chaillé et le logis de Saint-Romans avec leur trentaine de métairies. Devenu un notable, il est maire de sa petite commune pendant trente ans, conseiller général et même pendant deux ans, député.

    En 1827, Pierre ANDRAULT et son épouse partagent leurs biens entre leurs enfants. A leur unique fils, échoit le domaine de Chaillé. Pierre-Théodore épouse Anne CHARLOT qui appartient à la bourgeoisie niortaise. Le couple a trois enfants, un fils magistrat qui meurt célibataire et deux filles: Aline, malgré les réticences de son père, épouse un officier d'origine lorraine, Stanislas PESME qui en Afrique du nord et dans le Mellois réunira une belle collection de minéraux. Marie convole avec Louis-Georges BRILLOUIN, fils d'un percepteur de Saint-Jean d'Angély, qui possède un talent de peintre certain. L'un de leurs fils, Marcel, devient maître de conférences en sciences physiques et épouse la fille du physicien Eleuthère MASCARD.

    Le fils de ce couple, Léon BRILLOUIN (1889-1969), est l'un des inventeurs de la radio. Ses compétences lui valent d'être nommé à la tête de la radiodiffusion française par le gouvernement de Vichy mais il entre en contact avec la Résistance et en compagnie de son épouse juive réussit à passer aux Etats-Unis. Il entame alors une nouvelle carrière, en particulier chez IBM où il participe à la mise au point de calculatrices et des premiers ordinateurs. Son frère Jacques, ingénieur acousticien, sonorise la salle Pleyel et travaille sur les films de Jean Grémillon. Leur soeur est relieuse d'art.

    Les descendants de Georges BRILLOUIN sont aujourd'hui présents dans les activités artistiques et dans l'informatique mais le château de Chaillé a depuis une cinquantaine d'années quitté le giron de la famille.

  • en juin par Laurent Forestier Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à Niort.
  • en septembre par Pierre Arches La population de Niort de 1815 à 1914

    Après avoir déploré la rareté des études démographiques de villes moyennes, monsieur Arches fait deux constats : De 1815 à 1914, la population de Niort est passée de 15499 habitants à 23775; au cours de cette même période, Niort a chuté du 50e au 83e rang des villes françaises. Comment peut-on interpréter cette concomitance ?

    Il faut d'abord examiner les problèmes posés par les sources utilisées. Les recensements sont d'une qualité très variable et les nombres donnés parfois discutables. Par exemple le recensement de 1872 distingue population normale et population à part.

    Les registres de l'état-civil sont d'une exploitation malaisée : Comment compter les enregistrements des enfants trouvés sachant que certains ont pu naître hors de la ville. De même comment utiliser les actes de décès si l'on ne les étudie pas un à un pour savoir si l'on a à faire à un habitant de la ville ou à une personne étrangère décédée à Niort ? Il est donc difficile de calculer les taux de natalité et de mortalité. Seuls les actes de mariage, et à partir de 1884, les actes de divorce peuvent être utilisés avec de faibles risques d'erreur.

    Comment la population niortaise a-t-elle évolué au cours de cette période qualifiée par les démographes de transition démographique ? Il faut remarquer que la population française a connu une évolution différente de celle des autres pays européens, les taux de natalité et de mortalité déclinant parallèlement d'où un faible accroissement de la population. En ce qui concerne plus précisément la population niortaise, on constate une lente progression marquée par trois paliers. Le solde naturel paraît à peine positif; il faut donc attribuer l'accroissement au solde migratoire : Des personnes relativement nombreuses sont venues surtout des campagnes proches alors qu'un plus petit nombre de Niortais quittait le chef-lieu du département.

    Reste à comparer l'évolution de Niort avec celle des autres villes françaises. En 1821, Niort est en bonne place: 50e ville, mais 34e préfecture. En 1911, passée au 83e rang, elle est devancée par des villes qui ont connu une plus forte progression, notamment les centres industriels.

    Faut-il en conclure que Niort a raté la révolution industrielle ? Ville dépourvue de grandes entreprises mais riche de petites et de moyennes, le chef-lieu des Deux-Sèvres ne manque pas d'atouts pour progresser dans l'avenir.

  • en octobre par Clément Pérault Les abbayes d’Airvault et de Saint-Jouin de Marne : étude historiographique et essais de recherche et de critique des sources

    Après avoir rappelé l'époque de la fondation de l'abbaye d'Airvault et celle de la création de l'abbaye de Saint-Jouin, monsieur PERAULT énonce le postulat posé au départ de ses recherches: Quand a-t-on écrit sur ces deux établissements, quelles études ont été faites et quelles qualités offrent-elles ?

    De la recherche des études réalisées du XVIe au XVIIIe siècle par des érudits comme Besly et Dom Fonteneau et des travaux menés au XIXe par les sociétés savantes de la région, sont extraits deux ouvrages majeurs: le Cartulaire de l'abbaye de Saint-Jouin publié par Charles Grandmaison dans un bulletin de la Société de Statistique de 1854 et l'Ordinaire de l'abbaye d'Airvault présenté par Gabriel Martin dans les Archives historiques du Poitou.

    Le Cartulaire qui daterait de 1700 à peu près se compose de deux parties: la copie d'un cartulaire du XVe siècle et une série de copies de chartes. L'exploitation de ce recueil est assez limitée car les références manquent et il est possible que Granmaison ait effectué une sélection des documents pour faire valoir les droits de l'abbaye.

    L'Ordinaire de l'abbaye d'Airvault bénéficie d'une édition exemplaire servie par une analyse fine des documents constitués par un martyrologe du XIVe siècle, un calendrier du XVe et un ordinaire du XVIIe.

    L'étude du martyrologe permet de pénêtrer dans l'organisation liturgique de l'abbaye; le calendrier est à la fois un nécrologe et un obituaire; l'ordinaire enfin apporte une compréhension de l'histoire de l'établissement.

    Comment a-t-on pu lier ces documents au thème de la commémoration des défunts? Les religieux se posent en médiateurs entre les vivants et les trépassés comme en témoignent la grande procession du Jour des morts et les petites processions hebdomadaires.

    En ce qui concerne l'abbaye de Saint-Jouin, on constate un désir des vicomtes de Thouars d'obtenir d'y être inhumés. Pour ce faire, ils accordent de 1139 à 1226 cinq chartes qui donnent à l'établissement et aux habitants du bourg un certain nombre de droits. En assurant ces liens avec l'abbaye, les vicomtes cherchent aussi à accroître leur prestige et leurs largesses permettent de réaliser d'importants travaux. Par une bulle de 1179, la papauté confirme l'abbaye dans ses droits et ses biens et lui accorde sa protection directe. Dès lors les vicomtes cessent d'y être inhumés.

    L'étude des deux documents sélectionnés permet donc d'avoir une idée assez précise de l'histoire des deux abbayes et des pratiques religieuses.

  • en novembre par Laurent Gallas Le protestantisme poitevin sous le Second Empire et au début de la Troisième République (1851-1914).

    Après avoir rappelé que le dix-neuvième siècle est celui des révolutions, ce qui n'a pas manqué d'avoir une incidence sur l'évolution du protestantisme et que la loi de 1802 a permis une réorganisation du culte, le conférencier développe les trois parties de son étude.

    Il présente d'abord la situation des protestants poitevins au milieu du siècle. Le Poitou fort de ses six consistoires regroupant trente-deux communes est alors la quatrième région protestante de France. La grande majorité des pratiquants réside hors des centres (survivance de la situation du siècle précédent) et dispose de revenus modestes. les temples, vingt-quatre en 1851, sont généralement en mauvais état, on continue souvent à pratiquer au Désert. Les vingt-six pasteurs qui vivent dans des conditions matérielles difficiles sont de deux sortes: certains sont originaires du département où ils constituent de véritables dynastie à l'instar des Gibault, d'autres sont des jeunes frais émoulus de Montauban qui ne font qu'un court passage en Poitou. La région n'est pas touchée par le courant évangélique qui s'impose ailleurs.

    De 1850 à 1878 la situation évolue. Le réveil se produit sous le Second Empire sous l'impulsion du pasteur de Fressines qui crée un journal, La bonne Nouvelle, et surtout sous celle d'un pasteur d'origine belge, Verrue, qui s'installe à Saint-Sauvant. Celui-ci se montre particulièrement actif: il forme des jeunes gens qui vont prêcher dans des veillées, crée une école préparatoire où passeront cinquante futurs pasteurs, développe les écoles du dimanche et ouvre six écoles primaires. L'Union fraternelle pour l'avancement du règne de Dieu oeuvre efficacement dans le domaine de l'enseignement grâce à des fonds provenant de Genève et d'Angleterre, ce qui provoque d'ailleurs des réticences, voire l'hostilité, des autorités, de la hiérarchie et des pasteurs restés fidèles au courant libéral. Tolérée, l'Union fraternelle n'est pas officiellement reconnue.

    En 1871, le schisme entre les deux tendances est consommé. Le vote de la loi sur la liberté de réunion, celui des lois scolaires et la Séparation des Eglises et de l'Etat modifient la situation. Les protestants poitevins accueillent plus favorablement la dernière de ces mesures que ceux des autres régions. Le christianisme social qui se développe dans les années 1880 rencontre un large écho en Poitou. Des hommes issus des Unions chrétiennes s'engagent dans le mouvement coopératif prôné par Charles Gide et plusieurs participent notamment à la création des laiteries coopératives de La Mothe-Saint-Héray, Bougon et Soignon. Le courant évangélique s'est totalement imposé au début du vingtième siècle.

  • en décembre par Patrick Béguier Jallet (1732-1791) et Malesherbes (1721-1794), rencontre improbable.

    Monsieur BEGUIER, auteur du spectacle "Le pain de la colère", après avoir exposé les motifs qui l'ont conduit à monter cette pièce, retrace la vie et la carrière des deux principaux protagonistes, l'abbé Jallet et le ministre Malesherbes.

    Jallet, issu d'une famille modeste de La Mothe Saint-Héray, doit à la générosité d'un oncle curé et d'un aristocrate de pouvoir faire ses humanités au collège de l'Oratoire de Niort puis d'entreprendre des études de droit à la faculté de Poitiers. Econduit par la famille d'une jeune fille qu'il courtisait, il entre au grand séminaire de Poitiers, devient vicaire à Gençay en 1759 puis, l'année suivante, curé de la petite paroisse de Chérigné, près de Brioux sur Boutonne. Proche du peuple - il rédige un mémoire sur la grande disette de 1785 -, il s'intéresse à l'agriculture et partage les préoccupations des Philosophes, notamment de Jean-Jacques Rousseau. En 1789, il participe activement à la rédaction du cahier de doléances de son ordre à Poitiers, est élu député aux Etats-Généraux et se fait remarquer en rejoignant avec les curés Lecesve et Ballard les représentants du Tiers-Etat le 17 juin. Adversaire de la peine de mort et du célibat des prêtres, sa popularité en Poitou lui vaut d'être élu évêque constitutionnel des Deux-Sèvres mais il refuse cet honneur. Il meurt brusquement quelques mois plus tard dans des circonstances assez mystérieuses.

    Lamoignon de Malesherbes, issu d'une famille de la noblesse de robe parisienne, s'oppose dans sa jeunesse à l'autorité paternelle autant qu'à la hiérarchie religieuse puis devient un juriste de talent et accomplit une brillante carrière au service de l'Etat: il devient premier président de la cour des Aides, est deux fois secrétaire d'état à la maison du roi et fait adopter l'Edit de tolérance de 1787. Directeur de la Librairie, il protège efficacement les Encyclopédistes dont il partage les idées. Excellent botaniste, il entre à l'Académie des sciences en 1752 puis à l'Académie française en 1775. Au début de la Révolution, il se montre partisan d'une monarchie constitutionnelle et, bien que déplorant les insuffisances de Louis XVI, se propose de le défendre lors de son procès. Son attitude lui vaut d'être guillotiné en 1794.

    Devenu marquis de Chef-Boutonne par héritage, Malesherbes se rend une fois dans son marquisat pour y être parrain d'une cloche. Rencontre-t-il à cette occasion l'abbé Jallet? C'est peu probable, mais en revanche, à Versailles, les deux hommes qui ont en commun beaucoup d'idées, ont pu avoir l'occasion d'être en contact. En les faisant dialoguer dans sa pièce, l'auteur, s'il prend quelques libertés avec l'Histoire, en respecte cependant l'esprit et ne trahit donc pas la vérité historique.

    Pour clore sa communication, monsieur Béguier propose à son auditoire de lire à plusieurs voix trois extraits de son ouvrage.

  • en janvier Présentation des services Les Services régionaux ou départementaux : Archéologie ; Antiquités et objets d’art ; Archives départementales des Deux-Sèvres ; Monuments Historiques.

    La séance est entièrement consacrée aux comptes-rendus de quatre services régionaux ou départementaux intervenant dans le domaine de la conservation du patrimoine.

    Madame Pipon, directrice des Archives départementales, présente d'abord le bilan des réalisations effectuées au cours de l'année 2007.

    On a procédé au récolement de la bibliothèque et des périodiques et classé plusieurs fonds (Registres de l'Enregistrement, sept fonds d'archives communales, documents provenant du cabinet du préfet postérieurs à 1945, fonds de l'association René Caillié, pièces relatives à l'hôpital de Niort et série de 1500 vues aériennes versées par M. Michel Bernard).

    Elle mentionne l'acquisition d'affiches de la société des cycles Barré et celle de 900 cartes postales et divers dons concernant surtout la période 1939-1945 et de deux interviews réalisées par M. Max Croce des écrivains Armand Lanoux et Pierre Mac Orlan.

    La mise en ligne en salle de lecture des plans cadastraux napoléoniens a été menée à bien; quant à la numérisation des tableaux des recensements de population de 1811 à 1936, elle vient d'être terminée et leur consultation pourra se faire dans quelques semaines.

    Enfin est rappelée l'action menée par les services dans le domaine pédagogique avec la mise en place de l'exposition "Portraits de famille" et le concours scolaire auquel elle a donné lieu, deux manifestations qui ont connu un grand succès.

    Dans un deuxième temps, madame Pipon donne un aperçu du budget de l'année 2008 puis présente les travaux qui seront entrepris ou poursuivis: état général des fonds, catalogue d'ouvrages, fonds de la philosophe Madeleine Davy, numérisation de divers fonds).

    Elle annonce la mise en ligne sur Internet d'ici quelques semaines des registres paroissiaux et d'état-civil attendue par de nombreux généalogistes amateurs et termine son exposé par l'évocation des actions qui seront menées dans le domaine culturel (exposition Archiv'et vous, conférences, publications) et de divers projets de partenariat.

    Monsieur Moreau, représentant la Conservation régionale des monuments historiques, fait un rapide inventaire des actions menées dans le département :

    4 édifices ont bénéficié de mesures de conservation (châteaux des Loges et de Tenessus, restes de celui d'Airvault et une maison du bourg de Vasles).

    Il indique que les travaux en cours aux églises de Marnes et de Saint Médard de Thouars, aux châteaux du Coudray-Salbart et d'Oiron et à la porte Chalon à Saint-Maixent-l'École seront continués et que des travaux de moindre importance seront effectués dans plusieurs autres édifices.

    Madame Cottenceau intervient ensuite pour faire le bilan des activités de la Direction régionale de l'archéologie :

    L'année 2007 a vu la continuation de 5 fouilles programmées au tumulus de Prissé la Charrière, aux mines d'argent de Melle où se poursuivent des expérimentations et où l'on a repéré d'éventuelles ouvertures de puits, sur le site gallo-romain de Rom où se multiplient les découvertes, à Saint-Génard où sont fouillées des sépultures et sur le site des tanneries de Champdeniers que l'on envisage de mettre en valeur.

    Dans le domaine de l'archéologie préventive, elle présente le rapport de fouilles menées en 2006 au Donjon de Niort qui ont fait apparaître une occupation carolingienne du site et fait état des résultats obtenus en partenariat avec les carrières Roy à Saint-Varent et Moreau à Mazières en Gâtine puis énumère les 30 diagnostics posés en 2007 dont 6 ont donné lieu à des fouilles à Parthenay, au Coudray-Salbart, à Brioux sur Boutonne, Bessines, François, Rom (secteur de la Petite Ouche particulièrement riche en vestiges et mobiliers divers) et rappelle l'importance du site d'Usseau où l'on a repéré une nécropole médiévale.

    Madame Cavaillès chargée de la Conservation des objets d'art dans le département après avoir rappelé que l'exposition temporaire de monnaies à Parthenay a permis de présenter le trésor récemment découvert dans une maison particulière de Moulins (175 pièces dont 3 d'or), donne la liste des objets d'art dont la protection a été proposée le 13 juin 2007 :

    Il s'agit d'abord de plusieurs pièces d'orfèvrerie religieuse du XVIIème siècle et du XVIIIème et de diverses pièces remarquables présentes à l'église Notre-Dame de Niort ( 9 portraits d'ecclésiastiques), au Carmel de Niort (une Vierge à l'enfant en papier mâché probablement offerte par Anne d'Autriche en 1648) et dans les églises de La Chapelle Saint-Laurent, Melleran, Coulon, Saint-Vincent la Châtre et Saint-Etienne de Niort (tabernacle en faïence de Parthenay dû au talent de Jouneau) et dans le château de Cherveux en particulier.

    En outre ont été proposés plusieurs éléments lapidaires notamment à Saint-Liguaire tandis que la restauration d'une cloche à Javarrzay sera suivie par celle d'un retable à Courlay, d'un crucifix à Combrand et d'un plafond de la préfecture. Enfin madame Cavaillès indique que les récolements de l'Absie et de Saint-Clémentin sont achevés mais qu'on a déploré le vol de trois objets d'art non protégés, ce qui rend leur recherche difficile.

  • en février par Michel Montoux L’enseignement primaire avant Jules Ferry dans le canton de Coulonges-sur-l’Autize.
  • en mars par Claude Chaillot Louis-Alexandre Jard-Panvillier (1757-1822)
  • en avril par Gaël Biard Le métier de Commissaire-Priseur. Histoire et actualité à Niort.
  • en mai par Daniel Courant L’architecte niortais Georges Lasseron (1844-1932)

    Né à Niort en 1844,Georges Lasseron est le fils d'un industriel qui fait partie des fondateurs de la société de Statistique. Licencié en droit, il suit son père à Paris et à l'étranger et revenu dans la capitale, entreprend des études d'architecture. A une époque où les gouvernements de la Troisième République passent de nombreuses commandes, il rentre à Niort en 1879-1880, où il succède à Durand comme architecte de la municipalité en 1883.

    Il dirige la construction de plusieurs groupes scolaires, s'inspirant des projets figurant au ministère de l'Instruction Publique. Sa carrière épouse alors celle du maire Martin Bastard qui administre la ville de 1884 à 1904,mais il dresse aussi les plans d'immeubles situés hors du chef-lieu. Si certains sont concrétisés comme la maison des Rosières à La-Mothe-Saint-Héray, d'autres sont abandonnés comme celui de l'Hôtel de ville à Saint-Maixent-L'Ecole. Dans sa ville ses principales réalisations sont l'escalier monumental reliant les jardins de la Brèche à la place, l'immeuble de la Caisse d'Epargne, l'Ecole de dessin, les octrois, et surtout l'Hôtel de ville (1897-1901) et le lycée de jeunes filles (1896-1897). Pour des particuliers, il construit le Grand Café, le magasin de la Ménagère, un hôtel particulier dans la rue Yvers. Il termine sa carrière par la construction des Bains-Douches de la rue Basse en 1913.

  • en juin par le Musée Bernard d’Agesci Visite de l’atelier de restauration du musée

    Les plus belles pièces de nos musées disposent de protecteurs très attentionnés que sont les restaurateurs d’œuvres d’art. Grâce à la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, il nous sera permis de découvrir l’atelier de restauration où a lieu ce véritable travail d’orfèvre. « Au musée Bernard-d’Agesci, nous disposons d’une sorte de clinique pour œuvres d’art, l’une des quatre décentralisées en France. » expliquent les organisateurs. Après l ‘établissement du diagnostic, chaque œuvre confiée reçoit le traitement approprié, cela peut aller du simple nettoyage à la consolidation de déchirures. « Grâce à la radiographie, on fait parfois des trouvailles, telle une signature ou une date » poursuivent-ils.

  • en septembre par Chantal Calais-Jeanmonod L’architecte Pierre-Théophile Segrétain (1798-1864).

    Formé à Paris chez Louis Bruyère après une année à Polytechnique, Segretain rejoint ses Deux-Sèvres natales, où il est nommé architecte du département à l’âge de 26 ans. Passionné par les nouveaux programmes d’équipements publics, il s’investit aussi avec enthousiasme dans les premières restaurations des monuments historiques avec la confiance totale de l’inspecteur général Mérimée, qui l’accorde par ailleurs avec parcimonie aux architectes qu’il rencontre en province et dont il dénonce souvent l’incompétence.

    L’architecte mène parallèlement à ses missions de service public une carrière privée, pour les communes et les notables niortais avec lesquels il est en relation constante.

    Nourri de la culture de service public que lui a transmise son maître, il défend l’idée de la création d’un corps hiérarchisé d’architectes de l’État à l’image de celui des ingénieurs des Ponts et Chaussées, qui ne verra jamais réellement le jour en dehors des domaines du patrimoine.

    La comparaison sur l’ensemble du territoire français sur le statut des « architectes du gouvernement » en province permet d’identifier les variations et les points communs pendant le xixe siècle entre les services départementaux des bâtiments civils, confiés aux Conseils généraux sous le contrôle de plus en plus lointain du pouvoir central.

    La recherche a été menée à partir de sources archivistiques multiples, celles du Patrimoine et celle du Conseil national des bâtiments civils à Paris, celles du département des Deux-Sèvres et de nombreux autres départements. Les sources les plus exceptionnelles sont les archives professionnelles privées de Pierre-Théophile Segretain, conservées à la Médiathèque de la Communauté d’Agglomération de Niort, et celles composées de documents privés gardées par la famille Segretain.

    Les courriers privés décrivent l’homme, dans sa famille et son milieu social, à une période politiquement agitée. L’homme est généreux et énergique, dans une famille aimante, mais non complaisante. Il témoigne des pratiques traditionnelles de l’époque, l’écriture de courriers réguliers où l’on donnait des nouvelles à l’entourage, mais aussi où Segretain exprimait son opinion sur la société et la vie, d’abord à sa mère et à sa femme, puis surtout à son fils aîné Alexandre et à Mérimée, qui était devenu son ami. On le voit, étudiant à Paris, heureux de s’être beaucoup privé pour offrir à sa mère son portrait en miniature peint par Mansion, élève d’Isabey, alors que ce type de portrait était très à la mode, mais coûteux pour une budget estudiantin… Ces lettres familiales témoignent aussi de l’intérêt porté aux enfants depuis la fin du xviiie siècle ; en effet, Pierre-Théophile est exceptionnellement attentif au bien-être et à l’éducation de ses deux fils depuis leur naissance.

    Frappé du mal du siècle, la mélancolie, il s’entretient de cette sévère dépression avec son fils Alexandre, pourtant encore très jeune, et avec Mérimée, qui a subi aussi cet état de mal-être. Il sortira après six ou sept ans de ce spleen par le violent choc émotionnel asséné par la mort de son épouse, du fait de se retrouver contraint de mener seul à l’âge d’homme son second fils Léon.

    L’architecte est au moins aussi intéressant que l’homme. Les archives qu’il a laissées permettent d’éclairer sur des problématiques nombreuses :

    • la formation, les fonctions et les missions d'un architecte départemental dans la première partie du xixe siècle, période de mise en place du service ;
    • l'insertion socio-professionnelle d'un architecte de province et son opinion sur la profession, à une période où se développent les polémiques architecte-entrepreneur et architecte-ingénieur ;
    • les relations Paris-Province à travers celles établies avec le Conseil des bâtiments civils ;
    • les modes de contrôle locaux de la qualité architecturale, notamment communale ;
    • les principes de restauration des monuments historiques et les relations avec Mérimée, alors inspecteur général ;
    • es stratégies de projet de l'architecte, et le passage de l'écriture antiquisante à l'éclectisme.

    À la fois très représentatif de la période, mais particulièrement compétent et d’une curiosité intellectuelle hors du commun, Pierre-Théophile Segretain a marqué les paysages des Deux-Sèvres par les très nombreux projets qu’il y a mis en œuvre : il a d’abord érigé Niort en véritable chef-lieu de préfecture, en construisant l’hôtel de préfecture qui mêle les références de l’hôtel particulier xviie et de la villa palladienne, le palais de justice, dont la façade néo-grecque très canonique s’oppose à une mise en scène urbaine « ratée », et la prison, probablement son œuvre essentielle, première et presque unique prison «panoptique » sur plan semi-circulaire en France. À ces édifices niortais s’ajoute le tribunal de Melle, dont le style dû à l’harmonie voulue par l’architecte avec deux tours renaissantes rescapées de l’hôtel de Ménoc, constitue une exception dans la typologie des palais de justice de la période et a fait l’admiration de Mérimée.

    Comme architecte des monuments historiques, Segretain a sauvé de la ruine de nombreuses églises des Deux-Sèvres, d’autres en Vienne et en Vendée. Ses principes de « remise aux formes normales » des édifices médiévaux, selon son expression, est très couramment pratiqué par les premiers restaurateurs qui sont en symbiose en cela avec les célèbres théories de Viollet-le-Duc, énoncées quelques années plus tard.

    Enfin, Segretain construisit de nombreuses églises dans les communes des Deux-Sèvres, qui suivent toujours la « dernière mode », du néo-classique à Chef-Boutonne au début de sa carrière au néo-gothique pour de nombreuses églises paroissiales et la reconstruction de Saint-André à Niort, au néo-roman byzantin, ce qui le séduira particulièrement, pour l’église Saint-Hilaire et celle du Carmel à Niort, toutes les deux conçues à la fin de sa vie.

    L’ouvrage issu de cette recherche, à partir d’un regard à caractère monographique sur les Deux-Sèvres et l’architecte qui a régné presque exclusivement sur la production architecturale dans ce département pendant une quarantaine d’années, participe également à la connaissance de l’architecture et de la profession d’architecte au xixe siècle en France. L’abandon progressif d’une pratique de la maîtrise d’œuvre dans le cadre d’un fonctionnariat qui apparaît un temps envisageable, disparaîtra au profit d’une culture quasiment exclusivement libérale de la profession qui ne fait que se confirmer jusqu’à la période actuelle.

  • en octobre par Thierry Allard Le peintre Urbain Viguier (1803-1877).
  • en novembre par François Chevallereau Les activités actuelles de l’architecte.Plus que jamais l’architecte se trouve au centre d’une multitudes de contraintes. Quelle espèce de création lui reste-t-il ?
  • en décembre par Frédéric Thebault Du culte des morts à l’anonymat des tombes. Le rapport à la mort dans les Deux-Sèvres, XIXe et XXe siècles.
  • en janvier Présentation des sevices régionaux ou départementaux : Monsieur Cazenave, conservateur régional des monuments historiques, Madame Cottanceau, conservateur du patrimoine au service régional de l’archéologie, Madame Cavaillès, conservateur des antiquités et objets d’art, Madame Pipon, directrice des Archives Départementales des Deux-Sèvres.
  • en février par Monsieur Renoux Le métier d'architecte des bâtiments de France.
  • en mars par Madame Pon-Willemsen Le sculpteur poitevin Viviani .
  • en avril par Monsieur Pouvreau Inventaire des industries niortaises.
  • en mai par Monsieur Poncet Le Musée géologique de Thouars.
  • en juin par Madame de La Sayette 'histoire de sa propriété et ses remaniements au cours des siècles
  • en septembre par Monsieur Guilloteau Les cadrans solaires.
  • en octobre par Madame Aurore Doridot Les creusets pour l’argent aux mines de Melle.
  • en novembre par Monsieur Moinard Enterrement civil à Coulon au début du 20ème siècle.

    Ernest GRELARD, militant socialiste, libre-penseur, décédé en 1904 à Coulon, fut enterré à l'église par son cousin curé.

    1904. La discussion de la loi de Séparation des Eglises et de l'Etat qui sera adoptée et promulguée l'année suivante attise les rivalités qui opposent cléricaux partisans du statu-quo et anti-cléricaux désireux de mettre fin aux dispositions du Concordat.

    Dans le Marais poitevin, à Coulon, les agissements d'un petit groupe de socialistes et de libres penseurs exaspèrent ses adversaires. Le décès de l'un d'entre eux, le menuisier Ernest GRELARD, donne l'occasion à ces derniers de marquer un point. Socialiste convaincu, ami d'Henri de La Porte, Grelard a manifesté à maintes reprises son désir d'avoir des obsèques civiles, mais la mort qui le frappe à 37 ans, le 12 septembre, ne lui laisse pas le temps de mettre ses volontés par écrit. Son cousin, le curé de la paroisse Pascal Chartier, en profite pour lui organiser des obsèques religieuses, ce qui déclenche une vive polémique relayée par la presse. Louis Perceau, en particulier, dresse le portrait d'un pur militant et, dans une ballade vengeresse, ridiculise le curé-brocanteur. Le 2 octobre, un long cortège de socialistes et de libres penseurs deux-sévriens se rend sur sa tombe pour y déposer coquelicots et immortelles rouges.

    L'animosité des cléricaux à l'égard de Grelard s'était déjà manifestée deux ans plus tôt: une rumeur insistante l'accusait d'être avec ses amis l'auteur de plusieurs incendies touchant alors la région. Le 4 août, le maire de Coulon, avait dispersé une réunion du petit groupe et fait condamner l'un des membres présents, Paul Soulisse, coupable d'avoir brandi un drapeau rouge. Une jeune fille, Blanche Goichon, avait même été accusée d'avoir incendié la maison de Grelard. Jugée à Niort, elle avait été brillamment défendue par Me Mercier qui avait rappelé l'erreur judiciaire dont avaient été victimes, cinquante ans plus tôt, l'instituteur Pierre Vaud et le cordonnier Petit injustement accusés d'avoir commis de semblables méfaits et condamnés aux travaux forcés à perpétuité. La jeune fille avait été acquittée mais on ne sut jamais qui avait allumé les incendies.

    Ces deux faits, accusations infondées et non respect par une famille cléricale des dernières volontés d'un libre penseur, témoignent donc des antagonismes politiques et religieux qui existaient au début du XXème siècle au sein de la population.

  • en décembre par Jean-Paul Bailleul UUn historien numismates du 19ème siècle.
  • en janvier Présentation des services régionaux ou départementaux : Madame Cottanceau, service régional d’archéologie de la DRAC, Madame Pipon, directrice des Archives Départementales des Deux-Sèvres, Monsieur Rennou, architecte des Bâtiments de France, Monsieur Surget, directeur des bibliothèques de la CAN.
  • en février par Madame Pipon Les Archives Départementales : Leur fonctionnement, leurs acquisitions.
  • en mars par Monsieur Brot, préfet des Deux-Sèvres et Pierre Arches puis Daniel Courant puis Fabienne Texier L’histoire des préfets de 1791 à 2005 ; L’architecture de la Préfecture ; La décoration intérieure.
  • en avril par Monsieur Carpentier Les bâtiments de la prison de Niort.
  • en mai par Madame Digois actuelle propriétaire, nous propose une visite de l’extérieur et des communs du château de la Guyonnière, manoir féodal aux bâtiments entourés de douves alimentées par des sources. Nous visiterons également le jardin d’inspiration médiévale, composé de neuf clos où se côtoient fleurs, légumes, plantes mellifères, aromatiques et roses anciennes.
  • en juin par Madame Richard conservateur du département des cartes et plans à la Bibliothèque Nationale de France, nous présentera des Cartes anciennes du Poitou-Charentes.
  • en septembre par Visite du musée gallo-romain de Rauramum et du site des fouilles.
  • en octobre par Pascal Vila AlienorWeb, base de données des musées de Poitou-Charentes, ainsi que Babel, réseau de bases de données patrimoniales et interrogeables à partir d’un seul site internet. Ce réseau de bases de données fonctionne grâce à des accords de partenariat signés entre le Conseil des musées de Poitou-Charentes et des organismes publics, des sociétés savantes, des bibliothèques, etc...
  • en novembre par Monsieur Gendron Présentation du Musée Bernard d’Agesci.
  • en décembre par Maître Charbonneau La vie judiciaire à Niort au cours du 20ème siècle. A côté des activités politiques, administratives et culturelles de la Cité et de la Région, la justice n’a cessé de contribuer à la sérénité de la vie sociale, à la sécurité des citoyens et à l’épanouissement de l’Economie, notamment par le rôle de son séculaire Tribunal de Commerce.
  • en janvier Présentation des services culturels et patrimoniaux des Deux-Sèvres

    Comme chaque année, les responsables des Services du Patrimoine du Conseil Général, de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, des Archives Départementales et de la Bibliothèques de la CAN, exposent la situation actuelle de leurs services et présentent les orientations pour le court terme et le moyen terme.

  • en février par Monsieur Rennou Présentation du Service des Bâtiments de France.
  • en mars par Thierry Lecroère L’enceinte urbaine de Niort.
  • en avril par Claude Boisard Histoire de la publicité par la chromolithographie à partir de quelques exemples niortais

    La chromolithographie est l'art de reproduire pour l'impression à plat des dessins tracés avec une encre ou un crayon gras sur une pierre calcaire préparée à cet effet. Elle a été inventée par un munichois, à Prague, nommé Aloys SENEFELDER, en 1799. Le premier atelier s'ouvre à Paris en 1816 et c'est en 1837 qu'ENGELMANN invente le cadre de repérage, permettant de proposer des copies de tableaux en couleurs. Une belle image nécessite 12 passages successifs donc la préparation de 12 pierres différentes et la présence de nombreux ouvriers cadreurs (en 1830, 450 ouvriers pour 20 ateliers de lithographie à Paris). À partir de 1870, la liberté de la presse retrouvée et l'invention de presses semi-automatiques pour remplacer les presses à bras, facilitent la production de quantité d'images et ceci jusqu'à la guerre de 14. Très vite, des peintres comme Daumier, Géricault, Delacroix, Monet s'intéressent à ce nouveau procédé qui sert aussi beaucoup pour fabriquer des images religieuses (baptêmes, communions), des menus, des affiches et des objets cartonnés comme les " range-courrier ", mais deux types de production vont s'imposer : les grands chromos vernissés à l'alcool, encadrés et figurant dans tous les salons comme peintures de substitution et les images publicitaires dont la vogue a été initiée par Boucicaut, à Paris, le créateur du Bon Marché, et qui étaient distribuées aux enfants après chaque passage de leur mère dans le magasin. Ces petits chromos étaient souvent soigneusement collés dans des albums de collection. Le succès sera tel que toutes les grandes maisons de l'époque vont suivre cette stratégie commerciale : biscuits LU, chocolat Poulain, extrait de viande Liebig…imitées par les petits magasins des villes. A Niort, les commerçants utiliseront eux aussi ces vecteurs publicitaires : les corsets Faraud, maison fondée en 1860, la pharmacie Queuille, créateur du " vin de Gloria ", la Maison de Paris dont une image qui porte la mention " n'est pas juif " fait directement référence è l'affaire Dreyfus et au boycott souhaité de certaines boutiques.

  • en mai par Pierre Marsault Naissance et disparition du tramway départemental.
  • en juin par André Benoist L’homme et la terre en pays Niortais, Saint-Maixentais et Mellois (1640-1789).
  • en septembre par Pascal Desbois Séance pérégrine à Pioussay : son église romane.
  • en octobre par Monsieur Lucas La collection Piet-Lataudrie au Musée de Niort.
  • en novembre par Olivier Bloch Le médecin Abraham Gaulthier et sa réponse à un théologien.
  • en décembre par Alain Fauveau Le dernier combat de la grande guerre 1914-1918 - 10 et 11 novembre 1918.

    Alors que les pourparlers d’armistice se déroulaient à Rethondes entre le Maréchal Foch et les plénipotentiaires allemands, la 163ème division commandée par le général Boichut reçut l’ordre de franchir la Meuse "coûte que coûte" le soir du 9 novembre 1918.

    Cette ultime offensive menée dans la précipitation et l’improvisation, destinée à obtenir la capitulation de l’armée allemande, s’acheva le 11 novembre 1918 à 11 heures du matin.

    Comment s’est déroulée cette opération de Vrigne-Meuse qui coûta la vie à une centaine de soldats français supplémentaires ?

    L’opération était-elle justifiée? Pourquoi, cette opération est-elle restée confidentielle pendant 20 ans, et méconnue jusqu’à ce jour ?

  • en janvier Présentation des services régionaux ou départementaux : Rapport d’activités de l’Architecte des Bâtiments de France, du Conservateur du Patrimoine du Conseil Général, du Responsable de la Direction Régionale des Affaires culturelles, du Conservateur des Archives départementales.
  • en février par Madame Gaillard-Guilleux et monsieur Kocher-Marboeuf La Grande Guerre d’Olivier Guilleux
    Geste Edition 2003. Olivier Guilleux, préface de Eric Kocher-Marboeuf. 1914-1918 : La Grande Guerre d'Olivier Guilleux

    Fin juillet 1914, alors qu'il est en permission dans son village des Deux-Sèvres, Olivier Guilleux, jeune instituteur, se réjouit d'aller à la balade où l'attendent amis, stands de tir, berlingots... Un télégramme arrive et lui enjoint de partir à la guerre. Saint-Pardoux, Mamers : il rejoint sa section du 115 et se met en marche pour Charny. Dès lors, il va tout consigner : notes, photos et croquis. Après maintes péripéties, il est fait prisonnier à Magdeburg. D'ici, s'établit un va-et-vient de lettres avec sa famille, ce qui constituera pour lui un lien très fort de résistance, comme une chanson de survie. De camp en camp, pendant toutes ces années, une idée qui ne le quitte pas : s'évader... Olivier Guilleux a rédigé le texte de son évasion sur les routes allemandes quelques années avant de mourir. Il existe aujourd'hui de nombreux témoignages de Poilus mais peu de récits d'officiers. Cet ouvrage est introduit par Eric Kocher-Marbceuf, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université de Poitiers.

  • en mars par Pierre Arches Un bourg, Champdeniers, et une petite ville, Melle, en 1788-1790.

    Grâce à quelques lettres écrites par des curés de ces deux localités à l’Académie d’Arras en 1788-1789, trois problèmes peuvent être abordés : le nombre de pauvres, l’éducation des femmes, l’attitude de ces dernières à Melle au début de la Révolution. En complément, un document rare sur la commune de Cours et les chiffres du département destinés au Comité de Mendicité de l’Assemblée Constituante (1791) permettent de mieux compter les pauvres, un thème très controversé à l’échelle nationale.

  • en avril par Monsieur Chatry Dufresse, Général de la Révolution, commandant en Deux-Sèvres sous l’Empire.
  • en mai par Alain Fauveau L’ancien monastère des Carmélites de Niort réalisé par François LE DUC dit TOSCANE au 17ème siècle.

    François Le DUC dit TOSCANE est un "Architecte itinérant" dont le nom reste attaché, notamment en Poitou, à la remise en état d’abbayes et de bâtiments conventuels gravement endommagés au cours des guerres de religion au 16ème siècle, mais aussi à la construction de différents couvents ou monastères liés au renouveau de la vie religieuse au 17ème siècle. Ses principales réalisations ou participations au cours de la deuxième moitié du 17ème siècle : Celles-sur-Belle, St-Maixent, St-Savin, St-Léger-les-Melle, Périgné, Niort (église des Cordeliers, Monastère des carmélites), Poitiers, Luçon, Fontenay le Comte, St Michel-en-l’Herm. A la fin de sa vie, il a également travaillé dans l'Orléanais, le Berry, et la Saintonge.

    L’ancien Monastère des Carmélites de NIORT, considéré au 19ème siècle comme "…l’un des plus beaux monuments de la ville…" a été construit par François Le DUC dit TOSCANE en 1675. Les Carmélites ont occupé le monastère de la Passion jusqu’à la Révolution. Malgré des dégradations en particulier dans le cloître au moment de la révolution, et en raison de son implantation au cœur de la ville mais aussi de sa solidité, le bâtiment a connu au cours des siècles différentes utilisations au profit de la collectivité puis de particuliers. Il fait partie du patrimoine de la ville de Niort et a été le témoin de son passé historique depuis 350 ans.

  • en juin par Madame Cavaillès Des faïences de Saint-Porchaire à Parthenay à l’époque Renaissance
  • en septembre par Monsieur Aubisse Séance pérégrine : Visite du Logis de Beaulieu à Echiré. Des peintures
  • en octobre par Monsieur Gendron Archéologie chinoise : les trésors du Guangxi.
  • en novembre par Anne-Marie Rousseau La chamoiserie à Niort, technique et histoire.
  • en décembre par Monsieur Beauchet-Filleau Les dictionnaires Beauchet-Filleau, hier, aujourd’hui, demain.