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Editorial du Président de la S.H.S.D.S.

Chers adhérents,

Nous ne plublierons pas de bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres pour l'année 2019. Nous avons préféré faciliter l'édition, sous la forme d'un Mémoire, du livre de Jean-Claude Faucher Histoire de l'église Notre-Dame de Niort, du Concordat à la loi de séparation des Eglise et de l'Etat (1801-1905). Cette étude, qui manquait dans historiographie de la ville de Niort, est l'aboutissement et la mise en forme de la découverte d'archives inédites trouvées dans la cure, classées par les membres de l'Association pour la Sauvegarde du patrimoine de Notre-Dame

Daniel Courant, président

Le dernier bulletin annuel de la S.H.S.D.S.

L'église Notre-Dame de Niort. Du Concordat à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat (1801-1905) Memoire L'église Notre-Dame de Niort. Du Concordat à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat (1801-1905)
Jean-Claude Faucher

En dévoilant la vie religieuse niortaise de 1801 à 1911, suite à l’étude d’archives inédites et de sources diverses, l’auteur décrit le renouveau du catholicisme anéanti par la Révolution de 1789 pour atteindre son apogée sous Napoléon III puis la présence de conflits violents entre le religieux et le politique lors de l’établissement de la IIIe République à Niort. Sont aussi abordés l’organisation de la paroisse de Notre-Dame, les biographies de ses sept archiprêtres, hommes de talents, décidés et vertueux, dont celle du célèbre érudit que fut Taury, des membres de la fabrique, souvent des notables aux patronymes connus tel Bernard d’Agesci.

S’y ajoute une multitude d’événements divers comme les vols sacrilèges, le premier pèlerinage à Lourdes et la guérison miraculeuse d’une Niortaise, les processions, les tentatives de faire de Notre-Dame une cathédrale, les travaux de restauration des orgues, du presbytère et de l’église, travaux qui aboutiront à son classement comme monument historique en 1908, sans oublier l’effondrement de son toit deux ans plus tard. Sont aussi évoqués les conflits majeurs avec la francmaçonnerie locale et la Libre pensée, la montée de l’anticléricalisme, la surveillance des prêtres par la police, la question scolaire, la laïcité et le cataclysme qu’entraîna la loi de séparation des Églises et de l’État en 1905.

Ce livre révèle un récit méconnu de l’histoire de Niort au XIXe siècle, totalement imbriqué aux grands événements historiques nationaux et locaux de cette époque agitée. On savait que l’Église catholique avait marqué spirituellement les esprits chrétiens et avait influencé la vie politique, culturelle et sociale en ce siècle dans le pays, mais savait-on qu’il en avait été de même à Niort ?

Des articles de presse d'évènements engageant la S.H.S.D.S.

Les vases Cugnot bientôt restaurés

Niort Agglo novembre 2018

Niort Agglo engage la restauration des vases Cugnot et lance ce 19 novembre un appel à mécénat populaire, en collaboration avec la Fondation du patrimoine et le soutien du Club des Mécènes des Deux-Sèvres, pour permettre aux amoureux du patrimoine de soutenir cette initiative.

Ces éléments remarquables du patrimoine niortais présents depuis 1885 place de la Brèche ont été retirés de l’espace public en 2006 pour l’aménagement des jardins. C’est dans une des réserves du musée Bernard d’Agesci et en présence du Président de Niort Agglo, Jérôme Baloge, d’Elisabeth Maillard, Vice-Présidente en charge de la culture et des représentants de la Fondation du patrimoine que la souscription est officiellement mise en place jusqu’en mars 2019.

« Ces vases appartiennent à la mémoire collective des Niortais et seront rendus à l’espace public une fois la restauration terminée » indique le Président de l’Agglo, Jérôme Baloge. « Confié à des spécialistes, ce projet culturel local a une résonance nationale ». Ces deux œuvres d’art propriétés de l’État ont été mis en dépôt par convention à Niort, aujourd’hui sous la responsabilité de l’Agglomération.

Ils ont été commandés le 12 mars 1884 par arrêté du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts à Louis-Léon Cugnot, sculpteur et Christofle & Cie, fondeur. Ces vases destinés à décorer le jardin public de la Ville, en bronze et galvanoplastie de cuivre, de 2,38 mètres de hauteur, illustrent les quatre saisons par des personnages masculins et féminins avec des appliques aux armes de Niort.

Conservés par le musée Bernard d’Agesci, ils vont retrouver leur magnificence grâce à une opération de restauration pour gommer les affres du temps (rouille, fissures et oxydation). Il fallait choisir un prestataire expérimenté et spécialisé dans ce type de restauration. C’est la fonderie Coubertin, située à Saint-Remy-Les-Chevreuses, et Antoine Amarger, spécialiste en restauration de sculptures métalliques, qui ont été retenus pour rendre leur splendeur passée à ces vases de facture exceptionnelle. Après un conditionnement de sécurisation, ils vont quitter Niort pour les Yvelines et devraient être de retour en juin 2019 pour être à nouveau mis à la vue des Niortais au cœur de l’espace urbain.

La Recouvrance entre mythe et réalité

La Nouvelle République Juillet 2018
Pour l'historien Daniel Courant, il est impossible d'affirmer que les troupe de Du Guesclin ont véritablement emprunté le chemin de la Recouvrance. © Photo NR
© Photo NR

A la veille de la première Fête médiévale de la Recouvrance, l’historien Daniel Courant nous décrypte cet événement majeur de l’histoire de la Ville.

Inédite à l’époque contemporaine, la Fête médiévale de la Recouvrance fait référence à une date historique pour la Ville. À partir de 1360, au tout début de la guerre de 100 ans, l’ensemble du territoire de l’actuelle région Nouvelle-Aquitaine est sous le joug des Anglais. Le 27 mars 1373, le connétable Bertrand Du Guesclin, au service du roi de France Charles V, parvient à reprendre Niort en déguisant ses troupes en soldats britanniques. Tous se seraient regroupés sur les prairies de Pré-Leroy avant de pénétrer dans l’enceinte pour accéder au Donjon. Un stratagème payant qui parvient à chasser l’ennemi hors de la cité.

“ On peut considérer que Du Guesclin ne s’est pas battu ”

Un événement baptisé « La Recouvrance », en référence au chemin du même nom par lequel les hommes de Du Guesclin auraient effectué leur arrivée. Une chapelle, qui n’existe plus de nos jours, a été construite spécialement pour l’occasion au pied de la butte Saint-Hubert, entre la Route de Coulonges et l’Avenue de Nantes. Un édifice commémoratif où les niortais se sont rendus chaque année en procession, après une messe à l’Église Notre-Dame de Niort.

Un récit qui fait aujourd’hui partie des croyances populaires mais qu’il faut parfois prendre avec des pincettes. « Il est impossible d’apporter la preuve que les troupes ont véritablement emprunté le Chemin de la Recouvrance », affirme Daniel Courant, ancien conservateur adjoint aux musées de Niort. « Du Guesclin et ses hommes ont tenté de prendre un château au milieu de la forêt de Chizé occupé par des Anglais, qui n’existe plus. Les deux camps se sont affrontés et les Français ont dû battre en retraite. Ils sont venus à Niort par voie terrestre. Personnellement, je ne serais pas surpris qu’ils soient arrivés par la Porte Saint-Jean », suppose l’historien.

“ Niort a profité de cette libération ”

Une hypothèse qui ne remet pas en cause la trame générale, qui mérite toutefois d’être recontextualisée. « On peut considérer que Du Guesclin ne s’est pas battu. Ses troupes étaient moins nombreuses que celles des Anglais mais une fois que les portes ont été ouvertes, personne ne s’est opposé à eux. Le maire de la Ville a accueilli les Français, et les Anglais ont pris la fuite », affirme Daniel Courant.

Un épisode de rébellion contre son occupant similaire à bien d’autre durant la guerre de 100 ans mais qui a joué un rôle décisif dans l’histoire de la Ville. « Quoi qu’il se soit passé ou non, cette date est très importante pour Niort qui a profité de cette libération pour grandir. À partir de 1380, le Duc de Berry, qui a succédé à Charles V, a lancé la construction du Pilori et du Port. S’il n’y avait pas eu “ La Recouvrance ”, son destin aurait probablement été différent », conclut l’historien.

Port Boinot sous la protection de la divinité gauloise Epona

Niort Agglo juin 2018
Présentation des sculptures découvertes à Port Boinot ©Darri

Les vestiges d'un sanctuaire antique ont été découverts à Port Boinot lors d'un sondage archéologique. Les sculptures retrouvées sur le site sont à voir au musée Bernard d'Agesci.

Bien avant d'être un site industriel de chamoiserie et de ganterie, Port Boinot a abrité un sanctuaire antique. Celui du Pain Perdu dans la boucle de Bessac était jusqu'à présent le seul connu à Niort.

En janvier dernier, en amont du chantier d'aménagement urbain, architectural et paysager qui démarre cet été, un diagnostic archéologique a été mené à Port Boinot à Niort. Contre toute attente, les sondages effectués par l’Inrap, Institut national de recherches archéologiques préventives, ont révélé une occupation antique du site, du dernier quart du premier siècle avant notre ère jusqu'au milieu du deuxième siècle de notre ère.

Des sculptures en calcaire datant de la fin du premier siècle ont en effet été retrouvées à proximité du bief, ainsi que les vestiges d'un édifice. C’est une découverte exceptionnelle à l’échelle de la ville, puisque c'est la plus ancienne a commenté le président de Niort Agglo, Jérôme Baloge, lors du point presse qui s’est tenu mardi 12 juin 2018. Elle nous fait remonter dans les temps les plus reculés de notre histoire et inscrit Niort dans un double millénaire.

Epona, déesse des équidés

La tranchée ouverte par la pelle mécanique a d’abord fait apparaître un fossé rempli de coquilles d’huîtres et de céramiques en quantité. Mais c'est dans la terre ramenée par le godet de la pelle que l'archéologue de l'Inrap a eu la surprise de découvrir une tête sculptée de divinité. Plusieurs autres fragments ont ensuite été dégagés, notamment la tête d’un cheval, ce qui a permis de reconstituer en partie la sculpture et de reconnaître l’image d’Epona, déesse des équidés et plus largement des voyageurs. Avec ses 70 cm de hauteur et ses 50 cm de largeur, cette statue d'Epona est la plus importante trouvée à ce jour sur la cité des Pictons précise Laurence Lamy, directrice des musées de Niort Agglo.

En poursuivant les opérations, deux autres sculptures ont été repérées à l'intérieur des vestiges d'un bâtiment, vraisemblablement un sanctuaire. La première représente une déesse à longue chevelure, assise dans un fauteuil. La deuxième, plus abimée, associe deux déesses assises l’une à côté de l’autre. Ces divinités ont été intentionnellement décapitées lors de l'abandon du sanctuaire, vers le milieu du deuxième siècle explique Annie Bolle, l'archéologue de l'Inrap. Pour leur enlever leurs pouvoirs et les désacraliser, on a cassé leurs attributs et déposé leur base le long d'un mur face à l’est.

Au musée Bernard d'Agesci

Moins de six mois après leur découverte, les trois sculptures ont rejoint le musée Bernard d'Agesci, où elles seront exposées à l'occasion des Journées nationales de l'archéologie les 15, 16 et 17 juin 2018 et jusqu'au 2 septembre 2018 dans le cadre d'une exposition intitulée "Port-Boinot".

Les quelque 110 kg de blocs de pierre prélevés lors du diagnostic n'ont peut-être pas encore livré tous leurs secrets. Ils ont été stockés dans des caisses et continuent d'être examinés et analysés. Nous sommes face à un gigantesque puzzle note Annie Bolle.

Les tranchées ont été refermées, le chantier de Port Boinot peut démarrer. Les aménagements programmés ne présentant aucun risque de destruction du sous-sol, le service régional de l'archéologie (qui dépend du Ministère de la Culture) a autorisé la ville à entreprendre les travaux, sans prescrire de fouilles préventives.

Gaston Dévillette (1883-1964), un architecte niortais

Le Picton mai-juin 2018 : Daniel Courant

Saint-Georges-Rex l'autel consolidé

Territoire de Vie mars 2018
L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex
L'autel supporte deux tabernacles superposés des XVIIe et XVIIIe siècles ©Bruno Derbord
L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex
Les montants de l'autel ont été renforcés ©Bruno Derbord

L'autel de l'église de Saint-Georges-Rex a bénéficié en décembre dernier de travaux de consolidation.

La table, qui supporte deux tabernacles superposés des XVIIe et XVIIIe siècles, était en équilibre instable, calée par des pierres et soutenue par un tasseau. Elle menaçait de s'effondrer.

Une intervention était nécessaire pour sécuriser l'ensemble. Coût :1600 € HT. La commune de Saint-Georges-de-Rex qui a autofinancé la dépense à hauteur de 35%, a pu compter sur une aide financière de la Communauté d'Agglomération du Niortais du même montant, au titre du fonds communautaire du patrimoine. L'Etat a également apporté son soutien (30%), l'autel étant sous la protection des Monuments historiques depuis 1995.

Le dauphin de Bernard d'Agesci bientôt restauré

Vivre à Niort février 2018
Le dauphin © Photo Vivre à Niort
Le dauphin © Photo Vivre à Niort : La fontaine du Dauphin, construite en 1803 par Bernard d'Agesci, architecte de la ville, sur ordre du maire Brisson est sous forme de temple grec. Elle est installée place du Port en 1807, elle est démolie par la suite. le bas-relief du Dauphin est conservé au Musée du Pilori et est mis en place, en 1980, rue Sainte-Marthe, à l'initiative de monsieur Gendron, Conservateur desMusées. (Niort Derrière les Remparts, Philippe Mascaro Marc Thebault, Edition du Terroir 1981)
Niche du XVème siècle © Photo Vivre à Niort
Niche du XVème siècle © Photo Vivre à Niort
un Atlante © Photo Vivre à Niort
un Atlante © Photo Vivre à Niort
une Cariatide © Photo Vivre à Niort
une Cariatide © Photo Vivre à Niort

Quatre sculptures en pierre calcaire situées rue du Rabot et rue Saint-Marthe ont été déposées, puis transportées à la conservation des musées dans le but de les préserver.

Ces œuvres entrées dans les collections des musées de Niort Agglo par donation étaient exposées sur l’espace public depuis les années 80. Alertée par la commission valorisation du patrimoine du conseil de quartier du centre-ville sur leur état de détérioration, la Ville de Niort a décidé de faire retirer ces sculptures de l’espace public avec l’intervention des musées. La plus prestigieuse d’entre elles, le Dauphin sculpté par Bernard d’Agesci en 1803, a quitté la rue Sainte-Marthe et sera restaurée dans les prochains mois. Il s’agit d’un élément de l’ancienne fontaine du Port que les Niortais pourront redécouvrir à l’occasion d’une exposition consacrée à l’artiste en juin 2018 au musée Bernard d’Agesci.

Les trois autres lapidaires situées rue du Rabot, une niche du 15e siècle, un Atlante et une Cariatide de la fin du 17e siècle dont les auteurs restent anonymes, sont placés en réserve.

Le maître chamoiseur avait légué ses souvenirs

La Nouvelle République 1 février 2018
Dans l'église de Saint-Liguaire le père du patron avait offert ce vitrail représentant saint Jean-Baptiste © Photo NR
Dans l'église de Saint-Liguaire le père du patron avait offert ce vitrail représentant saint Jean-Baptiste © Photo NR
Jean-Baptiste Rousseau (à droite) a veillé à la conservation du magnifique et désormais unique foulon de l'usine de Saint-Liguaire © Photo NR
Jean-Baptiste Rousseau (à droite) a veillé à la conservation du magnifique et désormais unique foulon de l'usine de Saint-Liguaire © Photo NR
Annie Rousseau et Daniel Courant se soucient maintenant de perpétuer le souvenir des chamoiseurs niortais © Photo NR
Annie Rousseau et Daniel Courant se soucient maintenant de perpétuer le souvenir des chamoiseurs niortais © Photo NR

Décédé il y a un mois, Jean-Baptiste Rousseau était le dernier patron de la chamoiserie de Saint-Liguaire. Il a veillé à la conservation du dernier foulon.

La chamoiserie niortaise a perdu avec Jean-Baptiste Rousseau l’un de ses derniers et illustres représentants. Il est décédé la veille de Noël à l’âge de 89 ans. Dernier d’une dynastie de chamoiseurs, il détenait le titre honorifique de « maître chamoiseur ». De 1957 jusqu’à sa fermeture en 1981, il avait dirigé la chamoiserie de Saint-Liguaire, fondée par son grand-père Aristide.

Sa veuve, Annie Rousseau, et l’historien niortais Daniel Courant nous ont rappelé combien ce maître chamoiseur avait été un patron atypique qui, longtemps après la fermeture de l’usine, avait veillé non seulement à perpétuer le souvenir de ce passé industriel niortais mais aussi à en conserver les vestiges, en particulier le foulon de l’usine de Saint-Liguaire (*), le seul encore en état dans toute l’Europe dont il s’est assuré de la préservation, même après la vente de l’usine.

“Il n’a pas eu le choix : son père l’a envoyé à l’École française de Tannerie” Dans les écoles où il se rendait quand on l’invitait, à l’occasion des Journées du patrimoine, sur un film tourné dans son usine en 1968 et qu’il a donné au musée d’Agesci ou au travers d’innombrables documents qu’il a légués au musée niortais et aux archives départementales, il s’est attaché à ce que le métier de chamoiseur à Niort ne tombe pas dans l’oubli.

Démarrée quai de la Regratterie, continuée à l’emplacement du Moulin du Roc, l’aventure de la chamoiserie Rousseau a débuté au XIXe avec le grand-père de Jean-Baptiste Rousseau, Aristide. C’est en 1907 qu’il a repris l’usine de Saint-Liguaire aménagée dans un ancien moulin à blé. Son fils Léon avait pris la suite et, à son décès, c’est logiquement encore les fils, Xavier pour la ganterie et Jean-Baptiste pour la chamoiserie, qui ont pris, très jeunes, l’entreprise en main. « Cadet d’une famille de cinq enfants, mon mari voulait faire les Beaux-Arts ou être architecte, se souvient Annie Rousseau. Mais il n’a pas eu le choix : son père l’a envoyé à l’École française de Tannerie à Lyon. »

“Jamais de grève chez Rousseau” L’entreprise comptera jusqu’à deux cents personnes et connaîtra des jours fastes. D’autres moins. « Autant la chamoiserie était rentable, autant la ganterie était difficile tant elle demandait de la main-d’œuvre et du temps », se souvient la veuve du dernier patron. Qui souligne aussi le management social de son mari : « Il n’y avait jamais de grève chez Rousseau. Le responsable CGT de l’usine racontait autour de lui que cela tenait notamment au fait que, étant enfants, ils avaient mangé ensemble des tartines, quand ils étaient en culottes courtes… »

Patron du Medef et président du foot Daniel Courant rappelle encore que Jean-Baptiste Rousseau a été un acteur de la vie économique des Deux-Sèvres : présent dans d’innombrables associations et instances locales, régionales voire internationales, retenons qu’il a présidé le Medef 79 de 1970 à 1973, qu’il a été président national des chamoiseurs… et président de l’Olympique léodgarien ! « Il assurait aussi l’entretien de son grand jardin », souligne Annie Rousseau.

Désormais, seul un autre Jean-Baptiste, le saint patron des chamoiseurs dont le vitrail avait été offert à la paroisse par le père du dernier maître chamoiseur, veille sur une corporation aujourd’hui disparue.

(*) Le foulon est une machine dont les maillets de bois assouplissaient et dégraissaient les peaux.

Philippe Ridouard et les familles Chaigneau

La Nouvelle République 24 décembre 2017
SHSDS : Leopold Moreau, Philippe Ridouard, Daniel Courant (président de la Société historique des Deux-Sèvres) et Jean Luc Drapeau. © Photo NR
Leopold Moreau, Philippe Ridouard, Daniel Courant (président de la Société historique des Deux-Sèvres) et Jean Luc Drapeau. © Photo NR

En recevant Philippe Ridouard, l’auteur du livre, Léopold Moreau, maire de Saint-Maixent-l’École, a mis en lumière le nom illustre des Chaigneau qui a laissé l’héritage dans la ville et qui a façonné son passé. « Dans la cité, on se dirige le long de la Sèvre Niortaise où nous avons la rue Chaigneau, puis le parc Chaigneau qui a été créé quand je suis arrivé à la tête de la mairie. Mon prédécesseur avait souhaité construire un lotissement, mais nous avons abandonné l’idée en pensant que créer un parc était plus opportun. Il existe depuis 30 ans. Ils sont aussi présents au nouvel hôpital ».

A ses côtés, Jean-Luc Drapeau, maire d’Azay-le-Brûlé, a évoqué « certaines appartenances de la famille Chaigneau dans la commune. Il y avait les Chaigneau des villes et les Chaigneau des champs, comme sur l’IME de Vilaine. Les Chaigneau avaient beaucoup de propriétés à l’échelon du territoire. Sans eux nous n’aurions pas eu l’école militaire ». Et les deux maires, qui ont subventionné la sortie du livre, de revendiquer leur côté possessif de l’histoire de la famille Chaigneau. « Le livre historique est un ouvrage important pour savoir d’où l’on vient. Cela entre dans le patrimoine de nos archives et de nos biens », a renchéri Daniel Courant, qui a mis l’accent sur ce livre « qui est un ouvrage scientifique et très pointu, écrit après la consultation de nombreuses archives ».

Le lieu Pied-Foulard, la mairie d’aujourd’hui, était l’hôtel particulier de Marie-Marguerite Chaigneau. On retrouve l’esprit de la famille dans les Allées vertes qu’elle a créées en 1740, ce qui a fait basculer le centre de gravité de la ville. De son bureau, elle a influencé l’urbanisme en le reliant à l’axe ancien rue Chaigneau, ouvert vers la Sèvre, comme c’est fait aujourd’hui. Écrivant à partir d’archives inexplorées, Philippe Ridouard « a voulu reverdir le blason des Chaigneau. Dans ce livre où vies publiques et vies privées se croisent. On retrouve Pierre-Antoine Chaigneau, le premier millionnaire de la ville, Zoé Chaigneau Du Lac, internée à Charenton, Elodie Nosereau, le centre où toute la fortune vint aboutir ».

Références des images du diaporama

S.H.S.D.S.Bulletin Quatrième série numéro 15 illutration de couverture : Plan général de l'ecluse de la Rousille, extrait du projet de l'ingénieur en chef Mesnager, 1818 (AD79,3 S 20/2)
S.H.S.D.S.Bulletin Quatrième série numéro 15 illutration de couverture : Plan général de l'ecluse de la Rousille, extrait du projet de l'ingénieur en chef Mesnager, 1818 (AD79,3 S 20/2)
Niort, le château des comtes de Poitiers,Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).Dessin à la plume en encre brune, aquarelle. Paris BNF Richelieu Estampes et photographie Rés, Ve-26m-Fol. Destailleur Province, t.8,n.

Niort, le château des comtes de Poitiers,
Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).
Dessin à la plume en encre brune, aquarelle.
Paris BNF Richelieu Estampes et photographie Rés, Ve-26m-Fol. Destailleur Province, t.8,n.

notice de la BNF : Titre : Niort. Vue d'un château fort... : [dessin] / Tavernier D. J. Del. Auteur : Tavernier de Jonquières (17..-17.. ; dessinateur). Dessinateur Date d'édition : 17.. Sujet : Châteaux forts Sujet : Donjons Sujet : Lavandières Sujet : Sèvre niortaise (France ; cours d'eau) Sujet : Niort -- Château – Donjon Type : Paysages -- 18e siècle, image fixe, dessin Format : Dessin à la plume et encre brune, aquarelle ; 17,5 x 24,2 cm Format : image/jpeg Droits : domaine public Identifiant : ark:/12148/btv1b7741772w Source : Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST RESERVE VE-26 (M) Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb40309662c Description : Collectionneur : Destailleur, Hippolyte (1822-1893) Description : Comprend : Niort. Vue d'un château fort... / Tavernier D. J. Del. ; [Sur un papier collé, texte à l'encre portant le "n°6" et la légende] Description : Référence bibliographique : Destailleur Province, t. 8, 1767 Provenance : bnf.fr.

Niort, le château des comtes de Poitiers, Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle). Notice accompagnatrice
Niort, le château des comtes de Poitiers,
Tavernier de Jonquières (XVIIIème siècle).
Notice accompagnatrice
S.H.S.D.S. Mémoire 2006 illutration de couverture : Nior en Poitou gravure de C. Chastillon B.M. Poitiers 6155 D.-S.
S.H.S.D.S. Mémoire 2006 illutration de couverture : Nior en Poitou gravure de C. Chastillon B.M. Poitiers 6155 D.-S.
La Sèvre et ses marais, portrait de fleuve. Jean-Pierre Andrault. Patrimoine et Médias, 2015
La Sèvre et ses marais, portrait de fleuve.
Jean-Pierre Andrault
Patrimoine et Médias, 2015
Le vieux Niort par l'image. Paul Galteaux. La Geste : Les livres de notre région, 2015
Le vieux Niort par l'image
Paul Galteaux
La Geste : Les livres de notre région, 2015
vaste composition occupe un mur de la salle du conseil municipal de la ville de Niort. Le peintre Charles Fouqueray y montre Aliénor d'Aquitaine remettant la charte municipale qui confirme, en 1203, les privilèges et usages déjà acquis
Cette vaste composition occupe un mur de la salle du conseil municipal de la ville de Niort. Le peintre Charles Fouqueray y montre Aliénor d'Aquitaine remettant la charte municipale qui confirme, en 1203, les privilèges et usages déjà acquis. Desormais les niortais éliront leurs magistrats. Cette charte de commune, obtenue sous le règne d'un Plantagenêt, roi d'Angleterre, sera confirmée par Philippe Auguste, roi de France. L'artiste a donné aux échevins les traits des conseillers municipaux en exercice en 1901, à l'inauguration du nouvelle hôtel de ville. (Niort la campagne à la ville. Raymond Silar / Daniel Mar. Geste Edition 1998. Page 31)
Sources : Gallica : Titre : Veüe de la Ville et du Chasteau DE THOUARS en Poictou. Duche et Pairrie à 7 lieües de Saumur, Appartenant a Monsieur de La Tremouille 1699 : [dessin] / [Louis Boudan?] Auteurs : Boudan, Louis (16..-17.. ; dessinateur et graveur). Dessinateur. Date d'édition : 1699

La Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres a pour vocation d’approfondir la connaissance et de faire connaître le patrimoine historique et culturel du département au profit des étudiants et des chercheurs, mais aussi de tous ceux, de plus en plus nombreux, qui se passionnent pour l’histoire de notre département et de notre région. Le résultat de ses travaux réalisés depuis sa création en décembre 1904, est un élément essentiel de sa notoriété et de son rayonnement au niveau régional et national.

La Société historique propose un voyage d’une journée au domaine de Chantilly/musée Condé le 28 novembre 2019.

Ce qui motive cette sortie est l’exposition de La collection Chourses-Coëtivy, une librairie médiévale à l’aube de la Renaissance

La bibliothèque du musée Condé, sise en l’écrin que constitue le château de Chantilly, abrite un ensemble de livres ayant appartenu à une dame qui vécut une bonne partie de son existence à Magné, aux portes de Niort, en Poitou : Catherine de Coëtivy. De sang royal par sa mère Marie de Valois – l’une des filles que Charles VII eut d’Agnès Sorel –, et de souche bretonne par son père Olivier de Coëtivy, cette nièce d’amiral et de cardinal bibliophiles, constitua, à partir de son mariage avec Antoine de Chourses et durant son long veuvage, une collection originale de manuscrits et d’incunables.

Il n’est certes pas aisé de reconstituer l’existence de Catherine de Coëtivy, tant les archives sont avares sur sa personne, mais grâce à sa « librairie », il est possible de deviner ses goûts voire d’esquisser certains aspects de sa personnalité. Outre qu’elle a laissé d’insolites marques de possession dans ses livres, Catherine de Coëtivy a durablement marqué le paysage magnésien, en faisant construire l’église Sainte-Catherine en 1521, ainsi qu’en étant la fondatrice, en 1508, du chapitre de chanoines associé à ce lieu de culte et de prière.

L’exposition :

Une librairie médiévale à l'aube de la Renaissance

Au Moyen Âge, les livres sont précieux car les textes sont rares, les copies peu nombreuses. Ils constituent des richesses par leur contenu, que ce soit la parole divine dans les livres monastiques ou le savoir dans les manuscrits universitaires.

Aux 14e et 15e siècles, alors que des laïcs sont de plus en plus nombreux à rassembler des livres pour leur instruction ou leur loisir et qu’apparaît l’imprimerie, la pratique émergente du mécénat donne naissance à des ouvrages richement décorés, précieux par leur forme. C’est à travers le prisme d’une bibliothèque exceptionnellement conservée qu’est proposée une approche de cette évolution.

Le musée Condé abrite 44 des 52 livres connus pour avoir appartenu à la librairie d’Antoine de Chourses († 1485), capitaine des francs-archers de Louis XI, et Catherine de Coëtivy (vers 1460-1528), nièce de Louis XI. Ce couple de nobles rassemble de 1475 à 1525 une collection qui illustre la place croissante du livre dans les sphères du pouvoir et l’essor des pratiques bibliophiliques dans les milieux de cour.

Le duc d’Aumale, héritier de ces livres, remarque leur qualité et l’importance de Catherine de Coëtivy dans leur choix. En 1854, il signale la collection aux membres de la Philobiblon Society dans un texte érudit et vivant : "Plaçons-la devant nous sur notre table ; elle y tiendra facilement, car elle est plus choisie que nombreuse…"

Le musée Condé présente à son tour la collection à la lumière des nouvelles recherches scientifiques et remonte ainsi aux origines des bibliothèques nobiliaires.

Le Programme de la journée :

  • Départ, gare de Niort 7h45 – arrivée paris Montparnasse, 9h34
  • Transfert en bus privé de Montparnasse vers le domaine de Chantilly
  • 11h : Arrivée du groupe à Chantilly
  • 11h15 : Visite du Cabinet des Livres par Marie-Pierre Dion conservatrice générale de la bibliothèque du musée Condé et Roseline Claerr, ingénieure de recherche en analyse de sources anciennes, commission des ordonnances des rois de France, toutes les deux commissaires de l’exposition (la visite nous est offerte)
  • 12h30 : Déjeuner à la Capitainerie (anciennes cuisines de Vatel)
  • 14h30 : Visite guidée du château
  • 16h00 : Visite libre des Grandes Écuries et Musée du Cheval et du parc
  • 18h maximum : retour en bus privé à Montparnasse
  • 19h27 : départ Paris Montparnasse
  • 21h32 : arrivée Niort

Modalités pratiques :

Prix approximatif et maximum de la journée 170€ si nous sommes 20 ; le prix baissera si nous sommes plus nombreux mais dans la limite de 40. Les inscriptions doivent nous parvenir jusqu’au 4 novembre dernier délai avec le chèque de 170€ (qui sera restitué si nécessaire après ajustement du prix en fonction du nombre de participants). Adresse d’envoi de la réservation et du chèque : Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 4, rue Jean Macé, 79000, Niort

2019 : Les prochaines conférences

Maison des associations, 12 rue Joseph Cugnot, Niort

Yolande Réhault
Les bannières de l'église Notre-Dame de Niort : une re-découverte.

Marie-Laure Viart
Récit d’une enquête : l’œuvre de Julien Burcier (1874-1953) architecte départemental et bessinois d’adoption.

Né à Grues (vendée) en 1871, Julien Burcier entre à l'école des Beaux-Arts de Paris en 189, élève de l'atelier Paulin, il fait la claque à l'Opéra pour subvenir à ses besoins et travaille pour un architecte. Il peut alors voir des productions de l'art nouveau et, d'origine poitevine, appartient à la Fouace.

Diplômé en 1900, il vient s'installer à Bressuire qu'il quittera en 1921, pour résider au 6 de la rue de la Comédie à Niort. Sa première oeuvre est la Caisse d'épargne de Bressuire, de facture assez classique (1903-1908). Suivent une maison au 22 rue du Sépulcre à Parthenay dont la façade comporte quelques éléments d'art nouveau, puis le théâtre de Parthenay aménagé dans l'ancienne halle aux grains (1924-1927) mais il n'obtient que le deuxième prix au concours destiné à choisir l'architecte du théâtre de Niort lequel, à cause de la Grande Guerre, ne verra jamais le jour.

Burcier est aussi l'auteur des plans de 22 groupes scolaires dont ceux de Coulon, Celles-sur-Belle, Brioux et Payzay-le-Chapt, de presque autant de monuments aux morts dont ceux de Champdeniers, Saint-Maixent-L'Ecole, Vasles, Geay, des bains-douches de Coulonges-sur-l'Autize et d'Airvault, du magasin La Blouse Salva à Niort, du monument dédié aux Résistants de Lageon en 1948, etc... Il intervient aussi en Vendée mais on ignore encore quelles oeuvres il y conçoit. Architecte pourvu du titre DPLG, il est devenu architecte départemental en 1924 après le décès de Mongeaud.

Sa deuxième épouse appartenant à une famille de Bessines, il aménage deux constructions qu'elle possède dans cette commune, le chalet et une ferme et c'est dans cette localité qu'il est inhumé après son décès survenu à Niort le 30 décembre 1957.


Pierre Julan
Le citoyen et les réformes territoriales.
  • Référence
Société Historique et Scientifique des Deux-Sèvres, 4 rue Jean Macé 79000 Niort.
societe.historique79@gmail.com. 05 49 09 58 76. Permanence : Troisième mercredi du mois de 15h à 17h.